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Thierry Michel. « Pour que les victimes ne meurent pas une seconde fois »

Entretien · Dans son dernier documentaire, L’Empire du silence, le réalisateur belge s’attaque aux responsables des massacres qui déchirent la République démocratique du Congo depuis vingt-cinq ans. Pour mettre fin à l’indifférence générale, il a choisi de montrer les pires atrocités et de nommer les criminels de guerre.

Exode dans l’est du Congo-Kinshasa. Image tirée du film L’Empire du silence.
JHR Films

L’Empire du silence doit être son ultime film sur la République démocratique du Congo (RDC). L’aboutissement d’une carrière longue de plus de trente ans durant laquelle Thierry Michel a parcouru le pays, caméra au poing, pour témoigner des combats, des souffrances mais aussi des espoirs de la population congolaise. Relayant le plaidoyer du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, et dans la continuité de son précédent film, L’homme qui répare les femmes, le réalisateur belge retrace cette fois les enchaînements de cette impitoyable violence qui ravage et ruine le Congo depuis un quart de siècle en s’intéressant non plus aux victimes, mais aux bourreaux.

Les victimes se comptent par centaines de milliers, voire par millions, et les auteurs de ces crimes sont innombrables : une multitude de mouvements rebelles, mais aussi des armées régulières, dont celles du Congo-Kinshasa et des pays voisins, l’Ouganda et le Rwanda. Ils commettent leurs forfaits en toute impunité et dans l’indifférence générale - tandis que les multinationales continuent de profiter des richesses du sol et du sous-sol congolais, notamment le cuivre, le cobalt et l’uranium.

Ce long-métrage est aussi un objet esthétique qui vise à émouvoir. Les scènes de massacre sont entrecoupées de sublimes paysages et accompagnées d’une musique originale puissante, des chants profonds qui disent la douleur d’un peuple.

Lina Rhrissi : L’homme qui répare les femmes, un documentaire sorti en 2016 consacré au combat du docteur Denis Mukwege, qui a sauvé la vie de milliers de femmes violées par les forces militaires, devait être votre dernier film sur le Congo. Qu’est-ce qui vous a convaincu de réaliser L’Empire du silence ?

Thierry Michel.
Crédit : Thierry Michel

Thierry Michel : L’homme qui répare les femmes a eu un retentissement international extraordinaire. Il a été traduit en 28 langues et on est allés le présenter dans les grandes instances internationales : le Conseil des droits de l’Homme à Genève, les Nations Unies à New York, le Parlement européen à Bruxelles, le Congrès américain à Washington… J’ai compris qu’il fallait aller au-delà de la dénonciation des crimes, au-delà de donner la voix aux victimes et de rendre cet hommage au docteur. Depuis 25 ans, le Congo est dans un carrousel infernal de crimes impunis. Il était temps de dénoncer les bourreaux et de remonter le cours de l’Histoire pour comprendre les raisons qui ont amené à cette tragédie. Jusque-là, on était dans une dénonciation qui appelait à l’empathie et à l’indignation, mais qui ne changeait rien aux choses. Puis en 2018, en recevant son prix Nobel, Denis Mukwege a, dans son discours d’Oslo, mis le doigt sur l’impuissance internationale et évoqué les noms de criminels que personne n’ose citer. Je l’ai pris au mot. Le docteur a d’ailleurs pesé de tout son poids pour que je réalise ce dernier film.

Lina Rhrissi : Dans son discours, le docteur Mukwege parlait d’un rapport « en train de moisir dans le tiroir d’un bureau à New York ». C’est le rapport du Projet Mapping qui décrit 617 crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et peut-être même des crimes de génocide. Vous en parlez dans le documentaire. Pourquoi ce rapport a-t-il été mis sous silence par les Nations Unies ?

Thierry Michel : Ce rapport est sorti en 2010 grâce à un leak dans le journal Le Monde repris par le New York Times. Il aurait pu rester secret si des fonctionnaires des Nations Unies, pensant que leur travail allait être nié, ne s’étaient pas dit qu’il fallait absolument que ça sorte. Aujourd’hui, on a le nombre, le modus vivendi, le lieu, l’heure mais on ne sait pas qui sont les présumés responsables de ces crimes, les exécutants ou les commanditaires. Cette base de données n’est pas publique et serait dans un coffre fort à Genève. C’est invraisemblable. C’est pour ça que dans le film on a choisi de cibler les criminels de guerre. Et pas des moindres : on est allé jusqu’au sommet des pouvoirs militaire et politique.

« Une forme de négationnisme »

Pourquoi la communauté internationale a-t-elle joué ce jeu hypocrite qui est une forme de négationnisme ? Pour plusieurs raisons. En premier lieu, il y a les intérêts géopolitiques. On ne peut pas rompre des alliances avec des pays comme le Rwanda, qui est celui qui a le plus protesté contre l’existence de ce rapport. Le Rwanda joue sur la culpabilité du génocide des Tutsis car l’Occident n’a pas joué le rôle qu’il aurait dû jouer pour l’empêcher. Mais rien ne dit que les victimes d’hier sont les bourreaux d’aujourd’hui. C’est plus complexe que cela. Ceux qui ont commis des massacres de Hutus au Congo ne sont pas forcément ceux qui ont subi le génocide.

Il y a également l’argument cache-misère qui est de dire que c’est pour préserver la paix. Mais ce n’est pas parce qu’on fait monter les criminels dans la hiérarchie que la paix est garantie. On le voit encore aujourd’hui : le 1er février dernier a eu lieu un massacre à l’arme blanche de 52 personnes en moins de 24 heures dans un site pour déplacés en Ituri, dans le nord-est du pays. Les massacres de masse continuent parce qu’on n’a pas instauré de peines pour les criminels. Cette idée de paix est donc illusoire. C’est ne pas s’attaquer à la racine du mal.

Enfin, c’est une région où il y a des richesses importantes. Comme le dit le docteur Mukwege, le Congo est une bijouterie à ciel ouvert où chacun peut venir se servir. Des creuseurs risquent leur vie pour 2 dollars par jour afin de permettre à des multinationales comme Apple ou Samsung d’engranger des milliards de dollars de bénéfices. Ça, c’est l’ordre du monde qu’on n’a pas voulu perturber. On n’a pas du tout la même attitude aujourd’hui avec la Russie. C’est deux poids deux mesures.

Lina Rhrissi : Vos films ont régulièrement été interdits de diffusion au Congo et vous avez même été expulsé du territoire par Joseph Kabila après la sortie de L’affaire Chebeya en 2012. Pourtant, ce film est une véritable investigation. Comment avez-vous réussi à obtenir ces nouvelles images ? Et comment avez-vous convaincu les témoins de parler ?

Thierry Michel : L’enquête est vieille de trente ans, j’ai fait treize films sur le Congo. J’avais déjà compris ce qui se jouait. Mais j’ai voulu aller plus loin et je suis retourné au fin fond des forêts. J’ai toujours réussi à rentrer par la fenêtre quand on me mettait dehors par la porte. Quand on fait du documentaire politique, il faut avoir le sens de la stratégie. Une devise de Mao Zedong m’a toujours inspirée : « Il faut faire du bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest ». On ne dit pas tout et on n’a pas la même attitude avec les tenants du pouvoir et avec ceux dont on veut être le porte-parole, les sans-voix.

« Le niveau d’exaspération donne envie aux gens de parler »

L’élément supplémentaire, c’est qu’avant, il y avait une forme d’auto-censure redoutable. Les survivants n’osaient pas donner les noms de ceux qui étaient venus les massacrer. Dans ce film, ils le disent. Depuis le changement de régime, avec l’élection de Félix Tshisekedi, les gens ont senti qu’il y avait une faille. Le nouveau président n’a pas de sang sur les mains. Le niveau d’exaspération donne envie aux gens de parler. Plus que ça, ils se mobilisent. Il y a des manifestations dans différentes villes, des associations de femmes, d’avocats, de jeunes citoyens qui défilent pour rappeler l’existence du rapport Mapping.

Lina Rhrissi : L’impunité est le thème central du film. Par quel mécanisme permet-elle à la violence de se perpétuer ?

Thierry Michel : À partir du moment où il n’y a plus de règles, tout est possible. L’absence d’État de droit permet aux criminels d’agir en toute impunité et provoque dans l’âme humaine une sorte de déliquescence morale. On va commencer à commettre des actes immondes. Cela mène à une réflexion profonde sur la nécessité du droit qui structure les sociétés, en préservant la liberté de chacun et en empêchant la violence débridée d’éclater.

Lina Rhrissi : Ce film montre beaucoup : il montre les morts, les massacres, la cruauté. Quitte à utiliser dans certains cas les images des bourreaux eux-mêmes qui filment leurs crimes avec leur smartphone. Pourquoi ce choix ? Et d’où viennent ces images fortes, comme celles des « trains de la mort » datant de 2000 ? On semble voir pour la première fois ces milliers de réfugiés hutus entassés morts ou vifs par les troupes rwandaises dans des wagons sur la route de Kisangani pour forcer leur retour au Rwanda…

Thierry Michel : J’avais jusqu’ici toujours privilégié le témoignage aux images crues. Mais ce film est un réquisitoire qui doit mener à un tribunal pénal international et à des tribunaux mixtes au Congo. Il fallait des preuves. Or, ces guerres sont peu médiatisées, les journalistes ne vont pas au fin fond des forêts congolaises. Quand on est à Kiev par exemple, il y a bien un hôtel où les journalistes se retrouvent le soir pour s’échanger des informations et se protéger. Quand on est au centre du Congo, on est seul, abandonné à soi-même, c’est normal que peu s’y aventurent.

« Quand on est au centre du Congo, on est seul »

C’est aussi nouveau que les bourreaux filment leur forfait pour montrer qu’ils ont bien fait le travail et être félicités par leur hiérarchie. Ils ne savaient pas que ces images allaient tomber entre mes mains. J’ai été le premier à les diffuser en Europe, ce qui m’a valu l’exclusion de Youtube. Le ministère de l’Information congolais a nié, a prétendu que c’était un montage. Mais ça n’a pas tenu, elles ont été multi-diffusées sur les réseaux sociaux et sont arrivées jusqu’aux Nations Unies. On ne pouvait plus dire qu’on ne savait pas.

D’autres images du film comme celles du train rappellent les temps les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont magistrales pour dénoncer ce qui s’est passé et ne sont pas difficiles à trouver. Ce sont des images d’agences qu’il suffisait de chercher. Pourtant, personne ne les connaît. Quand j’ai présenté le film à Kinshasa devant 800 Congolais, personne ne les avait vues. J’ai l’impression de les exhumer. Elles sont pourtant iconiques et doivent s’inscrire dans l’imaginaire.

Lina Rhrissi : L’idée du film est aussi d’expliquer l’histoire récente du pays. C’est important de sortir de « l’anecdotique » des massacres pour les inscrire dans une vision globale ?

Thierry Michel : Le film s’organise comme une grande tragédie shakespearienne sur vingt-cinq ans. Il y a les grands personnages, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila, Yoweri Museveni, Paul Kagame et le peuple en souffrance, dans l’arrière-plan. Le but est d’expliquer quels sont les enchaînements politiques qui ont mené à une première guerre, une deuxième guerre, puis à la multiplication des groupes armés et de massacres localisés. Ça part de la question des richesses minières et du partage du butin, puis, avec l’absence d’État de droit, ça déborde et on arrive au Kasaï où il n’est même plus question d’ethnie, de géopolitique ou de minerais. C’est une jacquerie. Sous l’autorité des chefs coutumiers, les populations de villages qui n’en peuvent plus de la misère, de l’exploitation et de l’oubli, se révoltent. Et la répression est redoutable, sans aucune règle. Les civils sont tués dans une barbarie sans nom. J’ai donc essayé de remonter le fil pour comprendre comment on en est arrivé là.

Image tirée du film L’Empire du silence.
JHR Films

Lina Rhrissi : Le dernier chapitre s’ouvre sur les deux experts de l’ONU, deux Occidentaux, Michael Sharp et Zaida Catalán, assassinés au Kasaï en 2017. On sait que, médiatiquement, du moins en Europe, des morts blancs « valent » plus que des morts noirs. Vous montrez pourtant que même leur assassinat ne fait pas bouger les lignes…

Thierry Michel : Le représentant du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme en RDC, Zeid Ra’ad Al-Hussein, le dit lui-même sans langue de bois. Il attendait une autre attitude par rapport à l’assassinat de deux experts mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU et qu’on assassine comme des bêtes, avant de les décapiter. Ils allaient faire une chose essentielle : identifier des fosses communes. Mais là où on cherche la preuve, on risque sa vie.

« Un racisme latent de l’opinion publique »

Quant au désintérêt pour les morts africains, je l’ai constaté en recherchant des financements. Après le succès de L’homme qui répare les femmes, quand j’ai produit ce film, j’ai espéré que de nombreuses télévisions allaient être partenaires. On part sur un budget qui tient compte de ça. Mais malheureusement, aucune chaîne française n’a été intéressée. On a reçu un soutien de TV5 Monde et de deux télévisions belges. C’est devenu un film belgo-belge. Les programmateurs français m’ont dit : « En programmant des films sur les Africains, on perd déjà la moitié de notre audience, et si en plus ce n’est pas sur un champion de football, mais sur des massacres… » Ce n’est pas un racisme des décideurs, mais un racisme latent de l’opinion publique.

Lina Rhrissi : Vous avez réalisé treize films documentaires sur le Congo. Comment ce pays est devenu votre obsession au fil du temps ?

Thierry Michel : J’ai croisé l’histoire du Congo en 1990, à la fin de la guerre froide. J’ai voulu filmer la fin du mandat du président Mobutu Sese Seko, qui avait accepté le principe de la démocratie, du pluralisme des partis et des élections. Je voulais être témoin de l’effondrement d’un régime et de l’accouchement d’une nouvelle société. Finalement, le dictateur a joué la répression, la violence et la terreur. J’ai réalisé un autre film que celui que j’avais prévu, Zaïre, le cycle du serpent (1992), qui montre comment il a verrouillé toute la société pour garder le pouvoir. Il l’a gardé sept ans. Je découvre alors que Mobutu est un personnage prodigieux de par son charisme, son machiavélisme et son sens de la théâtralité. C’est le film Mobutu roi du Zaïre (1999). De voisinage en voisinage, je remonte le fleuve jusqu’à Katanga Business (2009), sur la province du Katanga, qui est le coffre-fort de l’humanité. Il s’y joue une guerre économique pour les richesses minières entre Occidentaux et Asiatiques, mais aussi une guerre sociale entre exploitants et travailleurs.

« Je pense avoir fait le bilan »

Et puis il y a la mort de Floribert Chebeya, le Martin Luther King congolais, celui qui avait fondé les associations de droits de l’Homme sous Mobutu, et un ami qui m’a aidé sur mes premiers films. J’assiste à ses obsèques et je me rends compte que c’est un crime d’État camouflé. Je réalise L’Affaire Chebeya - Un Crime d’État ? (2011). Ensuite, je découvre l’homme d’affaires Moïse Katumbi, un anti-Mobutu qui mène une campagne politique très différente en contrôlant le sport, les jeux, les médias… Une sorte de Berlusconi africain dont je tire le portrait dans L’irrésistible ascension de Moïse Katumbi (2013). Enfin, je rencontre le docteur Mukwege lorsqu’il est en exil en Europe après avoir échappé à une tentative d’assassinat.

Ce grand pays qui a une diversité de cultures et de paysages aussi importante que l’Europe est mal connu. J’ai parlé d’histoire, de géographie, d’économie, d’injustice et de droits de l’Homme. Je pense avoir fait le bilan pour ma part.

Lina Rhrissi : Vous êtes parvenu à présenter votre film au Palais du Peuple, à Kinshasa. Quelles ont été les réactions des autorités congolaises ? 

Thierry Michel : Après trente ans de films, j’ai acquis un certain crédit au Congo. Les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat et le ministre de l’Information m’ont félicité. Mais il y a autour de la mouvance présidentielle des forces obscures, d’anciens membres des mouvements rebelles qui ont essayé de m’empêcher d’avoir le visa pour aller au Congo et qui me traînent aujourd’hui en justice : ils ont instrumentalisé un cinéaste congolais, Balufu Bakupa-Kanyinda, qui veut faire interdire le film pour « plagiat » et « viol de l’imaginaire congolais ». Si je finis emprisonné, je créerais un ciné-club avec les prisonniers.

Lina Rhrissi : Quel est votre objectif avec ce film ? 

Thierry Michel : Comprendre et lutter contre l’amnésie. Pour que les victimes ne meurent pas une seconde fois et que le Congo ne soit pas un oublié de l’Histoire. Plus concrètement, j’espère voir naître une dynamique pour qu’on sorte enfin de l’immobilisme et du déni. Il faut un tribunal pénal international. Il faut protéger les fosses communes. Il faut une police scientifique. Il faut des experts médico-légaux... Le chantier est vaste mais ça, ce n’est plus du cinéma.

Où voir le film ?

En France : (en gras les séances avec Thierry Michel ou Christine Pireaux, productrice et scénariste de L’Empire du silence

Semaine du 16 mars :
➞ Cherbourg, CGR
➞ Montreuil, Le Méliès 
➞ Paris, L’Espace St Michel
➞ Paris, Les Sept Parnassiens
➞ Saint-Ouen l’Aumône, L’Utopia 
➞ Château-Thierry, Cinéma-Théâtre
➞ Melun, Les Variétés 
➞ Montpellier, le Diagonal
 
➞ Lyon, Lumière Terreaux 
➞ Le Mans, Les Cinéastes
➞ Perpignan, Le Castillet 
➞ Grenoble, Le Club
➞ Clermont-Ferrand, Le Rio
 
➞ Rodez, CGR
➞ Manosque, CGR 
➞ Montauban, CGR 
➞ Moulins, CGR
➞ Belley, L’Arlequin

Semaine du 23 mars :
➞ Aix-en-Provence, le ciné Mazarin 
➞ Nîmes, le Sémaphore 
➞ Marseille, les Variétés 
➞ Cucuron, Le Cigalon
➞ Forcalquier, Le Bourguet 
➞ Port de Bouc, Port de Bouc
 

Semaine du 30 mars :
➞ Rouen, L’Omnia 
➞ Mulhouse, Le Bel Air 
➞ Hérouville Saint-Clair, Le Café des Images 

En Afrique :
En juin 2022, Thierry Michel effectuera une tournée au Congo et dans d’autres pays du continent.