
Si la République démocratique du Congo (RD Congo) est en guerre contre le M23 depuis un peu plus de quatre ans (vaincu une première fois en 2013, le groupe rebelle a repris les armes au début de l’année 2022), ce conflit impliquant des soldats déserteurs issus de la communauté tutsie n’est en réalité que la continuité de l’une des plus longues crises de l’histoire congolaise. Les crispations identitaires actuelles n’ont eu de cesse d’occasionner des mutineries et des désertions dans les rangs des Forces armées de la RD Congo (FARDC). Les raisons de ces mutineries peuvent être multiples : d’un côté les militaires sont mécontents de leur condition sociale au sein de l’armée nationale, de l’autre ils sont désireux d’assurer eux-mêmes la défense d’une communauté qu’ils estiment menacée au Congo.
Pour l’état-major des FARDC, la question de la loyauté de certains de leurs éléments va bien au-delà de cette crise trentenaire. La difficulté à fédérer et à faire cohabiter sous le même corps des militaires issus d’une myriade de communautés – la RD Congo en compte plus d’une centaine classifiées en « ethnies » – s’est manifestée dès la création de l’appareil sécuritaire congolais. Établie à la fin du XIXe siècle par le roi Léopold II de Belgique, qui fait de l’État indépendant du Congo (EIC) sa propriété personnelle, la Force publique connaît immédiatement une série de révoltes qui allaient inaugurer le long cycle des mutineries dans l’histoire militaire congolaise.
Lorsque la Conférence de Berlin (1884-1885) a officialisé l’acquisition du Congo par Léopold II, une grande partie du pays était toujours sous l’influence des commerçants et esclavagistes arabo-swahilis originaires de Zanzibar1. En l’absence d’une force armée institutionnelle pour maintenir l’ordre, Léopold II crée la Force publique en 1885, à laquelle il confie la direction à des mercenaires européens chargés de préserver les intérêts du roi sur le territoire et de disputer le contrôle du marché de l’ivoire aux Arabes. L’infanterie de cette armée coloniale était alors constituée de soldats zanzibarites recrutés parmi les hommes qui avaient pris part aux expéditions aux côtés des explorateurs européens, mais également de Nigérians et de Libériens issus des colonies de la reine Victoria d’Angleterre.
Par la suite, le roi Léopold confie à Camille Coquilhat la réorganisation totale de la Force publique en 1888, pour laquelle des éléments autochtones originaires de toutes les régions du pays allaient désormais être recrutés. Ancien agent de l’Association internationale africaine (AIA), Coquilhat pouvait se targuer d’avoir une certaine expérience au Congo, grâce notamment à sa participation aux expéditions de Henry Morton Stanley, qui avait posé les jalons de la mainmise du roi belge sur ce territoire. C’est sous son impulsion que la Force publique prend des allures de véritable armée régulière pour laquelle le roi dépense la moitié de son budget au cours des premières années.
Une institution brutale et coercitive
« Pour l’année 1889, il y avait eu mille cinq cents recrues, mais pour 1904, pas moins de dix-sept mille, note David Van Reybrouck dans Congo, une Histoire2. À la fin, l’État indépendant disposait de plus de vingt-cinq mille fusils à baïonnette Albini, quatre millions de balles, cent cinquante canons et dix-neuf mitrailleuses Maxim. Il représentait par conséquent la plus grande puissance militaire d’Afrique centrale. »
Composée de soldats congolais placés sous le commandement d’officiers européens, la Force publique s’est d’emblée imposée comme une institution brutale et coercitive. Ses bataillons incarnent l’emprise absolue de Léopold II sur le Congo et l’exploitation intensive de ses matières premières pour son compte personnel. Cette spoliation de l’État indépendant du Congo est sévèrement dénoncée par des intellectuels tels que Félicien Cattier, docteur belge en droit et en sciences administratives. Dans son Étude sur la situation de l’État Indépendant du Congo3 (1906), où il dresse les conclusions d’une Commission d’enquête menée sur la gestion de l’État, Cattier propose une description limpide qui éclaire sur le système de prédation mis en place par les Belges :
L’État du Congo, loin de s’acquitter de ce devoir primordial de colonisateur (d’enseigner à l’indigène à tirer de son sol natal un parti de plus en plus complet, à améliorer ses procédés de culture), interdit aux indigènes, d’après les constatations de la Commission (d’Enquête de 1904-1905), de tirer parti du sol qui lui appartient légitimement, dans une autre mesure que celle où il l’utilisait avant 1885... Il maintient systématiquement les Noirs dans un état de civilisation inférieure, il les empêche d’améliorer leur condition matérielle. Cette interdiction est imposée dans un but de lucre, pour monopoliser au profit de l’État ou au profit de rares sociétés concessionnaires, les bénéfices résultant de l’exploitation du caoutchouc.
Concernant le mode de recrutement des soldats, la plupart des hommes sont enrôlés de force dans les communautés locales. Des éléments déclassés de la société (criminels, prisonniers, villageois pauvres…) sont également contraints de combattre pour le pouvoir colonial. Ils se voient offrir ce qui leur est présenté comme des « avantages », qui n’est en réalité que le quotidien ordinaire d’un soldat, avec des salaires réguliers, des rations alimentaires ou la possibilité de voyager et d’explorer de nouvelles régions. La hiérarchie fait miroiter aux jeunes volontaires la possibilité d’être accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants dans les garnisons et de percevoir une maigre rémunération s’apparentant à une « allocation familiale ».
Un sentiment d’humiliation
Peu de soldats en bénéficient réellement. Les Belges usent également de persuasion pour recruter en expliquant que le service dans l’armée offre une opportunité de servir le pays et de devenir un héros. Quant aux incorporations forcées, elles ont essentiellement lieu lors de campagnes militaires ou de raids menés dans les villages. Les autorités coloniales pouvaient contraindre les jeunes hommes à s’enrôler en menaçant leurs familles ou en les kidnappant. Soumis à des conditions difficiles pendant leur formation et leur service dans l’armée, les recrues sont exposées à une forte mortalité, alors que les désertions – fréquentes – sont sanctionnées par la torture, la flagellation et les mutilations.
Les Belges incorporent dans la Force publique des soldats originaires de communautés diverses et parfois même ennemies depuis des générations. D’après les documents coloniaux tels que les lettres et les rapports rédigés par les officiers belges, il apparaît que l’état-major de la Force publique possède alors une certaine connaissance du contexte interethnique parfois conflictuel au Congo. Confrontés aux rapports violents qu’ils trouvent entre certains peuples ennemis, tels que ceux entre les Balubas et les Batetelas, les Belges instaurent également un mode de fonctionnement brutal. L’emploi de la force, aussi bien avec les recrues militaires congolaises qu’avec les civils, va rapidement devenir la norme dans les rapports entre les Européens et des communautés perçues comme « primitives ». Intimement liés au dessein « civilisateur » dont les Belges se réclament, la violence et le sentiment de suprématie qu’ils développent se trouvent bien souvent légitimées par les études ethnographiques racistes menées au cours de la période des grandes explorations et enrichies durant la colonisation.
En 1893, en pleine guerre contre les Arabo-Swahilis venus de Zanzibar et occupant l’est du Congo depuis un demi-siècle, les Belges exécutent le chef Ngongo Lutete. Issu du peuple kusu, une communauté frère des Batetelas, Lutete était un ancien allié des Arabo-Swahilis avant d’offrir ses services aux Européens. Après sa mort, son ancienne garde, composée de 600 hommes, est envoyée en garnison à Luluabourg4 par l’EIC, qui craint une rébellion. Intégrés à la Force publique, nombre de ces Batetelas avaient combattu quelques mois auparavant aux côtés des Arabo-Swahilis. Mais ces éléments montrent bien peu d’entrain à se battre pour des Blancs perçus comme des envahisseurs responsables de la mort de leur chef.
En dehors de l’aspect militaire, ils sont contraints de travailler pour les autorités coloniales, fournissant de la main-d’œuvre pour la construction de routes, de chemins de fer et d’autres projets d’infrastructure. Soumis aux mauvais traitements et à la sévérité des officiers européens, les Batetelas souffrent également de maladies et de malnutrition. Cet ensemble de facteurs crée un sentiment d’humiliation chez ces nouveaux soldats, et alimente une volonté de vengeance à l’encontre des officiers de la Force publique. Ce sentiment se diffuse auprès de soldats appartenant à d’autres peuples. Ainsi, la « Révolte des Batetelas », telle qu’elle est désignée par les colons, ne concerne pas uniquement des Batetelas, même s’ils en sont les meneurs.
« Laissez courir les soldats, ce sont des Noirs comme nous »
La révolte débute le 4 juillet 1895. Suite à la flagellation de l’un de leurs représentants, des centaines de soldats batetelas lancent des attaques coordonnées contre les stations de Luluabourg et de Mukabwa, contrôlées par la Force publique5. Au cours des premières heures du soulèvement, les insurgés s’acharnent sur le capitaine Pelzer, officier de la Force publique particulièrement connu pour sa dureté à l’égard des indigènes. Les mutins l’achèvent à coup de crosse et lui coupent une oreille qu’ils envoient à Kalamba, un chef des Bachilangués, peuple voisin décrit comme « imparfaitement soumis6 » par les Européens.
Le soulèvement a eu un impact sur les rivalités tribales existant alors au Congo. Par exemple, sur les stations attaquées, les Batetelas ne s’en prirent pas seulement aux Blancs, mais également aux Balubas, peuple alors considéré comme ennemi avec lequel les affrontements étaient fréquents dans les rangs de la Force publique. Pourtant, de nombreuses factions balubas sont parvenues à surmonter leur inimitié envers les Batetelas pour prendre part à l’insurrection à leurs côtés. Dans leur fuite, en revanche, il apparaît que les Batetelas ciblaient en priorité les soldats blancs de la Force publique, montrant une certaine mansuétude envers leurs compatriotes combattant dans les rangs ennemis. Dans une lettre à ses supérieurs, Alexandre Légat, lieutenant belge de la Force publique, décrivait7 la situation comme suit :
Je vis de nombreux groupes de Batetelas du pays qui s’étaient joints aux soldats révoltés courir vers la ligne de retraite en criant : « Laissez courir les soldats, ce sont des Noirs comme nous mais il nous faut les Blancs ». Je ne sais pas ce que les Blancs sont devenus mais comme tous les indigènes du pays se sont joints aux soldats Batetelas, il est probable qu’ils ont été tués ou faits prisonniers.
Après trois mois de guérilla, l’EIC, mieux armé et bénéficiant d’un renfort de 200 hommes arrivés de la « Zone arabe8 », vint à bout des insurgés dans la région de Ngandu, dans le Sankuru. Les récits coloniaux font état de plus de 300 soldats de la Force publique tués9, alors que le bilan du côté des Batetelas reste flou, d’autant que les survivants parmi les combattants défaits se replièrent au Kasaï ou au Maniema afin de reconstituer des groupes rebelles.
Une participation aux deux guerres mondiales
Cette révolte de Luluabourg n’est en réalité que l’élément déclencheur de toute une série de soulèvements orchestrés au sein de la Force publique. Afin de prévenir tout risque de nouvelle mutinerie, les Belges décident d’affecter les soldats dans des régions lointaines de leurs terres natales afin d’annihiler tout ancrage local. La mise en place d’un système de quotas, censé limiter drastiquement le nombre de soldats déployés dans leur région d’origine, permet à la Force publique de constituer des régiments beaucoup plus hétérogènes d’un point de vue ethnique, dans le but d’étouffer tout sentiment de solidarité tribale dans ses rangs. Ces aménagements sont réellement effectifs à partir de 1908 avec la réorganisation de la Force publique en vingt et une compagnies distinctes réparties sur l’ensemble du territoire. Celles-ci étaient chacune composées de cent cinquante militaires, de huit sous-officiers congolais et de quatre officiers belges. Ces compagnies n’intégraient pas plus de 25 % de soldats issus de la même ethnie ou originaires des régions dans lesquelles ils étaient affectés.
Ce modèle, qui perdure sous le Congo belge – nom colonial du Congo entre 1908 et 1960 –, sera célébré par les colons comme l’une des grandes réussites de leur « œuvre civilisatrice ». « La Force publique reste le miracle du Congo belge. La Force publique est aujourd’hui la seule institution solide de ce pays, pouvait-on lire dans La Libre Belgique au lendemain de l’indépendance du Congo, acquise le 30 juin 1960. Ses soldats ont un esprit de corps : Ils ne sont plus Bangala, Bayaka ou Bakongo10, ils sont de la Force publique. Ils ont tous le même air martial, le même sourire jusqu’aux oreilles, la même efficacité aussi. La Force publique a fait une prodigieuse démonstration : bien dirigés, bien entraînés, les Congolais sont capables de grandes choses11. »
Après les années d’agitations et de révoltes, les soldats de la Force publique participent aux deux guerres mondiales sous le drapeau belge. Ils s’illustrent particulièrement dans l’Est africain allemand durant la guerre de 1914-191812, au cours de laquelle leur attitude au front impressionne les officiers belges présents à leurs côtés. Ces derniers semblent même pour la première fois considérer l’humanité de leurs frères d’armes.
« Non, ces hommes, qui ont lutté, souffert, espéré, aimé, enduré, vaincu avec nous, pour nous, comme nous, ce ne sont pas, ce ne sont déjà plus des sauvages, des barbares, écrivait ainsi Louis Habran, agent militaire de la Force publique. S’ils surent être nos égaux devant la souffrance et la noblesse du sacrifice, ils doivent, ils sauront le devenir aussi devant la civilisation13 ».
À l’indépendance, les revendications tribalistes et régionalistes
En 1960, la Force publique était une armée de 25 000 hommes, dont 1 000 officiers et sous-officiers, tous européens. Le plus haut grade occupé par un soldat congolais était celui d’adjudant. Cette discrimination alimente le mécontentement de soldats congolais. C’est notamment contre ce système que le héros congolais de la lutte pour l’indépendance, Patrice Lumumba, brise le protocole d’une cérémonie feutrée pour prononcer son célèbre discours du 30 juin 196014 en réponse au discours paternaliste du roi Baudouin de Belgique.
Aussitôt l’indépendance de la République du Congo15 proclamée, « le miracle du Congo belge » s’effondre et une série d’actes de rébellions font voler en éclats l’illusion d’une Force publique une et indivisible. Aux velléités identitaires s’ajoutent des aspirations sociales qui constituent le moteur de multiples frustrations exprimées par les soldats congolais à travers plusieurs crises successives qui conduisent Patrice Lumumba à donner un visage plus congolais à la Force publique, rebaptisée le 8 juillet 1960 Armée nationale du Congo (ANC). Lumumba nomma un nouveau chef d’état-major originaire de la province de l’Équateur, un certain colonel Mobutu. Cette nomination lance le processus d’africanisation de l’armée congolaise, avec l’accession au rang d’officier de nombreux soldats congolais. Ces nouveaux hauts gradés, s’ils ont pu obtenir le retour à l’apaisement dans leurs garnisons, sont contraints de compter sur l’aide militaire internationale, notamment des Belges, pour éviter le morcellement d’un pays miné par les revendications tribalistes et régionalistes, notamment dans le Sud-Kasaï16 et le Katanga17.
En essuyant une succession de soulèvements et d’actes de mutineries dès sa création, la Force publique pose les germes d’une histoire militaire congolaise qui reste marquée par les incompréhensions sociales, les crises identitaires et l’injustice salariale. Jusqu’à aujourd’hui, chacun de ces aspects a servi de justification aux nombreuses rébellions qui fracturent l’armée congolaise. Le non-paiement des primes de combats, l’expression de revendications communautaires, l’élévation en grade d’officiers appartenant aux mêmes tribus que leur hiérarchie ou l’application de châtiments corporels sont autant de maux hérités de la période coloniale.
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1Arrivés au Congo quarante ans avant les explorateurs européens, les Arabo-Swahilis exerçaient leur influence sur toute la moitié est du pays.
2David Van Reybrouck, Congo, une Histoire, De Bezige Bij, 2010. Traduit en français et paru aux éditions Actes Sud en 2012. Pour l’extrait cité, voir p. 97.
3Félicien Cattier, Étude sur la situation de l’État indépendant du Congo, Bruxelles, 1906.
4Luluabourg était le nom colonial de l’actuelle ville de Kananga (province du Kasaï Central).
5Le nombre exact de mutins a toujours prêté à discussion, et plusieurs auteurs de l’époque coloniale ont avancé des chiffres soit invérifiables, soit se contredisant les uns les autres. Lire Marcel Storme, La Mutinerie militaire au Kasaï en 1895, « Chapitre VI : Un dédale de chiffres » (p. 63), 1970.
6Auguste Verbeken (1957) « La Révolte des Batetela en 1895 », p. 20.
7Ibid : Lettre du lieutenant Légat au commandant Gillain.
8Terme militaire colonial pour désigner les zones d’influence arabo-swahilie dans le Sankuru, le Maniema et les Stanley-Falls.
9Ibid : Lire lettre du 21 août 1895 du commandant Michaux au commandant Gillain, p. 68.
10Il s’agit ici de groupes ethniques du Congo.
11Extrait de La Libre Belgique du 5 juillet 1960.
12Malgré son statut de neutralité, la Belgique se lie de fait avec la France et l’Angleterre suite à l’invasion de son territoire par l’Allemagne.
13Louis Habran, « Coup d’œil sur le problème politique et militaire du Congo Belge », 1925.
14Date de la proclamation de l’indépendance congolaise.
15De 1960 à 1964, le Congo porte le nom de République du Congo, avant de devenir la République démocratique du Congo.
16De juin 1960 à décembre 1961, la province du Sud-Kasaï fait sécession sous le nom d’État minier du Sud-Kasaï. La fin de la sécession est entérinée au prix d’une campagne militaire sanglante.
17En juillet 1960, l’indépendance de l’État du Katanga est proclamée, et Moïse Tshombe en est le président. La crise dure jusqu’en janvier 1963 avec l’intervention de l’ONU, qui permet la réunification du Congo.
18Arrivés au Congo quarante ans avant les explorateurs européens, les Arabo-Swahilis exerçaient leur influence sur toute la moitié est du pays.
19David Van Reybrouck, Congo, une Histoire, De Bezige Bij, 2010. Traduit en français et paru aux éditions Actes Sud en 2012. Pour l’extrait cité, voir p. 97.
20Félicien Cattier, Étude sur la situation de l’État indépendant du Congo, Bruxelles, 1906.
21Luluabourg était le nom colonial de l’actuelle ville de Kananga (province du Kasaï Central).
22Le nombre exact de mutins a toujours prêté à discussion, et plusieurs auteurs de l’époque coloniale ont avancé des chiffres soit invérifiables, soit se contredisant les uns les autres. Lire Marcel Storme, La Mutinerie militaire au Kasaï en 1895, « Chapitre VI : Un dédale de chiffres » (p. 63), 1970.
23Auguste Verbeken (1957) « La Révolte des Batetela en 1895 », p. 20.
24Ibid : Lettre du lieutenant Légat au commandant Gillain.
25Terme militaire colonial pour désigner les zones d’influence arabo-swahilie dans le Sankuru, le Maniema et les Stanley-Falls.
26Ibid : Lire lettre du 21 août 1895 du commandant Michaux au commandant Gillain, p. 68.
27Il s’agit ici de groupes ethniques du Congo.
28Extrait de La Libre Belgique du 5 juillet 1960.
29Malgré son statut de neutralité, la Belgique se lie de fait avec la France et l’Angleterre suite à l’invasion de son territoire par l’Allemagne.
30Louis Habran, « Coup d’œil sur le problème politique et militaire du Congo Belge », 1925.
31Date de la proclamation de l’indépendance congolaise.
32De 1960 à 1964, le Congo porte le nom de République du Congo, avant de devenir la République démocratique du Congo.
33De juin 1960 à décembre 1961, la province du Sud-Kasaï fait sécession sous le nom d’État minier du Sud-Kasaï. La fin de la sécession est entérinée au prix d’une campagne militaire sanglante.
34En juillet 1960, l’indépendance de l’État du Katanga est proclamée, et Moïse Tshombe en est le président. La crise dure jusqu’en janvier 1963 avec l’intervention de l’ONU, qui permet la réunification du Congo.