En Guinée, la junte réveille les fantômes du passé

En donnant à l’aéroport de Conakry le nom d’Ahmed Sékou Touré, les putschistes ont suscité l’indignation de nombreux Guinéens. Considéré tantôt comme un « héros », tantôt comme un « tyran », le « père de l’indépendance » divise toujours le pays près de quarante ans après sa mort. Mais au-delà de son héritage, cette décision ravive le souvenir de l’ensemble des violences politiques perpétrées par les régimes successifs et relance le débat sur l’impunité.

Pagne à l’effigie d’Ahmed Sékou Touré.
Tommy Miles / flickr.com

Le spectre d’Ahmed Sékou Touré continue de hanter les Guinéens. Mort il y a bientôt quarante ans, l’homme du « non » au général de Gaulle suscite encore la passion et l’effroi dans ce pays de treize millions d’âmes. Si Sékou Touré reste aujourd’hui une figure de l’anti-impérialisme pour avoir refusé la communauté franco-africaine en 1958, le régime qu’il a dirigé a commis des crimes de masse. Sa figure est revenue sur le devant de la scène à la faveur d’un décret laconique lu à la télévision le 16 décembre dernier : « L’aéroport international Conakry-Gbessia est rebaptisé aéroport international Ahmed Sékou Touré. » Malgré la controverse qu’a suscitée cette décision, le Comité national du rassemblement et du développement (CNRD), la junte au pouvoir à la suite du putsch qui a renversé Alpha Condé le 5 septembre 2021, n’a pas davantage communiqué depuis.

Depuis sa prise de pouvoir, le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya a posé des actes symboliques en direction de causes politiques très diverses et, partant, des segments importants des principales communautés qui composent le pays et qui s’identifient à ces causes. Il s’est recueilli sur les tombes des présidents Ahmed Sékou Touré (1958-1984) et Lansana Conté (1984-2008) et sur celles des victimes de la répression du régime d’Alpha Condé (2010-2021) à Bambeto, un quartier de Conakry acquis à l’opposition. Il a érigé une stèle à la mémoire des morts du régime de Sékou Touré au mont Kakoulima, où se trouve une fosse commune dans laquelle avaient été jetés les corps de personnes exécutées à la suite du « complot Kaman-Fodéba » de 1969. Il a restitué à la veuve de Sékou Touré les « cases Bellevue », saisies par le régime de Lansana Conté en 1984. Et il a permis le retour au pays de Moussa Dadis Camara et de Sékouba Konaté, les deux militaires qui se sont succédé à la tête de l’État lors de la transition de 2008-20101.

Dans sa frénésie de commémorations, la junte n’est pas à un paradoxe près : la « rebaptisation » de l’aéroport, qui visait à rendre hommage au « père de l’indépendance », est intervenue alors que le Premier ministre Mohamed Béavogui, nommé par les putschistes, venait de saluer la mémoire des victimes du camp Boiro, l’enfer pénitentiaire du régime Sékou Touré.

La « rebaptisation » de l’aéroport, une « trahison »

Cette décision a suscité l’indignation de nombreux Guinéens. L’association des victimes du camp Boiro a vivement réagi. Lors d’une conférence de presse convoquée deux jours plus tard, son président, Abdoulaye Conté, a déclaré : « Le CNRD fait passer aux oubliettes les victimes et banalise les crimes. Nous avions confiance dans le CNRD, nous voulions l’unité nationale, mais c’est un décret de division. » Hawa Dramé, ex-présidente de l’association, a elle aussi vivement critiqué cette mesure : « J’étais la femme la plus heureuse de la terre quand, le 5 septembre, les putschistes ont chassé Alpha Condé. J’ai applaudi Doumbouya pour cela. Mais ce décret est une trahison, je me sens blessée et humiliée. Les cent jours de grâce dont a bénéficié le CNRD sont terminés. »

Le renversement d’Alpha Condé et la prise de pouvoir par la junte le 5 septembre 2021 avaient donné lieu à des scènes de liesse dans les quartiers acquis à l’opposition à Conakry, ainsi que dans le Fouta Djalon, et la transition se déroulait jusque-là sans encombre. Si la Guinée est un pays où les tensions ethno-politiques sont réelles, les actes de Doumbouya semblaient pouvoir rassembler la nation. Le recueillement sur les tombes de Sékou Touré et Lansana Conté satisfaisaient respectivement les Malinkés et les Soussous, le retour de Dadis Camara a été une grande fête pour les Forestiers2, tandis que la reconnaissance des victimes de Sékou Touré et l’hommage rendu aux victimes du régime d’Alpha Condé visaient en particulier les Peuls.

À l’inverse, la « rebaptisation » de l’aéroport a ravivé des plaies non cicatrisées pour bon nombre de Guinéens et a révélé les tensions entre le gouvernement de transition et le CNRD : le Premier ministre, Mohamed Béavogui, a fait savoir publiquement qu’il n’avait pas été consulté par la junte à propos du décret. Un oncle maternel de Béavogui, le diplomate Diallo Telli, premier secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) puis ministre de la Justice de Sékou Touré, est sans doute l’une des victimes les plus célèbres du despote. Arrêté en 1976 durant la vague de répression qui avait suivi le « complot peul », il avait été enfermé au camp Boiro où il était mort quelques mois plus tard.

Sékou Touré, « héros » et « tyran »

Le caractère soudain et unilatéral de la décision a suscité des réserves, y compris chez ceux qui pouvaient y être favorables. Ibrahima Diallo, membre du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition d’organisations de la société civile qui s’est battue contre le troisième mandat d’Alpha Condé et qui a accueilli le putsch favorablement, est « d’accord » pour rebaptiser l’aéroport. Mais pas de cette manière : « Sékou Touré a aussi un bilan positif et il faut le réhabiliter. Mais c’est le processus du CNRD qui est mauvais ».

Ces réactions illustrent toute l’ambivalence de la figure de Sékou Touré3, que l’écrivain Ibrahima Baba Kaké avait résumé par une formule restée célèbre : « Sékou Touré, le héros et le tyran »4. D’un côté, il a été le libérateur de la Guinée, l’homme qui osa affronter le général de Gaulle et qui lui lança, le 28 septembre 1958 sous les applaudissements des Guinéens : « Il n’y a pas de dignité sans liberté. Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage ! » De l’autre, ses années aux pouvoirs ont été marquées par un autoritarisme violent.

Une fois l’indépendance acquise, il a incarné l’émancipation de l’Afrique et est devenu une figure du panafricanisme. Avec Gamal Abdel Nasser, Kwame Nkrumah et Modibo Keita, il a dirigé le « groupe de Casablanca », une alliance des chefs d’État mobilisés pour une rupture avec les puissances coloniales et pour la mise en place d’une fédération des États d’Afrique. Ces présidents s’opposaient à ceux du « groupe de Monrovia », notamment Léopold Sédar Senghor et Félix Houphouët-Boigny (deux « voisins » de Sékou Touré), qualifiés de « modérés » - c’est-à-dire pro-occidentaux - et favorables au maintien des frontières héritées de la colonisation5. Plus tard, Sékou Touré a soutenu activement les luttes de libération des colonies portugaises (Guinée Bissau, Angola et Mozambique) et le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud.

L’enfer du camp Boiro

À cause de ces engagements, Sékou Touré a été confronté à plusieurs tentatives de déstabilisation menées par la France. Lors de l’opération « Persil » de 1959-1960, Paris a tenté d’armer l’opposition et a introduit de faux billets dans le but de déstabiliser le pays6. Ce complot manqué aura finalement été une aubaine pour Sékou Touré, qui en sortira renforcé politiquement, et qui lui permettra de justifier l’arrestation de ses opposants et de ses rivaux.

Sous son règne, la dénonciation des complots a été un véritable mode de gouvernance : une manière de décrédibiliser et un prétexte pour emprisonner voire condamner à mort quiconque lui faisait de l’ombre, et ce bien au-delà des véritables conspirateurs, qui ont parfois effectivement existé. La rhétorique du complot lui a également servi à renforcer la cohésion et l’unité nationale face aux « ennemis » extérieurs et intérieurs réels et supposés7. Un grand nombre des prisonniers politiques se sont retrouvés dans le fameux camp Boiro de Conakry, où étaient pratiquées la torture et la « diète noire », c’est-à-dire la privation totale d’eau et de nourriture jusqu’à la mort8.

L’association des victimes du camp Boiro plaide pour que le processus de réconciliation entamé puis enterré - une première fois sous Lansana Conté, une seconde sous Alpha Condé - soit relancé. En 2016, le grand imam et l’archevêque de Conakry avaient rendu un rapport plaidant pour la mise en oeuvre d’une justice transitionnelle concernant tous les crimes commis par les régimes successifs depuis l’indépendance. Selon ce rapport, les violences politiques ont été telles que, si la Guinée « n’a pas connu de guerre, [elle] reste confrontée aux mêmes défis qu’un pays sortant d’un conflit violent9. » Cependant, depuis la publication du rapport, aucun processus de réhabilitation ou de réparation des victimes n’a été engagé. Aucune procédure judiciaire n’a été ouverte, hormis contre Moussa Dadis Camara et ses complices présumés dans le « massacre du 28 septembre ». Le CNRD a promis de relancer le processus, qui est inscrit dans les objectifs de la transition10.

Des mémoires (presque) irréconciliables

Pourquoi, depuis des décennies, ces crimes n’ont-ils jamais donné lieu à des poursuites ? Hawa Dramé, de l’association des victimes du camp Boiro, avance une hypothèse : « C’est le même système qui perdure depuis Sékou Touré. Ce système n’a jamais été décapité, même si les régimes ont changé. » Une partie importante des élites politico-militaires ont en effet été cooptées par les gouvernements successifs, qui ne pouvaient pas les faire condamner sans s’affaiblir. Aliou Barry, spécialiste des questions militaires et directeur du Centre d’analyse et d’étude stratégique (CAES) de Conakry, abonde dans ce sens : « Il n’y a jamais eu de vraie rupture entre les régimes successifs, ni de justice. Le colonel Lansana Conté était un cadre du PDG [NDLR : Parti démocratique de Guinée – parti unique durant la Première République] sous Sékou Touré. »

Mais pour certains comme Cheick Ahmadou Camara, ministre sous Lansana Conté et représentant de la coordination régionale de Basse Guinée11, il s’agit d’une voie sans issue. L’ancien ministre rejette les termes de « réconciliation nationale » et de « justice transitionnelle » avancés dans le rapport des religieux : « Il n’y a jamais eu de guerre civile en Guinée, les ethnies ne se sont jamais fait la guerre. Les violences ont uniquement été des violences d’État. À la limite, il faudrait réconcilier l’État et les citoyens. Mais dire qu’il faut réconcilier la nation n’a aucun sens. »

Conakry, le 9 janvier 2022, à l’occasion de la célébration du centenaire de Sékou Touré organisée par le mouvement « sekoutoureiste » aux cases Bellevue.
Tangi Bihan

Si une littérature abondante existe sur le régime de Sékou Touré, il n’existe aucun consensus sur le sujet en Guinée. Sékou Souapé Kourouma, membre de longue date du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), dont le leader Alpha Condé avait été condamné à mort par contumace durant la Première République, rappelle qu’« à cette époque, nous étions en contexte de guerre froide. La Guinée était sous un régime révolutionnaire et le « non » au référendum du 28 septembre a suscité une forte réaction de la France. Ça a créé des clivages importants : ceux qui étaient opposés étaient déterminés et les cadres du régime étaient arc-boutés sur leurs positions. On a besoin de se retrouver et de débattre de ce qui s’est passé de l’indépendance jusqu’à maintenant, pour que les esprits puissent se calmer. »

Le rôle des historiens

Un point semble toutefois faire consensus : il est indispensable que des historiens explorent les archives et établissent la vérité sur les faits qui se sont déroulés sous Sékou Touré. « On ne sait toujours pas pourquoi Diallo Telli a été enfermé et tué au camp Boiro », note Hawa Dramé. « On demande la déclassification des archives du camp Boiro, notamment pour établir le nombre de victimes qu’il a causé », ajoute Boussouriou Diallo, coordinateur du Consortium des associations de jeunes pour la défense des victimes de violences en Guinée (Cojedev).

Oyé Béavogui, installé dans son bureau sous un portrait de Sékou Touré, nous reçoit en présence de tous les membres du bureau politique du PDG. Le jeune secrétaire général du parti de Sékou Touré, aujourd’hui insignifiant dans les urnes, nous ramène quarante ans en arrière en reprenant, sans en changer une virgule, la rhétorique de son héros : « Jacques Foccart [NDLR : le « Monsieur Afrique » de Charles de Gaulle] a avoué avoir organisé des complots contre la Guinée ! La France doit déclassifier ses archives. Alors toute la vérité éclatera sur les complots ourdis de l’extérieur et exécutés par les membres de la cinquième colonne et dont les enfants se présentent aujourd’hui comme des victimes ». Au RPG, on se veut plus modéré : « Il faut établir la vérité historique sur tous les faits, pour sortir de ce ping-pong entre les deux camps », tempère Souleymane Keita, un ancien député.

Les demandes de recherches et de vérité vont au-delà de l’identification des responsabilités et de l’établissement des faits. Boussouriou Diallo rappelle que « la plupart des familles n’ont pas pu faire leur deuil car elles ne connaissent pas la date de la mort de leurs parents et ne savent pas où ont été enterrés les corps. On doit faire un travail d’identification des tombes et des fosses communes, pour savoir qui s’y trouve et pour y installer des stèles ou des plaques à la mémoire des disparus. Certaines familles attendent cela depuis des décennies ».

« C’est l’État qui doit demander pardon »

Le rapport des religieux avance plusieurs propositions pour mettre en œuvre la justice transitionnelle : l’établissement de la vérité sur les faits historiques, la poursuite judiciaire des criminels présumés, l’indemnisation des victimes et la restitution des biens confisqués, des excuses publiques et la demande de pardon de l’État et des personnes impliquées, et enfin des hommages pour les victimes. Mais ces propositions ne font pas consensus. Ibrahima Diallo, du FNDC, et Cheick Ahmadou Camara, l’ancien ministre de Lansana Conté, partagent la même position sur la justice transitionnelle. Le premier estime que « c’est inutile de faire des procès, ça ne guérira pas les plaies des familles des victimes et la plupart des dirigeants de la Première République sont morts ».

Le second alerte plutôt sur la faisabilité de tels procès : « Le rapport propose de juger les responsables. Mais on va juger qui ? C’était un système, c’étaient des violences d’État. Et on va les juger comment ? Qui seront les magistrats ? Si on met des magistrats soussous devant des inculpés soussous, on dira qu’ils ont pris des sanctions a minima. Si on met des magistrats peuls devant des inculpés malinkés, on dira qu’ils veulent se venger. C’est l’État qui doit demander pardon. Il faut réhabiliter les victimes et indemniser les familles qui ont subi un préjudice. »

En Guinée, chaque ethnie a ses meurtrissures. De grandes figures de l’élite peule ont été prises pour cible par Sékou Touré et les opposants à Alpha Condé, majoritairement peuls, ont subi une féroce répression lors des nombreuses manifestations qui ont jalonné ses deux mandats. Une partie de l’élite malinké a été brutalement réprimée par Lansana Conté, après la tentative de coup d’État de Diarra Traoré en 1985. Des leaders forestiers ont été tués dans les années 1990 car ils protestaient contre l’impunité garantie par le pouvoir en Guinée forestière aux milices malinké libériennes impliquées dans la guerre civile au Liberia. Cette concurrence des mémoires complique le processus de réconciliation.

Une jeunesse moins passionnée

Ces divisions ont été instrumentalisées - et donc aggravées - par les régimes successifs. Et elles continuent aujourd’hui d’alimenter les préjugés. Mais les nouvelles générations semblent vouloir en finir avec ce genre de discours. « Ce sont les vieux qui restent arc-boutés sur les questions ethniques, constate Souleymane Keita, un cadre quadragénaire du RPG. Nous, les jeunes, on veut dépasser ça et réaliser enfin l’unité nationale. Et je pense qu’on va dans le bon sens. »

Attablés à un petit restaurant où ils mangent un riz au gras, un Guinéen et une Guinéenne d’une trentaine d’années rejettent ce débat : « Je m’en fous de Sékou Touré ! s’emporte le premier. Je n’étais même pas né qu’il était déjà mort ! Mon problème aujourd’hui c’est le succès de la transition et le développement de la Guinée. On a besoin d’avoir du travail. Les débats sur Sékou Touré, c’est une affaire de vieux, c’est du passé, ça ne m’intéresse pas. » « Et puis tous les régimes ont tué : Touré, Conté, Dadis et Condé, tous ! » abonde la seconde.

De son côté, Boussouriou Diallo, qui ne comprend pas le désintérêt d’une partie de la population pour ces questions, alerte : « Si on veut que les violences politiques cessent, il faut enfin appliquer les recommandations du rapport sur la réconciliation nationale. Jusqu’aujourd’hui, on a cherché à enterrer ces dossiers en pensant qu’ils seraient oubliés, mais c’est contre-productif. C’est parce qu’on ne tire pas les leçons du passé que les violences politiques se répètent. »

1Moussa Dadis Camara avait pris le pouvoir en 2008 à la mort de Lansana Conté et est soupçonné d’avoir ordonné le massacre de 157 manifestants dans le stade de Conakry le 28 septembre 2009, avant d’être contraint à l’exil. Sékouba Konaté avait pour sa part quitté le pays, sous la pression d’Alpha Condé, peu après avoir organisé les élections de 2010.

2La ministre de la Justice, Fatoumata Yarie Soumah, avait promis le lancement du procès du « massacre du 28 septembre » en 2022, mais elle a été limogée depuis.

3Lire Céline Pauthier, « L’héritage controversé de Sékou Touré, “héros” de l’indépendance », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, Presses de Sciences Po, 2013/2, n° 118, pp. 31-44.

4Ibrahima Baba Kaké, Sékou Touré, le héros et le tyran, Jeune Afrique livres, 1987.

5Lire Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, La Découverte, 2014.

6Lire Coralie Pierret et Laurent Correau, « Déstabiliser la Guinée pour défendre le pré carré », in L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique, sous la direction de Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat et Thomas Deltombe, Seuil, 2021.

7Lire Mémoire collective. Une histoire plurielle des violences politiques en Guinée, Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Radio France International (RFI), 2018. Ce livre est téléchargeable ici.

8D’anciens prisonniers du camp Boiro ont produit une importante littérature de témoignage, par exemple Alsény René Gomez, Camp Boiro. Parler ou périr, L’Harmattan, 2007.

9Vincent Coulibaly et Hadj Saliou Camara, « Rapport des consultations nationales en appui au processus de réconciliation nationale, Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale », 2016, p. 11.

10La charte de transition, promulguée en septembre 2021 à l’issue de concertations nationales, stipule que « le renforcement de la cohésion nationale et la poursuite du processus de réconciliation nationale » sont une mission de la transition (article 2). En outre, lors de la présentation de ses vœux pour l’année 2022, Mamadi Doumbouya a annoncé l’organisation de « journées de vérité et pardon ».

11Chacune des « régions naturelles » de Guinée, lesquelles correspondent historiquement au peuplement d’une ethnie, dispose d’une coordination la représentant. Les Soussous se situent en Basse Guinée, les Peuls dans le Fouta Djalon, les Malinkés en Haute Guinée et les Forestiers en Guinée forestière.