
Soyons honnêtes sur ce qui s’est passé le 11 mars.
L’Assemblée nationale du Sénégal a validé la réforme de l’article 319 portant la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles à dix ans (au lieu de cinq) et criminalisant la « promotion » ou l’« apologie » de l’homosexualité. Malgré le flou qui entoure la manière dont l’« apologie » pourrait être prouvée et sanctionnée, tous les députés ont voté pour. Aucune opposition. Trois abstentions. Les commentateurs habituels ont aussitôt sorti les traditionnelles explications : religion, culture, valeurs africaines.
Ces explications ne sont pas seulement insuffisantes. Elles sont une distraction. Et les distractions, en politique, ne sont jamais accidentelles.
Voici ce qui se passe réellement : un gouvernement patriarcal noyé sous les dettes, incapable de tenir ses promesses électorales et de protéger ses étudiantes contre les violences policières, recourt au plus vieil outil du registre postcolonial : gouverner et surveiller les corps des plus vulnérables quand on ne peut gouverner autre chose.
Mais c’est aussi, et il faut maintenant le dire sans détour, une histoire d’ingérence transnationale et d’opportunisme géopolitique. Des corps queers sénégalais sont offerts en échange de faveurs états-uniennes, de financements sanitaires et d’un positionnement diplomatique sous Donald Trump. Car les corps gouvernés au Sénégal ne sont pas seulement ciblés par un gouvernement patriarcal en crise interne. Ils le sont avec l’assistance stratégique active d’organisations états-uniennes qui voient dans le retour de Trump une opportunité d’exporter la législation anti-queer à travers l’Afrique pendant que la même administration signe avec Dakar des accords sanitaires qui détermineront qui vivra et qui mourra.
Suivre les traces de l’argent et du sang
La crise fiscale sénégalaise est sévère, et son ampleur doit être dite clairement. Les données disponibles indiquent que la dette publique sous l’administration Macky Sall a été systématiquement falsifiée. Un ratio annoncé à 74,4 % du PIB était en réalité plus proche de 99,7 % en 2023, pour atteindre une estimation de 119 % à 132 % fin 2024. L’administration des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), issue des élections de 2024, a découvert plus de 13 milliards de dollars (11,3 milliards d’euros) d’emprunts dissimulés, cachés aux citoyens, aux créanciers et au gouvernement entrant. Treize milliards de dollars. Que personne n’a révélés aux citoyens lors des élections, et négociés aujourd’hui avec le Fonds monétaire international (FMI), cette institution qui, depuis des décennies sur ce continent, exige austérité, privatisation et abandon des promesses transformatrices qui portent les gouvernements au pouvoir.
Le FMI a gelé une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars. Les paiements de la dette extérieure consomment désormais plus de 50 % des recettes publiques. Rien qu’en mars, ce même mois où la loi anti-homosexualité a été adoptée, le gouvernement a versé 471 millions de dollars à ses créanciers internationaux, tout en supprimant dix-neuf agences d’État et en laissant les bourses étudiantes impayées.
Une approche d’économie politique féministe nous permet d’identifier ce qui suit comme structurellement prévisible. Quand les États ne peuvent plus tenir leurs promesses, que la conditionnalité du FMI restreint la marge budgétaire, que la transformation sociale doit être abandonnée, la gouvernance symbolique comble le vide de légitimité. La législation morale mobilise à moindre coût l’autorité religieuse, le sentiment nationaliste et l’anxiété culturelle. Elle génère des dividendes politiques précisément là où la réforme structurelle, étranglée par un ratio dette/PIB approchant 132 %, ne peut en produire.
Mais la crise fiscale ne crée pas la gouvernance morale à partir de rien. Elle exploite une architecture patriarcale qui lui préexiste. Les personnes queers ne deviennent pas disponibles pour la discipline de l’État quand l’économie s’effondre. Elles sont déjà des cibles parfaites, rendues disponibles, parce que le patriarcat les a construites comme objets légitimes de régulation étatique, indépendamment de toute conjoncture économique. La crise actuelle n’invente pas cette logique. Elle l’intensifie.
Un quart de siècle de brutalités policières sur le campus
Le 9 février, Abdoulaye Ba, étudiant en médecine à l’Université Cheikh-Anta-Diop, est décédé lors d’une intervention policière au restaurant universitaire, à la suite de manifestations pour réclamer des bourses impayées et dénoncer des conditions de vie dégradées sur le campus. L’État a parlé d’accident. Les étudiantes et leurs amicales, ainsi que le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur1 (SAES), ont pointé ce que les faits suggèrent : la violence policière.
Le SAES s’est réuni en session d’urgence le lendemain. Sa communication n’était pas seulement un texte de condoléances. C’était un acte de mémoire institutionnelle et de responsabilité structurelle. Le syndicat a inscrit la mort d’Abdoulaye Ba dans une généalogie documentée : Balla Gaye, 2001 ; Bassirou Faye, 2014 ; Mouhamadou Fallou Sène, 2018 ; Alpha Yéro Tounkara et Prosper Clédor Senghor, 2024 ; Abdoulaye Ba, 2026…
Des choix de gouvernance, pas des catastrophes naturelles
Le SAES a condamné avec « la plus grande fermeté » ce qu’il a qualifié d’usage excessif et indiscriminé de la force, tenant le gouvernement pour responsable de la gestion chroniquement défaillante des crises universitaires. Le syndicat avait déjà appelé en décembre 2025 à la retenue des forces de l’ordre et à un dialogue sincère sur les bourses. Il n’a pas été entendu.
Le contexte structurel identifié par le SAES est essentiel : massification incontrôlée des universités, déficits budgétaires chroniques, manque d’enseignants, faiblesse des infrastructures, mise en œuvre mal évaluée de la réforme licence-master-doctorat. Ce ne sont pas des catastrophes naturelles. Ce sont les conséquences de choix de gouvernance façonnés par les mêmes pressions fiscales, la même conditionnalité du FMI, la même arithmétique de la dette qui contraint chaque centime de dépense publique.
Abdoulaye Ba est mort dans un système universitaire privé de ressources, policé avec l’usage excessif de la force et gouverné par une administration avertie à maintes reprises que la situation était intenable. Le même jour, la gendarmerie dakaroise arrêtait douze hommes pour « actes contre nature » et pour une prétendue transmission intentionnelle du VIH. Début mars, le nombre de suspects mis en détention provisoire dans cette affaire était d’au moins trente-sept.
Trois semaines après, la même administration durcissait la législation contre l’homosexualité.
Le calendrier n’est pas une coïncidence. Quand un État ne peut gouverner ses universités, ne peut payer les bourses de ses étudiantes et refuse toute responsabilité pour les morts que ses forces de sécurité causent sur les campus, il recourt à un autre type de gouvernance.
La politique morale génère des manchettes et rallie des partisans. Tout cela sans exiger les décisions douloureuses que nécessiteraient une vraie réforme éducative, une vraie responsabilité fiscale et un vrai bilan de vingt-cinq ans de violence policière létale sur les campus.
Ousmane Sonko, l’homme dont le charisme anti-establishment a amené une génération dans les rues, a besoin de rester pertinent. Défendre la moralité africaine et légiférer sur celle-ci est plus aisé que de restructurer une économie. Et le backlash anti-genre2 est bien moins coûteux que de rendre des comptes pour les morts sur les campus.
La main étrangère que personne ne nomme : MassResistance
Au Sénégal, le backlash anti-genre dépasse la politique intérieure et en fait, du point de vue de l’économie politique féministe et des relations internationales, l’un des échanges géopolitiques les plus préoccupants se déroulant aujourd’hui sur le continent africain.
Reuters a révélé3 que les partisans sénégalais de la législation anti-LGBTQ étaient en contact direct avec MassResistance, une organisation états-unienne basée dans le Massachusetts qui décrit l’homosexualité comme une menace sanitaire et qui conseille depuis des années des militants africains. En décembre 2024, And Samm Jikko Yi, le réseau sénégalais d’organisations islamiques et de la société civile qui a mené la campagne pour la nouvelle loi, a contacté MassResistance pour discuter de tactiques de mobilisation et de plaidoyers auprès des autorités sénégalaises. C’est le premier cas connu d’une organisation états-unienne ayant contribué à façonner une campagne anti-genre réussie en Afrique depuis le retour de Trump au pouvoir, en janvier 2025.
Arthur Schaper, le directeur de terrain de MassResistance, est explicite auprès de Reuters : il y a selon lui une poussée renouvelée pour des interdictions strictes parce que le président Trump n’aurait pas « l’intention de harceler et d’intimider des pays pour qu’ils adoptent ces idéologies destructrices [favorables à la reconnaissance de homosexualité] ». Le Département d’État a confirmé que l’aide étrangère états-unienne ne finance plus ce qu’il appelle des « questions sociales et de genre clivantes », en opposition directe avec les administrations de Joe Biden et de Barack Obama.
Mais le tableau géopolitique est plus complexe et plus troublant que le seul opportunisme stratégique. Le 13 mars dernier, au lendemain de l’adoption de la loi, le Sénégal a signé un Mémorandum d’accord de coopération sanitaire bilatérale de cinq ans avec les États-Unis pour un montant total de 90,4 millions de dollars, dans le cadre de la stratégie de santé mondiale « America First » de Trump. Selon le communiqué4 de presse du sépartement d’État, l’accord prévoit 63,1 millions de dollars pour lutter contre le VIH et le paludisme, avec un cofinancement sénégalais de 27,3 millions de dollars. Cet accord reconfigure significativement les priorités de coopération sanitaire en excluant délibérément, selon les données disponibles, les cadres de santé sexuelle et reproductive et les approches transformatrices en matière de genre qui caractérisaient l’engagement des États-Unis sous les administrations précédentes.
Lus ensemble, ces développements révèlent une transaction spécifique et profondément préoccupante. Sous sévère pression fiscale, le gouvernement durcit simultanément les peines pour ses citoyennes les plus marginalisées et signe des accords sanitaires avec une administration qui a fait de l’hostilité aux droits des queers une pierre angulaire de sa politique étrangère.
Un échange géopolitique stratégique au détriment des corps
La question qu’une perspective d’économie politique féministe pose est la suivante : qu’est-ce qui est échangé, par qui et aux dépens de qui ?
La réponse est inconfortable mais analytiquement inévitable. Les corps queers sénégalais, criminalisés, emprisonnés, repoussés vers la clandestinité, privés de soins, font partie du prix payé pour le positionnement du Sénégal au sein de l’ordre géopolitique « America First » de Trump. Le backlash anti-genre ne fonctionne pas seulement comme une gouvernance symbolique domestique. Il est un signal d’alignement géopolitique, un alignement qui, dans un moment de vulnérabilité fiscale aiguë et alors que la facilité de crédit du FMI est gelée, a une réelle valeur stratégique.
C’est ce que l’économie politique féministe entend lorsqu’elle insiste sur le fait que la gouvernance des corps n’est jamais purement domestique. Elle est toujours enchâssée dans des structures de pouvoir international, de dépendance économique et de calcul géopolitique.
Les corps des citoyens queers sénégalais sont gouvernés à l’intersection d’une crise de la dette intérieure, d’un schéma de violence policière sur les campus, d’un mode de gouvernance patriarcal et masculiniste, d’une stratégie nationaliste chrétienne états-unienne et de l’agenda de santé mondiale « America First ». Aucune de ces forces n’est suffisante à elle seule. Ensemble, elles constituent une structure de pouvoir. Cette dynamique n’est pas sans précédent au niveau régional : des schémas similaires d’implication nationaliste chrétienne états-unienne ont façonné les campagnes anti-LGBT au Ghana et en Ouganda. Le Sénégal représente le premier cas réussi depuis le retour de Trump. Et son accord sanitaire de 90,4 millions de dollars, signé le lendemain de la promulgation de la loi, rend l’échange géopolitique inhabituellement lisible.
La manufacture d’une catastrophe sanitaire
Les conséquences de cette législation pour la santé publique sont déjà graves. Selon le rapport annuel 2021 du Conseil national de lutte contre le sida, la prévalence du VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes atteint 49 % dans certaines parties de Dakar (contre une prévalence nationale de 0,3 % sur l’ensemble de la population). Les agents de santé ont constamment averti que la criminalisation pousse les personnes à la clandestinité, ce qui rend les programmes de prévention et de traitement du VIH inaccessibles pour ceux qui en ont le plus besoin.
Parmi les vingt-sept HSH5 présumés arrêtés en février, certains ont fui vers la Mauritanie, la Gambie et la Côte d’Ivoire. Les communautés avec lesquelles les travailleurs de santé avaient mis des années à établir la confiance sont désormais dans la clandestinité ou en exil.
L’accord sanitaire « America First » n’est pas un instrument neutre de santé publique. C’est un document politique qui reflète et renforce le même alignement géopolitique qui a enhardi la législation.
Le résultat est une architecture de santé publique délibérément conçue pour exclure les plus vulnérables, avec l’instrumentalisation de la religion, comme ce fut le cas au Ghana. Ce n’est pas un échec de politique. C’en est le dessein même, et les corps qui en paient le prix sont déjà mourants.
Deux corps, deux arènes : une seule crise de gouvernance
Quand les politiciens invoquent l’authenticité africaine pour justifier ces lois, coordonnées avec une organisation du Massachusetts, célébrées par des nationalistes chrétiens états-uniens, conduites dans l’ombre d’un accord sanitaire avec Trump, ils font quelque chose de remarquable : utiliser le langage de la décolonisation pour appliquer des lois discriminatoires contre des citoyennes sénégalaises, et cela comme à l’époque coloniale, sous influence étrangère.
Ce n’est pas de la souveraineté. C’est ce que le chercheur Brice-Stéphane Ballet Djédjé appelle6 de la « posture morale ». L’État carcéral postcolonial, renforcé par des réseaux nationalistes chrétiens transnationaux et le levier géopolitique d’« America First », porte de nouveaux habits idéologiques.
La mort d’Abdoulaye Ba, la longue histoire de violence policière sur les campus, la criminalisation des personnes queers, la coordination avec MassResistance et l’accord sanitaire « America First » sont la même histoire racontée sous différents angles, à travers différentes géographies des pouvoirs et des corps.
Étudiants en lutte et minorités sexuelles représentent tous deux des formes de perturbation sociale qu’un État sous pression trouve intolérables. Tous deux sont disciplinés par des instruments punitifs carcéraux pendant que les questions difficiles restent sans réponse.
Pourquoi le retard de paiement des bourses ? Qui est responsable de six morts sur les campus en vingt-cinq ans ? Pourquoi le gouvernement criminalise-t-il les citoyennes queers tout en signant des accords sanitaires dont la stratégie exclut leur survie ? Pourquoi les réformes universitaires sont-elles imposées sans évaluation adéquate ni consultation inclusive, comme le SAES l’a exigé ?
Quand l’amitié virile tourne mal
Il se passe autre chose au sein de la coalition au pouvoir qui mérite d’être examiné. Diomaye Faye (le président) et Ousmane Sonko (le Premier ministre), élus sur la promesse d’une amitié virile comme projet de duo politique, « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (« Diomaye c’est Sonko, Sonko c’est Diomaye », en wolof), sont engagés dans une lutte silencieuse mais qui s’intensifie pour l’autorité politique et la légitimité masculine.
Faye gouverne par pragmatisme institutionnel : il doit travailler avec les institutions financières internationales, gérer la machinerie d’un État en crise fiscale, gouverner dans le registre ingrat qu’exigent 13 milliards de dettes et un sixième mort sur un campus. Sonko gouverne par le feu : il est la voix charismatique, « confrontationnelle » et moralement autoritaire de la résistance populiste, alors que les familles des victimes des protestations préélectorales attendent toujours la justice.
Dans un moment où gouverner signifie signer des accords avec le FMI et expliquer pourquoi la « révolution » (dixit Pastef) doit attendre, le feu est un avantage compétitif. Défendre les valeurs africaines contre la « déviance » sexuelle positionne Sonko comme la voix authentique du peuple contre la discipline financière externe et la corruption morale interne. Que cela aligne simultanément le Sénégal sur l’agenda culturel de Trump et débloque des ressources de coopération sanitaire n’est pas accessoire. Cela fait partie intégrante du calcul.
Dans une approche d’économie politique féministe, il s’agit d’une compétition pour des ressources de légitimité sous contrainte fiscale. La perspective féministe décoloniale en relations internationales lit cette situation comme des performances concurrentes (entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko) de souveraineté masculine postcoloniale, toutes deux excluant les femmes, les personnes queers et les plus marginalisées, qui se sont pourtant battues pour la dernière alternance politique de la nation.
Les corps queers ne sont pas l’enjeu de cette compétition. Ils en sont les dommages collatéraux, tout comme les étudiantes qui attendent des réponses sur la mort de leurs collègues, le SAES qui exige les réformes structurelles et les personnes queers séropositives qui ne peuvent plus accéder aux traitements qui les maintiennent en vie.
La vraie souveraineté
À celles et ceux qui croient sincèrement que cette législation concerne l’autodétermination africaine : je comprends l’impulsion. Le désir de définir nos valeurs à nos propres conditions, sans condescendance occidentale, est légitime. Je le partage.
Mais une souveraineté coordonnée avec une organisation états-unienne, célébrée par des nationalistes chrétiens états-uniens, conduite sous la couverture géopolitique d’« America First », accompagnée d’un accord sanitaire qui exclut les plus marginalisés, et mise en œuvre dans le contexte d’un quart de siècle de violence policière impunie sur les campus, n’est pas de l’autodétermination africaine. C’est une nouvelle forme de dépendance, habillée dans le langage de l’ancienne résistance.
Une politique véritablement décoloniale doit poser la question que le pouvoir refuse d’entendre : qui bénéficie de cette performance particulière de défense morale ? Qu’est-ce que le Sénégal négocie, avec qui, et qui en paie le prix ?
Jusqu’à ce que des réponses soient honnêtement apportées à ces questions, la gouvernance de la moralité restera ce qu’elle a toujours été : un théâtre du pouvoir mis en scène sur les corps des plus vulnérables, financé par le calcul politique domestique et l’échange géopolitique transnational, et appelé « souveraineté africaine ».
Abdoulaye Ba et tous les étudiants avant lui méritent la justice, pas des condoléances, pas des communiqués, mais une responsabilité structurelle et la fin du schéma documenté par le SAES depuis un quart de siècle. Les étudiantes sénégalaises méritent leurs bourses, des universités fonctionnelles et leurs vies. Les Sénagalaises queers méritent dignité, sécurité et pleine citoyenneté. Celles et ceux qui vivent avec le VIH méritent des soins, pas une criminalisation et une exclusion des accords sanitaires conçus pour les effacer.
Le Sénégal mérite une gouvernance démocratique et une coopération internationale suffisamment sérieuses pour affronter ses véritables crises (la dette, le patriarcat et l’empire) plutôt que d’en fabriquer de nouvelles, avec une aide étrangère, sur les corps de celles et ceux les moins capables de résister.
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1Alain Bonang, « Décès d’Abdoulaye Ba : le SAES dénonce une violence policière “disproportionnée” et prend l’État pour responsable », Dakar Actu, 10 février 2026.
2Patrick Awondo, Emmanuelle Bouilly et Marième N’Diaye, « Penser l’anti-genre en Afrique », dans le numéro 168 de Politique africaine, 2022, « L’anti-genre en Afrique, une catégorie globale en pratiques ».
3Robbie Corey-Boulet, « US ’pro-family’ group worked with Senegal activists pushing anti-LGBT law », Reuters, March 16 mars 2026, à lire ici.
4« Forging Health Partnerships Under the Trump Administration’s America First Global Health Strategy in Honduras and Senegal », département d’État, 13 mars 2026.
5Ce sigle désigne tous les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sans qu’il se distingue pour autant hétérosexuels, homosexuels ou bisexuels.
6Brice-Stéphane Ballet Djédjé, « La panique morale anti-queer et la violence dissimulées sous un discours anti-occidental ne font pas avancer la souveraineté africaine », sur African Feminism (https://africanfeminism.com/la-panique-morale-anti-queer-et-la-violence-dissimulees-sous-un-discours-anti-occidental-ne-font-pas-avancer-la-souverainete-africaine/).
7Alain Bonang, « Décès d’Abdoulaye Ba : le SAES dénonce une violence policière “disproportionnée” et prend l’État pour responsable », Dakar Actu, 10 février 2026.
8Patrick Awondo, Emmanuelle Bouilly et Marième N’Diaye, « Penser l’anti-genre en Afrique », dans le numéro 168 de Politique africaine, 2022, « L’anti-genre en Afrique, une catégorie globale en pratiques ».
9Robbie Corey-Boulet, « US ’pro-family’ group worked with Senegal activists pushing anti-LGBT law », Reuters, March 16 mars 2026, à lire ici.
10« Forging Health Partnerships Under the Trump Administration’s America First Global Health Strategy in Honduras and Senegal », département d’État, 13 mars 2026.
11Ce sigle désigne tous les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sans qu’il se distingue pour autant hétérosexuels, homosexuels ou bisexuels.
12Brice-Stéphane Ballet Djédjé, « La panique morale anti-queer et la violence dissimulées sous un discours anti-occidental ne font pas avancer la souveraineté africaine », sur African Feminism (https://africanfeminism.com/la-panique-morale-anti-queer-et-la-violence-dissimulees-sous-un-discours-anti-occidental-ne-font-pas-avancer-la-souverainete-africaine/).