
Il y a un an, le 3 mai 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema était investi président de la République après avoir remporté, sans aucune difficulté, le scrutin du 12 avril avec 94,85 % des votes. Cette séquence clôturait deux années de transition, après le coup d’État du 30 août 2023. Parmi les pays suspendus par l’Union africaine pour « changements anticonstitutionnels de gouvernement1 », le Gabon a fait figure de bon élève au cours des deux dernières années. Ailleurs, le Mali, le Burkina Faso et le Niger continuent de s’enliser dans des transitions sans fin doublées de crises sécuritaires. La Guinée vient, elle, d’achever une élection présidentielle dans un contexte liberticide et répressif des principales voix d’opposition. Quant au Soudan, il a sombré depuis trois ans dans une des guerres civiles les plus brutales du continent, sans issue visible à court terme. Derniers en date dans ce tableau peu glorieux, Madagascar, où le soulèvement de la Gen Z semble bien avoir été récupéré par les militaires, et la Guinée-Bissau, où la confusion plane encore sur un coup d’État pour le moins singulier.
Certes, nombreux sont les observateurs et les experts2 à avoir souligné la spécificité du cas gabonais par rapport aux autres putschs survenus ces dernières années en Afrique, notamment au Sahel. Ils notent les difficultés d’une transition démocratique « classique » tant les structures de l’État gabonais ont été imprégnées de la gestion clientéliste de la famille Bongo et de son cercle, et mises au service du clan bien plus que du peuple.
Toutefois, le processus de transition gabonais comporte plusieurs zones d’ombre qui remettent en question un parcours de restauration démocratique qui semblait initialement sans fautes. Entre discours prometteurs et persistance de pratiques controversées, rupture salvatrice et continuité obligée avec le passé, confusion des genres entre les intérêts d’un peuple et ceux d’un homme... Cette série en quatre épisodes revient sur les coulisses de ces deux années de transition et analyse précisément les différentes étapes de celle-ci.
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1Selon le chapitre VIII de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. À cette date sont suspendus le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée, le Soudan, Madagascar et la Guinée-Bissau. Le Gabon, suspendu à la suite du coup d’État d’août 2023, a été réintégré dans l’organisation continentale au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2025.
2Florence Bernault, « Comprendre le coup d’État au Gabon », The Conversation, 18 septembre 2023.
3Selon le chapitre VIII de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. À cette date sont suspendus le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée, le Soudan, Madagascar et la Guinée-Bissau. Le Gabon, suspendu à la suite du coup d’État d’août 2023, a été réintégré dans l’organisation continentale au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2025.
4Florence Bernault, « Comprendre le coup d’État au Gabon », The Conversation, 18 septembre 2023.