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	<title>Afrique XXI</title>
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		<title>Au Mali, survivre aux blocus du Jnim entre famine, peur et n&#233;gociation</title>
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		<dc:date>2026-05-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ibrahima Poudiougou, Mahamadou Bassirou Tangara</dc:creator>


		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe arm&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Djihad</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le blocus est devenu l'une des principales armes de guerre du Jnim. En fermant les routes, en interdisant l'acc&#232;s aux champs, en paralysant les march&#233;s et en imposant des normes sociales et religieuses, le groupe arm&#233; cherche moins &#224; conqu&#233;rir qu'&#224; &#233;touffer. &#192; Mar&#233;bougou, Saye ou Kori-Maound&#233;, les habitants tentent de tenir entre la r&#233;sistance, l'adaptation et des arrangements forc&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'histoire des r&#233;gions centrales du Mali, le blocus n'est pas une nouveaut&#233;. Les guerres anciennes,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/b607ec52b431061f4497a226e79e3f-602d6.jpg?1779854400' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le blocus est devenu l'une des principales armes de guerre du Jnim. En fermant les routes, en interdisant l'acc&#232;s aux champs, en paralysant les march&#233;s et en imposant des normes sociales et religieuses, le groupe arm&#233; cherche moins &#224; conqu&#233;rir qu'&#224; &#233;touffer. &#192; Mar&#233;bougou, Saye ou Kori-Maound&#233;, les habitants tentent de tenir entre la r&#233;sistance, l'adaptation et des arrangements forc&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'histoire des r&#233;gions centrales du Mali, le blocus n'est pas une nouveaut&#233;. Les guerres anciennes, comme celles de l'&#201;tat de S&#233;gou ou celles du Califat de Hamdalahi, au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, ont laiss&#233; le souvenir de villages encercl&#233;s, priv&#233;s de circulation et de ravitaillement jusqu'&#224; leur reddition. Mais avec l'expansion de la Katiba Macina, affili&#233;e au Groupe de soutien &#224; l'islam et aux musulmans (Jnim, co-organisateur &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Attaques-au-Mali-Une-secousse-monumentale-dans-l-histoire-malienne&#034;&gt;d'une attaque d'ampleur&lt;/a&gt; dans le pays le 25&#160;avril), cette pratique a pris une forme contemporaine, syst&#233;matique et politiquement r&#233;fl&#233;chie. Le blocus ne sert plus seulement &#224; punir un territoire&#160;: il devient un mode de gouvernance par la contrainte, un moyen d'imposer l'ob&#233;issance sans administration formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;tude&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Poudiougou, I. &amp; Tangara, M.&#160;B. (2026). &#171;&#160;Vivre sous blocus&#160;: cas des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vivre sous blocus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, publi&#233;e en d&#233;cembre&#160;2025 par le Sipri et le r&#233;seau Recap, illustre cette r&#233;alit&#233; &#224; travers plusieurs cas embl&#233;matiques dans les r&#233;gions de Mopti et de Bandiagara&#160;: Mar&#233;bougou, Saye, Kori-Maound&#233;, ainsi que le pont strat&#233;gique de Parou-Songobia, sur la route nationale&#160;15. Ces terrains montrent que le blocus ne se limite pas &#224; une simple fermeture militaire&#160;: il affecte la mobilit&#233;, l'agriculture, le commerce, l'&#233;ducation, les relations de genre et m&#234;me les formes locales d'autorit&#233;. Son objectif est clair&#160;: rendre la vie impossible &#224; ceux qui refusent de se soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les localit&#233;s vis&#233;es, les combattants tentent souvent d'imposer ce que les habitants d&#233;signent comme un &lt;i&gt;benkan&lt;/i&gt;, un terme de la langue bamanan qui, en g&#233;n&#233;ral, d&#233;signe un pacte ou un compromis. Cependant, en r&#233;alit&#233;, il s'agit moins d'un accord que d'un ensemble d'injonctions unilat&#233;rales&#160;: versement forc&#233; de la &lt;i&gt;zakat&lt;/i&gt; (aum&#244;ne obligatoire vers&#233;e annuellement en vertu des r&#232;gles de solidarit&#233; de l'islam) sur les r&#233;coltes et le b&#233;tail, fermeture des &#233;coles, port obligatoire du voile pour les femmes, interdiction de la musique et restriction des c&#233;r&#233;monies sociales. Le vocabulaire local utilis&#233; pour cet arrangement dissimule une relation profond&#233;ment in&#233;gale, fond&#233;e sur la menace et la violence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; Mar&#233;bougou, une r&#233;sistance de courte dur&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Partout, la strat&#233;gie demeure identique&#160;: &#233;touffer pour forcer l'adh&#233;sion ou, au minimum, la r&#233;signation. Cependant, les m&#233;thodes diff&#232;rent selon la dynamique du rapport des forces locales. Lorsque la r&#233;sistance arm&#233;e est faible ou d&#233;mantel&#233;e, le blocus peut mener &#224; une soumission forc&#233;e. En revanche, lorsque des groupes d'autod&#233;fense subsistent, l'isolement s'intensifie et se durcit, transformant le si&#232;ge en une &#233;preuve de longue haleine, o&#249; les civils supportent le co&#251;t le plus lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Mar&#233;bougou, dans le cercle de Djenn&#233;, la rupture survient en&#160;2021. Les habitants rejettent les ordres de la Katiba Macina, notamment la fermeture des &#233;coles, le port du voile obligatoire, l'abandon de certaines foires, ainsi que les pr&#233;l&#232;vements agricoles et sur le b&#233;tail. Une telle position de fermet&#233; face aux combattants de la Katiba Macina s'explique par divers facteurs, dont les patrouilles r&#233;guli&#232;res des forces de s&#233;curit&#233; et la pr&#233;sence d'un campement donso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ann&#233;es (2019-2021), dans le centre du Mali, sont celles d'un engouement g&#233;n&#233;ral et d'une confiance dans la capacit&#233; des groupes d'autod&#233;fense &#224; faire face aux groupes djihadistes. L'engagement arm&#233; au sein des groupes d'autod&#233;fense &#233;tait alors pr&#233;sent&#233; comme une forme d'antiterrorisme par le bas, et certains de leurs chefs jouissaient d'une certaine proximit&#233; avec les forces de s&#233;curit&#233;. &#192; l'image des combattants djihadistes, certains de ces chefs s'enrichissaient du vol de b&#233;tail et de pr&#233;l&#232;vements de tout genre sur les villageois comme garantie de protection. Mais cette r&#233;sistance arm&#233;e de Mar&#233;bougou fut de courte dur&#233;e car, apr&#232;s la d&#233;faite des groupes d'autod&#233;fense&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Mar&#233;bougou&#160;: un affrontement entre chasseurs et djihadistes fait des morts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; face aux djihadistes en octobre&#160;2021, la situation changea radicalement. Un blocus total fut alors instaur&#233; pour une dur&#233;e de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Assassinats cibl&#233;s de chasseurs influents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette situation enferme peu &#224; peu Mar&#233;bougou dans une impasse. L'acc&#232;s aux march&#233;s est coup&#233;, les d&#233;placements sur les axes routiers deviennent dangereux, les champs sont difficiles &#224; exploiter, le ravitaillement en denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; est bloqu&#233;. &#192; l'issue de cette p&#233;riode, Mar&#233;bougou accepte ce que beaucoup consid&#232;rent comme un pacte de survie. Ce n'est pas une adh&#233;sion par conviction, mais un ajustement forc&#233; visant &#224; mettre fin aux d&#233;c&#232;s multiples des villageois par manque de nourriture (&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#234;me le sel avait manqu&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, rapportent certains t&#233;moins, alors que cette denr&#233;e est g&#233;n&#233;ralement abondante), &#224; retrouver une certaine mobilit&#233; permettant d'acheminer des produits alimentaires, des m&#233;dicaments, et &#224; relancer une &#233;conomie fig&#233;e par plusieurs mois de blocage de tout acc&#232;s aux foires locales. En contrepartie, la vie sociale et religieuse du village est profond&#233;ment modifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de Mar&#233;bougou, les cons&#233;quences de la d&#233;faite s'&#233;tendent &#224; l'ensemble de la partie du delta inond&#233;, notamment les cercles de Djenn&#233; et de Macina, dans la r&#233;gion de Mopti. &#192; l'approche des affrontements, les groupes d'autod&#233;fense avaient align&#233; plusieurs centaines de combattants issus de divers horizons. La d&#233;faite a entam&#233; l'enthousiasme et la confiance des populations vis-&#224;-vis des groupes d'autod&#233;fense, et l'absence de r&#233;action imm&#233;diate des forces de s&#233;curit&#233; a permis aux combattants de la Katiba de mettre la pression sur des localit&#233;s avoisinantes (Sofara, Macina, jusqu'&#224; Niono). En plus du harc&#232;lement des villageois de ces localit&#233;s, la Katiba Macina proc&#233;da &#224; des assassinats cibl&#233;s de chasseurs influents, dont certains avaient coordonn&#233; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour la bataille de Mar&#233;bougou. Les chefs chasseurs &#233;limin&#233;s &#233;taient par ailleurs accus&#233;s par les djihadistes de collaborer avec les forces de s&#233;curit&#233; et d'accaparer des ressources des &#233;leveurs, notamment le b&#233;tail et l'acc&#232;s aux points d'eau et &#224; certaines zones de p&#226;turage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Saye, le blocus de&#160;2023 s'est intensifi&#233; durant les ann&#233;es&#160;2024 et&#160;2025 jusqu'&#224; perturber totalement la vie &#233;conomique et sociale. Si la m&#234;me dynamique observ&#233;e &#224; Mar&#233;bougou est &#224; l'&#339;uvre, la situation diff&#232;re. Le rejet du &lt;i&gt;benkan&lt;/i&gt; y est plus direct et plus soutenu. Les habitants pensent qu'ils ne doivent pas ob&#233;ir &#224; une autorit&#233; religieuse ext&#233;rieure, d'autant plus qu'ils se consid&#232;rent comme de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bons musulmans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Au-del&#224; de la question religieuse, les villageois estiment avoir d&#233;j&#224; perdu l'essentiel de leurs biens et ne voient donc rien &#224; prot&#233;ger en se soumettant &#224; un accord local dont les promoteurs les ont suffisamment d&#233;pouill&#233;s (r&#233;coltes incendi&#233;es, b&#233;tail enlev&#233;, acc&#232;s &#224; certains march&#233;s hebdomadaires locaux coup&#233;). La r&#233;sistance dans ces localit&#233;s s'organise autour des autorit&#233;s traditionnelles, des organisations de la jeunesse et des combattants donsow.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une surcharge humanitaire pour pousser le village &#224; la reddition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'immobilit&#233; impos&#233;e &#224; Saye entra&#238;ne l'inaccessibilit&#233; aux terres agricoles, aux p&#226;turages et &#224; de nombreux circuits commerciaux. Les hommes restent majoritairement confin&#233;s au p&#233;rim&#232;tre du village. Ceux qui s'aventurent hors du village sont abattus ou enlev&#233;s. Les femmes, consid&#233;r&#233;es comme moins mena&#231;antes par les combattants, parviennent parfois &#224; sortir du village pour aller en brousse chercher de quoi faire &#224; manger, du bois de chauffe ainsi que de la paille utilis&#233;e pour tisser des nattes et des &#233;ventails. Cette libert&#233; relative ne les prot&#232;ge pas de la violence structurelle du si&#232;ge&#160;: elle montre plut&#244;t comment le blocus modifie les r&#244;les sociaux et les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Saye illustre comment les groupes arm&#233;s exploitent les d&#233;placements de population pour renforcer leur pression sur les villageois et les contraindre &#224; se soumettre. En raison de son influence historique dans la localit&#233; (Saye a r&#233;sist&#233; au pouvoir de S&#233;gou en&#160;1782), le refus d'adh&#233;rer au &lt;i&gt;benkan&lt;/i&gt; a pouss&#233; plusieurs villages r&#233;fractaires &#224; s'y r&#233;fugier &#224; partir de&#160;2023. Cela a entra&#238;n&#233; une augmentation soudaine des besoins en nourriture et en m&#233;dicaments et a &#233;galement intensifi&#233; la pression sur les services publics locaux, d&#233;j&#224; affaiblis par le blocus et l'absence de possibilit&#233; d'approvisionnement &#224; partir des centres urbains proches &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Mali-Djenne-panse-les-plaies-de-ses-villageois&#034;&gt;comme Djenn&#233;&lt;/a&gt; ou San. Le si&#232;ge ne se contente pas de confiner, il cr&#233;e intentionnellement une surcharge humanitaire pour pousser le village &#224; la reddition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres villages de la localit&#233; de Bandiagara, la situation diff&#232;re. Depuis&#160;2018, le village de Kori-Maound&#233; est marqu&#233; par la pr&#233;sence de combattants de Dan Na Ambassagou, un mouvement d'autod&#233;fense r&#233;sistant &#224; toute n&#233;gociation avec les groupes djihadistes. Les autorit&#233;s locales (chefs de village, imams, maires) sont soumises &#224; cette ligne radicale. En cons&#233;quence, aucun dialogue direct avec la Katiba Macina n'est encore envisag&#233;, et le blocus devient de plus en plus punitif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;moire de la r&#233;sistance contre les Fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'isolement s'est instaur&#233; progressivement&#160;: attaques cibl&#233;es, assassinats, restrictions de circulation et interdiction pour les transporteurs de s'arr&#234;ter ou de charger des passagers. En&#160;2024, l'acc&#232;s aux champs est presque enti&#232;rement interdit. Le blocus ne vise pas seulement &#224; contr&#244;ler la localit&#233;, mais aussi &#224; envoyer un message en ciblant un territoire consid&#233;r&#233; comme un bastion ennemi, o&#249; une partie des autorit&#233;s et des populations locales reste fid&#232;le &#224; la ligne dure de la r&#233;sistance arm&#233;e d&#233;fendue par Dan Na Ambassagou. Comme &#224; Saye, ici, la m&#233;moire collective conserve les fragments de la r&#233;sistance contre le colonialisme fran&#231;ais, dont l'une des batailles d&#233;cisives a eu lieu sur les collines de Kori-Kori en avril&#160;1892&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Joly, Histoire contemporaine du Mali, Perrin, 2024.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, &#233;tape ultime de la prise de Bandiagara par les troupes coloniales. Pour les combattants du groupe d'autod&#233;fense et pour les villageois, l'id&#233;e d'un pacte de soumission n'est pas &#224; l'ordre du jour malgr&#233; les pressions exerc&#233;es par les combattants de la Katiba Macina. De plus, ce village est devenu un refuge pour des d&#233;plac&#233;s d'autres villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette configuration, la topographie du plateau et la pr&#233;sence du groupe d'autod&#233;fense peuvent ralentir les offensives directes, mais ne stoppent pas l'&#233;tranglement progressif du village. Les civils payent le prix de la non-n&#233;gociation en &#233;tant forc&#233;s de fuir vers Bandiagara, S&#233;var&#233; ou Bamako, ou de survivre dans des conditions de plus en plus pr&#233;caires sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le r&#244;le des m&#233;diateurs. Des figures d'interm&#233;diation existent et jouissent d'une certaine l&#233;gitimit&#233;. Un dialogue peut s'instaurer, m&#234;me en situation de fortes contraintes. &#192; Mar&#233;bougou, des maires voisins ont ainsi fait office d'interm&#233;diaires entre le village et les combattants. &#192; Saye, cependant, aucune initiative de ce genre ne s'est vraiment d&#233;velopp&#233;e. &#192; Kori-Maound&#233;, l'influence de Dan Na Ambassagou emp&#234;che toute m&#233;diation locale, et les tentatives de m&#233;diation par l'&#233;quipe r&#233;gionale d'appui &#224; la r&#233;conciliation (minist&#232;re de la R&#233;conciliation nationale) restent &#233;loign&#233;es des enjeux concrets du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette comparaison met en &#233;vidence une r&#233;alit&#233; souvent ignor&#233;e&#160;: le blocus ne rel&#232;ve pas uniquement de la sph&#232;re militaire. Il d&#233;pend &#233;galement de la pr&#233;sence et de la capacit&#233; des relais politiques, traditionnels ou religieux &#224; transformer un rapport de force arm&#233; en dialogue. En l'absence de m&#233;diation, la violence a tendance &#224; perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;cole, l'agriculture et l'&#233;levage, les piliers du village&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces villages, l'&#233;cole va bien au-del&#224; d'un simple lieu d'apprentissage. Elle constitue un pilier pour les familles, un espace de rencontres sociales, une promesse d'avenir et, surtout, l'un des derniers t&#233;moins tangibles de la pr&#233;sence de l'&#201;tat. &#192; Kori-Maound&#233;, comme &#224; Mar&#233;bougou et &#224; Saye, l'arriv&#233;e ou la pression exerc&#233;e par des groupes arm&#233;s a entra&#238;n&#233; la fuite des enseignants, la fermeture des classes et la dispersion des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture des &#233;coles n'est pas un simple dommage collat&#233;ral. Elle fait partie d'un changement plus vaste, o&#249; le retrait de l'administration laisse place &#224; d'autres modes de r&#233;gulation, qu'ils soient religieux ou arm&#233;s. Lorsqu'une &#233;cole dispara&#238;t, ce n'est pas uniquement l'instruction qui diminue, c'est tout un avenir collectif qui s'amenuise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le premier impact du blocus porte souvent sur l'agriculture. Lorsque les champs deviennent inaccessibles, que les cultivateurs sont victimes d'attaques ou que les r&#233;coltes sont br&#251;l&#233;es, c'est tout le c&#339;ur de l'&#233;conomie rurale qui en souffre. &#192; Mar&#233;bougou, seuls les champs proches du village restent exploitables. Partout ailleurs, l'ins&#233;curit&#233; r&#233;duit consid&#233;rablement la zone cultivable, for&#231;ant les m&#233;nages &#224; d&#233;pendre d'approvisionnements ext&#233;rieurs&#8230; qui deviennent impossibles en raison du si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;levage et le commerce de b&#233;tail, qui compl&#232;tent l'agriculture, sont &#233;galement affect&#233;s par le blocus. Les enl&#232;vements massifs de troupeaux d&#233;truisent des familles enti&#232;res. Les foires hebdomadaires, essentielles aux &#233;conomies rurales des r&#233;gions de S&#233;gou et de Mopti, deviennent rares, inaccessibles ou dangereuses. Ce sont surtout les marges d'autonomie des femmes, impliqu&#233;es dans le mara&#238;chage, la transformation ou le petit commerce, qui diminuent. Le blocus d&#233;truit non seulement des revenus, mais aussi les liens d'&#233;change qui soutenaient les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un renforcement des liens communautaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, vivre sous blocus ne se limite pas &#224; la souffrance. Dans les trois villages, notre enqu&#234;te r&#233;v&#232;le des formes d'entraide essentielles &#224; la survie, parmi lesquelles le partage de nourriture, la mutualisation de l'eau, l'aide aux malades, la r&#233;partition des t&#226;ches quotidiennes, le soutien aux m&#233;nages vuln&#233;rables. &#192; Saye comme &#224; Mar&#233;bougou, nombreux sont ceux qui parlent d'un renforcement des liens communautaires face aux difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces solidarit&#233;s n'&#233;liminent ni la faim ni la peur, mais elles retardent, au moins temporairement, l'effondrement total du tissu social. Elles montrent que les habitants ne sont pas seulement des victimes passives de conflits arm&#233;s. Ils jouent aussi un r&#244;le actif dans leur survie en cr&#233;ant localement des formes de protection face &#224; l'absence de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mar&#233;bougou, Saye et Kori-Maound&#233; r&#233;v&#232;lent que le blocus au Mali est bien plus qu'une simple tactique. Il fonctionne d&#233;sormais comme une v&#233;ritable technologie de contr&#244;le territorial. En ma&#238;trisant les routes, les march&#233;s, les &#233;coles et les normes sociales, ces groupes arm&#233;s transforment radicalement les conditions de vie quotidiennes. Bien qu'ils n'occupent pas syst&#233;matiquement tous les villages, ils influencent de plus en plus le quotidien des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un village &#224; l'autre, les r&#233;ponses varient, entre reddition forc&#233;e, r&#233;sistance prolong&#233;e, refus de n&#233;gocier, fuite partielle ou arrangements pragmatiques. Cependant, la question reste la m&#234;me partout&#160;: comment vivre lorsque tout ce qui relie un territoire au reste du monde (routes, champs, &#233;coles, march&#233;s) peut &#234;tre coup&#233; du jour au lendemain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans les r&#233;gions de S&#233;gou et de Mopti, le blocus ne cause pas seulement des p&#233;nuries. Il &#233;tablit aussi un ordre politique bas&#233; sur la peur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;#&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;sum&#233; est tir&#233; de l'&#233;tude &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vivre sous blocus&#160;: cas des zones sous influence du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JNIM&lt;/span&gt; au Mali&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Working paper &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SIPRI&lt;/span&gt;/REcAP, de Poudiougou, I. &amp; Tangara, M.&#160;B. (2026), &lt;a href=&#034;https://www.sipri.org/sites/default/files/WORKING%20PAPER%20N%C2%B05%20-%20FR%20%28WEB%29.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; retrouver en &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDF&lt;/span&gt; ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3398 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
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&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:159.375%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH255/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64-610dc.jpg?1779854400' alt='' data-src='IMG/jpg/capture_d_ecran_2026-05-26_171850.jpg' data-l='512' data-h='816' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;},&#034;512&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg?1779815246&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;},&#034;512&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-512\/7482ea7bdcf9c7aab2461217b858ac64.jpg.webp?1779815246&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='255' /&gt;&lt;/picture&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Poudiougou, I. &amp; Tangara, M.&#160;B. (2026). &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vivre sous blocus&#160;: cas des zones sous influence du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JNIM&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; au Mali&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Working paper &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SIPRI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;/REcAP, &lt;a href=&#034;https://www.sipri.org/sites/default/files/WORKING%20PAPER%20N%C2%B05%20-%20FR%20%28WEB%29.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; retrouver en &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mar&#233;bougou&#160;: un affrontement entre chasseurs et djihadistes fait des morts et des dizaines de bless&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Afrik Info&lt;/i&gt;, 22&#160;octobre&#160;2021, &lt;a href=&#034;https://afrikinfos-mali.com/2021/10/22/marebougou-un-affrontement-entre-chasseurs-et-djihadistes-fait-des-morts-et-des-dizaines-de-blesses/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Vincent Joly, &lt;i&gt;Histoire contemporaine du Mali&lt;/i&gt;, Perrin, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique-France. Do you speak french army&#160;?</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Do-you-speak-french-army</link>
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		<dc:date>2026-05-25T05:37:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;l Granvaud</dc:creator>


		<dc:subject>Diplomatie</dc:subject>
		<dc:subject>Armement</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique subsaharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Coop&#233;ration militaire</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les questions s&#233;curitaires ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu abord&#233;es lors du sommet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Africa Forward&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui s'est d&#233;roul&#233; au Kenya les 11&#160;et 12&#160;mai 2026. Le Kenya est pourtant devenu un partenaire de choix de la France en mati&#232;re de coop&#233;ration militaire. Celle-ci ne se cantonne plus au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233; carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; traditionnel francophone. Revue de d&#233;tail. &lt;br class='autobr' /&gt; Le programme officiel du premier sommet Afrique-France organis&#233; dans un pays anglophone les 11&#160;et 12&#160;mai&#160;2026 n'incluait pas les questions militaires. Cependant, on&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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[&lt;a href="[(mot54.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Diplomatie|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot476.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Coopération militaire|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1220.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(France|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot1566.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Afrique du nord|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/2207f7f3804ad5f14897ab45f809c5-973c6.jpg?1779687445' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les questions s&#233;curitaires ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu abord&#233;es lors du sommet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Africa Forward&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui s'est d&#233;roul&#233; au Kenya les 11&#160;et 12&#160;mai 2026. Le Kenya est pourtant devenu un partenaire de choix de la France en mati&#232;re de coop&#233;ration militaire. Celle-ci ne se cantonne plus au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233; carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; traditionnel francophone. Revue de d&#233;tail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le programme officiel du premier sommet Afrique-France organis&#233; dans un pays anglophone les 11&#160;et 12&#160;mai&#160;2026 n'incluait pas les questions militaires. Cependant, on peut facilement imaginer que les questions s&#233;curitaires n'ont pas &#233;t&#233; absentes des discussions informelles entre certains chefs d'&#201;tat. En outre, la tenue de ce sommet dans un pays comme le Kenya n'est pas anodine, alors que Nairobi et Paris ont r&#233;cemment approfondi leur coop&#233;ration militaire et s&#233;curitaire. Une &#233;volution pr&#233;sent&#233;e comme une nouveaut&#233; qui, en r&#233;alit&#233;, n'en est pas vraiment une. De fait, la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise hors de sa zone d'influence historique&#160;&#8211; le fameux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233;-carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;&#8211; est ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pour commencer rappeler que la coop&#233;ration militaire fran&#231;aise r&#233;pond &#224; des objectifs divers et plus ou moins prioris&#233;s selon les &#201;tats auxquels elle s'adresse&#160;: former des militaires (&#224; diff&#233;rents niveaux de la hi&#233;rarchie), apporter de l'assistance (de la fourniture de renseignements &#224; l'accompagnement au combat), promouvoir l'industrie de d&#233;fense fran&#231;aise (voire d'autres int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques) ou donner une traduction concr&#232;te &#224; des choix d'alliances strat&#233;giques d&#233;cid&#233;es par les autorit&#233;s politiques. Elle est revendiqu&#233;e comme un des principaux outils d'influence de la France en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des ventes d'armes et des massacres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le pr&#233;sident Emmanuel Macron y a fait halte en pr&#233;lude au sommet, commen&#231;ons par l'&#201;gypte. La coop&#233;ration militaire y est ancienne, mais son renforcement avec la dictature du mar&#233;chal Abdel Fattah al-Sissi est une cons&#233;quence directe des importants contrats de ventes d'armes fran&#231;aises&#160;sign&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es&#160;: corvettes Gowind, fr&#233;gates multimissions, premier contrat &#224; l'export pour les Rafales de Dassault (en 2015), ainsi que des blind&#233;s, quand bien m&#234;me ceux-ci avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233;s lors du massacre (pr&#232;s de 1&#160;000&#160;personnes tu&#233;es) qui a inaugur&#233; la prise du pouvoir des militaires en juillet&#160;2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambassade de France dans le pays ne s'en cache pas sur sa page consacr&#233;e &#224; sa coop&#233;ration avec l'&#201;gypte&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171;&#160;La France en &#201;gypte&#160;&#187;, &#171;&#160;La coop&#233;ration militaire et de d&#233;fense&#160;&#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Initi&#233;e lors de la signature des contrats majeurs d'armement de 2015, l'acc&#233;l&#233;ration de la coop&#233;ration militaire franco-&#233;gyptienne s'est concr&#233;tis&#233;e en 2017 par la cr&#233;ation d'un Haut Comit&#233; Militaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Depuis, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la relation de d&#233;fense est dense et les champs de coop&#233;ration militaire entre les deux pays sont diversifi&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, ce qui induit &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des relations &#233;troites et fr&#233;quentes entre hautes autorit&#233;s politiques et militaires et, depuis 2023 la mise en place d'un dialogue strat&#233;gique bilat&#233;ral (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DGRIS&lt;/span&gt;)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des notes &lt;a href=&#034;https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/france-egypte-vente-armes?utm_source=sendinblue&amp;utm_campaign=2411_EP&amp;utm_medium=email par Disclose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;v&#233;l&#233;es&lt;/a&gt; en novembre&#160;2021 montrent que la hi&#233;rarchie militaire fran&#231;aise a d&#233;lib&#233;r&#233;ment profit&#233; du coup d'&#201;tat pour promouvoir le mat&#233;riel fran&#231;ais et pousser les autorit&#233;s politiques &#224; fermer les yeux sur la r&#233;pression impitoyable du nouveau r&#233;gime. C'est &#233;galement Disclose qui a r&#233;v&#233;l&#233; quelques semaines plus tard le degr&#233; de compromission atteint avec l'op&#233;ration secr&#232;te Sirli &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;initi&#233;e en 2015 par l'arm&#233;e fran&#231;aise afin de fournir du renseignement a&#233;rien &#224; la dictature du mar&#233;chal Abdel Fattah al-Sissi. Des informations qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme, ont servi &#224; mener une campagne de bombardements syst&#233;matiques contre des civils soup&#231;onn&#233;s de contrebande dans le d&#233;sert occidental, &#224; la fronti&#232;re avec la Libye&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Une coop&#233;ration criminelle qui s'est poursuivie avec l'aval des pr&#233;sidents Fran&#231;ois Hollande et Emmanuel Macron malgr&#233; les alertes de certains militaires fran&#231;ais. Le rapprochement franco-&#233;gyptien a &#233;galement b&#233;n&#233;fici&#233; d'une convergence de vue sur la guerre civile en Libye, les deux pays ayant conjointement appuy&#233;, avec les &#201;mirats arabes unis, la tentative de prise du pouvoir du &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/libye-quand-haftar-saccage-des-annees-de-diplomatie,3050&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mar&#233;chal Khalifa Haftar&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;avanc&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mitig&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous la pr&#233;sidence d'Emmanuel Macron, la promotion du mat&#233;riel militaire ne s'est pas infl&#233;chie et explique par exemple les tentatives de rapprochement avec l'Angola. En 2018, un accord de coop&#233;ration en mati&#232;re de d&#233;fense a &#233;t&#233; sign&#233; entre les deux pays. D&#233;j&#224; client d'Airbus pour des h&#233;licopt&#232;res, l'Angola avait laiss&#233; entendre qu'il pourrait acheter des navires de guerre fran&#231;ais&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Le pr&#233;sident angolais Jo&#227;o Louren&#231;o&#160;: accordons &#8220;le b&#233;n&#233;fice du doute&#8221; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais la coop&#233;ration a pein&#233; &#224; d&#233;coller, au point qu'il a &#233;t&#233; un temps &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;question de fermer la mission de d&#233;fense pr&#232;s l'ambassade de France &#224; Luanda&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, finalement simplement r&#233;duite&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;o Noguera, &#171;&#160;Comment Jo&#227;o Louren&#231;o choisit avec soin ses attach&#233;s de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Parmi les programmes mentionn&#233;s figurent&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Post de l'ambassade de France en Angola, 11&#160;mars&#160;2026.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; des cycles &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'enseignement du fran&#231;ais au profit des membres de la Police nationale et des Forces arm&#233;es angolaises (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAA&lt;/span&gt;)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; pour pr&#233;parer &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les stagiaires &#224; participer &#224; des op&#233;rations de maintien de la paix ou &#224; des exercices men&#233;s en langue fran&#231;aise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Dispositif minimal qui existe dans de nombreux autres pays non francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'a gu&#232;re eu plus de succ&#232;s en &#201;thiopie, o&#249; les relations s'annon&#231;aient prometteuses apr&#232;s l'arriv&#233;e &#224; la t&#234;te du gouvernement d'Abiy Ahmed en 2018, tr&#232;s contest&#233; Prix Nobel de la paix l'ann&#233;e suivante. Une tourn&#233;e d'Emmanuel Macron en mars&#160;2019 (&#224; Djibouti, en &#201;thiopie et d&#233;j&#224; au Kenya) a &#233;t&#233; l'occasion de renforcer la coop&#233;ration s&#233;curitaire et &#233;conomique entre les deux pays et de signer un accord de partenariat en mati&#232;re de d&#233;fense, avec une grosse enveloppe de l'aide publique au d&#233;veloppement dans la corbeille. En vue&#160;: la reconstitution d'une marine &#233;thiopienne et le d&#233;veloppement de l'aviation militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque l'accord a &#233;t&#233; ratifi&#233; par le Parlement &#233;thiopien, en juin&#160;2021, la &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Un-an-de-guerre-en-Ethiopie-Les-raisons-du-desastre&#034;&gt;guerre au Tigray&lt;/a&gt; faisait rage, et les crimes de guerre de l'arm&#233;e &#233;thiopienne &#233;taient d&#233;j&#224; document&#233;s. &#192; l'&#233;poque, &lt;i&gt;Mediapart&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Justine Brabant, &#171;&#160;&#201;thiopie&#160;: le double jeu de la France&#160;&#187;, Mediapart, 24 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt; avait &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;questionn&#233; d&#232;s janvier 2021 [&#8230;] sur la nature de la coop&#233;ration de d&#233;fense fran&#231;aise avec l'&#201;thiopie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et sur son devenir. Le minist&#232;re des Arm&#233;es n'avait r&#233;pondu &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;que cinq mois plus tard, le 18&#160;mai, apr&#232;s huit relances &#233;crites&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, rapportait le journal d'investigation, assurant mensong&#232;rement ne pas avoir livr&#233; d'armes &#224; Addis-Abeba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de la situation et des nombreuses exactions commises par l'arm&#233;e &#233;thiopienne, la France a finalement pr&#233;f&#233;r&#233; suspendre l'accord militaire en ao&#251;t&#160;2021. Il ne semble pas avoir &#233;t&#233; r&#233;activ&#233; &#224; ce jour, en d&#233;pit d'un nouveau voyage de Macron dans le pays en d&#233;cembre&#160;2024, et d'un autre au retour du sommet de Nairobi le 13&#160;mai&#160;2026. En cause, peut-&#234;tre, la g&#233;opolitique de la Corne de l'Afrique et la question conflictuelle de l'acc&#232;s &#224; la mer de l'&#201;thiopie, la France ayant d'autres alliances &#224; m&#233;nager dans la r&#233;gion (&#201;gypte, Djibouti).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oc&#233;an Indien dans le viseur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus au sud, en revanche, les relations &#233;conomiques et militaires entre la France et le Kenya n'ont cess&#233; de se d&#233;velopper. Le pr&#233;sident Uhuru Kenyatta avait d&#233;j&#224; accueilli le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;One Summit Planet&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; cher &#224; Macron en mars&#160;2019. En 2023, un accord de coop&#233;ration maritime a &#233;t&#233; sign&#233;&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Accord de d&#233;fense&#160;: la balle est dans le camp de Paris&#160;&#187;, Africa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; alors que, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;depuis 2004, Paris forme des militaires k&#233;nyans au Coll&#232;ge interarm&#233;es de d&#233;fense (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CID&lt;/span&gt;) de Paris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, expliquait &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt; en mai&#160;2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin&#160;2025, enfin, un accord de coop&#233;ration en mati&#232;re de d&#233;fense a &#233;t&#233; conclu, essentiellement ax&#233; sur la coop&#233;ration maritime et sur l'&#233;change de renseignements. La formation au maintien de la paix (pour participer &#224; des missions de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; ou de l'Union africaine) se poursuit, comme avec d'autres forces de la r&#233;gion. Elle est dispens&#233;e par les militaires des Forces fran&#231;aises de Djibouti (derni&#232;re grosse base militaire fran&#231;aise sur le continent). Des exercices maritimes conjoints sont &#233;galement pr&#233;vus avec les Forces arm&#233;es de la zone sud de l'oc&#233;an Indien (Fazsoi) bas&#233;es &#224; La R&#233;union et &#224; Mayotte, forces qui m&#232;nent aussi des exercices conjoints avec l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter que l'accord de coop&#233;ration a fait l'objet d'un v&#233;ritable travail d'amendement de la part des parlementaires&#8230; k&#233;nyans. Les &#233;lus fran&#231;ais n'ont pas ce privil&#232;ge &#8211;&#160;et ne le r&#233;clament d'ailleurs pas, &#224; quelques rares exceptions. L'opinion publique k&#233;nyane a en effet &#233;t&#233; &#233;chaud&#233;e par des exactions impunies commises par les soldats britanniques, qui disposent d'une &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Kenya-les-Johnnies-ne-sont-plus-en-terrain-conquis&#034;&gt;base dans le pays&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Kenya, qui a ratifi&#233; l'accord de d&#233;fense avec la France en m&#234;me temps que quatre autres accords (avec la R&#233;publique tch&#232;que, la Chine, l'&#201;thiopie et le Zimbabwe), il s'agit surtout de diversifier ses partenaires alors que les troupes anglaises ont mauvaise presse et que la relation avec les &#201;tats-Unis est jug&#233;e impr&#233;visible. Il s'agit peut-&#234;tre &#233;galement de monnayer, comme &#224; Djibouti, une position maritime strat&#233;gique convoit&#233;e par des puissances militaires &#233;trang&#232;res. L'Italie et l'Allemagne sont &#233;galement sur les rangs pour des accords similaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bon filon de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre contre le terrorisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es auparavant, en 2010, la France avait d&#233;j&#224; discr&#232;tement coop&#233;r&#233;&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Guisnel, &#171;&#160;Comment les Fran&#231;ais aident le Kenya dans son offensive en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; avec le Kenya pour le soutenir dans ses op&#233;rations men&#233;es contre les Shebabs en Somalie. La &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre contre le terrorisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; explique en effet nombre de rapprochements op&#233;r&#233;s avec certains pays, &#224; deux p&#233;riodes diff&#233;rentes. D'abord sous Hollande&#160;: alors que le passage de l'op&#233;ration Serval (au Mali) &#224; l'op&#233;ration Barkhane (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad) en 2014 annonce d&#233;j&#224; une forme d'enlisement, le pr&#233;sident fran&#231;ais pr&#233;tend &#233;tendre la zone d'op&#233;ration des arm&#233;es fran&#231;aises et propose ses services au Nigeria d&#232;s 2015. D&#233;but&#160;2016, il se rend &#224; Abuja et &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;se pose en parrain militaire de la lutte contre Boko Haram&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, selon &lt;i&gt;Le Monde&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cyril Bensimon, &#171;&#160;&#192; Abuja, Fran&#231;ois Hollande se pose en parrain militaire de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt;. L'organisation djihadiste menace &#233;galement le Niger et le Tchad, o&#249; l'arm&#233;e fran&#231;aise est pr&#233;sente (ainsi que le Cameroun, un autre pays de son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233; carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;). La France fournit du renseignement a&#233;rien et satellitaire au Nigeria, ainsi que des formations men&#233;es par la Direction du renseignement militaire (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DRM&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril de la m&#234;me ann&#233;e, le ministre de la D&#233;fense, Jean-Yves Le Drian, fait &#224; son tour le voyage pour signer une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lettre d'intention&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en vue d'un futur accord de coop&#233;ration militaire, qui doit &#233;galement inclure &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la lutte contre l'ins&#233;curit&#233; maritime&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; dans le golfe de Guin&#233;e (o&#249; la production p&#233;troli&#232;re est importante). &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La France a une grande influence sur tous les pays&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; francophones de la r&#233;gion, d&#233;clare son homologue nig&#233;rian pour expliquer la signature de l'accord. Il s'agit aussi d'aplanir les difficult&#233;s de fonctionnement de la Force multinationale mixte (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMM&lt;/span&gt;), qui rassemble les pays frontaliers pour combattre Boko Haram et que la France voudrait voir renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il est &#233;galement question de ventes d'armes&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;On va les aider &#224; identifier leurs besoins et les proc&#233;dures d'acquisition&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, expliquait une source fran&#231;aise &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFP&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les forces nig&#233;rianes ont souvent eu des probl&#232;mes pour se procurer du mat&#233;riel, notamment en raison de [leur] mauvaise r&#233;putation en mati&#232;re de respect des droits de l'homme et de probl&#232;mes de corruption&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, commente alors le journaliste Laurent Lagneau dans Opex360.com&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;La France et le Nig&#233;ria renforcent leur coop&#233;ration militaire&#160;&#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. La France, qui m&#232;ne une op&#233;ration maritime permanente dans le golfe de Guin&#233;e (op&#233;ration Corymbe), a par la suite men&#233; quelques exercices conjoints avec le Nigeria et fait du pays son deuxi&#232;me client d'armes dans la r&#233;gion (derri&#232;re le S&#233;n&#233;gal), mais l'accord de partenariat en mati&#232;re de d&#233;fense n'a pas abouti.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;R&#233;articuler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; hors du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233; carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me phase commence avec le d&#233;part contraint de l'arm&#233;e fran&#231;aise d'un certain nombre de pays subsahariens (le Mali en 2022, le Burkina Faso et le Niger en 2023, le S&#233;n&#233;gal et le Tchad en 2025). La France tente alors de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;articuler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; son dispositif militaire africain et de redonner davantage d'importance &#224; la coop&#233;ration militaire afin de compenser la diminution de ses forces pr&#233;sentes sur des bases ou en opex (op&#233;ration ext&#233;rieure). D&#233;sormais, elle offre ses services &#224; davantage de pays menac&#233;s par le djihadisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Ghana, la coop&#233;ration militaire est rest&#233;e limit&#233;e &#224; la formation au maintien de la paix et &#224; l'enseignement du fran&#231;ais. Avec le Nigeria, en revanche, elle a &#233;t&#233; remise au go&#251;t du jour. Le nouveau pr&#233;sident nig&#233;rian Bola Tinubu et son homologue fran&#231;ais se sont rapproch&#233;s &#224; l'occasion des putschs au Sahel, les deux ayant appuy&#233; le &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Niger-le-pari-risque-de-la-Cedeao&#034;&gt;projet d'intervention militaire de la Cedeao&lt;/a&gt; apr&#232;s le renversement de Mohamed Bazoum au Niger, en 2023. Lors de la tentative de coup d'&#201;tat au B&#233;nin en d&#233;cembre&#160;2025, la France est intervenue militairement en concertation avec le Nigeria, qui a pilonn&#233; le camp des mutins gr&#226;ce &#224; du renseignement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident nig&#233;rian, qui craint visiblement une d&#233;stabilisation dans un contexte s&#233;curitaire tr&#232;s d&#233;grad&#233;, ne cesse de lancer des appels &#224; l'aide. En janvier&#160;2026, le g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais Pascal Ianni, patron du Commandement pour l'Afrique (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPA&lt;/span&gt;), a &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Abuja, suivi en avril par le chef d'&#233;tat-major particulier du pr&#233;sident Macron. La lutte contre Boko Haram dans le nord du pays rel&#232;ve toujours de la coop&#233;ration avec les Britanniques et les &#201;tats-Uniens, et reste marqu&#233;e par des crimes de guerre &#233;pouvantables commis par les forces nig&#233;rianes. Mais &#224; l'ouest, les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises m&#232;nent avec les forces nig&#233;rianes et b&#233;ninoises &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des op&#233;rations coordonn&#233;es le long de la fronti&#232;re entre les deux pays. Elles visent en particulier les leaders du groupe Ansaru, affili&#233; &#224; Aqmi&#160;[Al-Qaeda au Maghreb islamique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, selon &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt;&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Elie de Rohan Chabot, Thibaut Lanchon, Maxime Paszkowiak, &#171;&#160;Comment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Le Nigeria a &#233;galement &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;octroy&#233; un droit de survol de son territoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; pour permettre &#224; la France de lui fournir du renseignement a&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une extension limit&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si elle se d&#233;veloppe dans les pays non francophones, la coop&#233;ration militaire fran&#231;aise peine n&#233;anmoins &#224; se tailler une place significative aux c&#244;t&#233;s des partenariats militaires d&#233;j&#224; existants et parfois anciens, conclus avec d'autres anciennes puissances coloniales, ou avec les &#201;tats-Unis, la Russie, la Chine et d&#233;sormais la Turquie. Cette coop&#233;ration pour l'heure limit&#233;e ne lui permet pas d'exercer une influence, voire de cr&#233;er des situations de d&#233;pendance comparables &#224; celles qui ont exist&#233; ou qui persistent encore dans certains pays francophones, ni de s'ing&#233;rer dans des conflits ou des crises politiques internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est &#233;galement visible dans la r&#233;partition des coop&#233;rants militaires sur le continent. Quelques-uns sont d&#233;tach&#233;s dans des &#233;coles militaires de pays non francophones, mais parmi les dix-sept &#201;coles nationales &#224; vocation r&#233;gionale (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENVR&lt;/span&gt;) qui d&#233;pendent de la Direction de la coop&#233;ration de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DCSD&lt;/span&gt;) et que la France a implant&#233;es en Afrique depuis les ann&#233;es&#160;1990, aucune n'est situ&#233;e hors des pays francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le missilier &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MBDA&lt;/span&gt; et le droniste Delair, appuy&#233;s par le groupe parapublic fran&#231;ais D&#233;fense Conseil International (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DCI&lt;/span&gt;), la Direction g&#233;n&#233;rale de l'armement (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DGA&lt;/span&gt;) et la Direction g&#233;n&#233;rale des relations internationales et de la strat&#233;gie (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DGRIS&lt;/span&gt;), poussent conjointement &#224; la cr&#233;ation d'une acad&#233;mie de drones &#224; Gaborone&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Les fran&#231;ais MBDA et Delair veulent implanter une &#233;cole de drones &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, la capitale botswanaise, qui serait destin&#233;e, selon &lt;i&gt;Africa Intelligence,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aussi bien &#224; la Botswana Defence Force (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BDF&lt;/span&gt;) [&#8230;] qu'aux forces de police et de maintien de l'ordre [&#8230;] en provenance du Botswana, mais aussi des pays voisins, tels que l'Afrique du Sud, l'Angola, le Malawi, le Mozambique, la Namibie et la Zambie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Mais, pour l'heure, il reste bien une sp&#233;cificit&#233; du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233; carr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en mati&#232;re de coop&#233;ration militaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La France en &#201;gypte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;a href=&#034;https://eg.diplomatie.gouv.fr/fr/relations-bilaterales/la-cooperation-militaire-et-de-defense&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La coop&#233;ration militaire et de d&#233;fense&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le pr&#233;sident angolais Jo&#227;o Louren&#231;o&#160;: accordons &#8220;le b&#233;n&#233;fice du doute&#8221; &#224; Kabila&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RFI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 31&#160;mais&#160;2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Th&#233;o Noguera, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Comment Jo&#227;o Louren&#231;o choisit avec soin ses attach&#233;s de d&#233;fense &#224; l'&#233;tranger&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt;, 28&#160;avril&#160;2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Post de l'ambassade de France en Angola, 11&#160;mars&#160;2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Justine Brabant, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#201;thiopie&#160;: le double jeu de la France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 24&#160;juin&#160;2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Accord de d&#233;fense&#160;: la balle est dans le camp de Paris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt;, 13&#160;mai&#160;2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean Guisnel, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Comment les Fran&#231;ais aident le Kenya dans son offensive en Somalie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 25&#160;octobre&#160;2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Cyril Bensimon, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#192; Abuja, Fran&#231;ois Hollande se pose en parrain militaire de la lutte contre Boko Haram&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 15&#160;mai&#160;2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La France et le Nig&#233;ria renforcent leur coop&#233;ration militaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Opex360.com, 29&#160;avril&#160;2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Pierre-Elie de Rohan Chabot, Thibaut Lanchon, Maxime Paszkowiak, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Comment Paris soutient Abuja et Cotonou contre les groupes djihadistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt;, 27&#160;avril&#160;2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les fran&#231;ais &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MBDA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et Delair veulent implanter une &#233;cole de drones &#224; Gaborone&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Africa Intelligence&lt;/i&gt;, 10&#160;avril&#160;2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; Cannes, les films africains cherchent leur place</title>
		<link>https://afriquexxi.info/A-Cannes-les-films-africains-cherchent-leur-place</link>
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		<dc:date>2026-05-22T12:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La R&#233;daction</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject> Esclavage </dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ditorial</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo</dc:subject>
		<dc:subject>Somaliland</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette semaine dans la lettre hebdomadaire&#160;: la place des films africains dans le palmar&#232;s mondial, Le Cas Bugeaud, de Colette Zytnicki, la mort d'&#201;tienne Davignon, probable dernier t&#233;moin de l'assassinat de Patrice Lumumba et de ses camarades... Et les articles de la semaine. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DITO&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CANNES&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FILMS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFRICAINS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHERCHENT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LEUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PLACE&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Marine Jeannin &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Festival de Cannes s'ach&#232;ve ce week-end, sans avoir vraiment r&#233;pondu &#224; une question r&#233;currente&#160;: quelle place le plus grand&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette semaine dans la lettre hebdomadaire&#160;: la place des films africains dans le palmar&#232;s mondial, &lt;i&gt;Le Cas Bugeaud&lt;/i&gt;, de Colette Zytnicki, la mort d'&#201;tienne Davignon, probable dernier t&#233;moin de l'assassinat de Patrice Lumumba et de ses camarades... Et les articles de la semaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DITO&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CANNES&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FILMS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFRICAINS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHERCHENT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LEUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PLACE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Marine Jeannin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Festival de Cannes s'ach&#232;ve ce week-end, sans avoir vraiment r&#233;pondu &#224; une question r&#233;currente&#160;: quelle place le plus grand rendez-vous mondial du cin&#233;ma r&#233;serve-t-il aux films africains&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour cette 79&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;&#233;dition, la pr&#233;sence du continent aura, une nouvelle fois, &#233;t&#233; marginale parmi une s&#233;lection pourtant riche d'une soixantaine de films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e aura pourtant apport&#233; quelques symboles. L'actrice franco-malienne Eye Ha&#239;dara est devenue la premi&#232;re femme noire &#224; pr&#233;senter les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et de cl&#244;ture de l'&#233;v&#232;nement. Le jury de la Palme d'or comptait &#233;galement deux acteurs africains, l'Ivoirien-&#201;tats-unien Isaach de Bankol&#233; et l'Irlando-&#201;thiopienne Ruth Negga. Mais derri&#232;re cette maigre visibilit&#233; institutionnelle, aucun film africain n'&#233;tait en comp&#233;tition officielle, et la r&#233;compense supr&#234;me du festival, la Palme d'Or, ne reviendra pas, cette ann&#233;e non plus, &#224; un cin&#233;aste du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence s'explique en partie par le calendrier des festivals internationaux, plusieurs cin&#233;astes africains majeurs ayant r&#233;serv&#233; leurs nouveaux films &#224; d'autres comp&#233;titions. &lt;i&gt;Dao,&lt;/i&gt;&#160;d'Alain Gomis (voir notre billet &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Benin-Patrice-Talon-et-le-match-amical-pour-sa-succession&#034;&gt;dans notre lettre n&#176;&#160;223&lt;/a&gt; du 10&#160;avril), et &lt;i&gt;&#192; voix basse&lt;/i&gt;, de Leyla Bouzid, &#233;taient ainsi pr&#233;sent&#233;s en comp&#233;tition officielle &#224; la Berlinale en f&#233;vrier, de m&#234;me que &lt;i&gt;Soumsoum, la nuit des astres&lt;/i&gt;,&#160;de Mahamat Saleh Haroun, qui a re&#231;u le prix Fipresci (le prix de la critique internationale du festival de Cannes) du meilleur film. &#192; la Mostra de Venise, en septembre&#160;2025, la r&#233;alisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania avait re&#231;u le Lion d'argent pour son documentaire &lt;i&gt;The Voice of Hind Rajab&lt;/i&gt;, consacr&#233; aux travailleurs du Croissant-Rouge palestinien. Reste qu'&#224; Cannes la pr&#233;sence africaine demeure l'exception plut&#244;t que la norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Festival est cependant jalonn&#233;e de quelques (rares) r&#233;ussites africaines. Les premiers cin&#233;astes du continent foulent le tapis rouge d&#232;s les ann&#233;es&#160;1960, avec &lt;i&gt;La Noire de&#8230;&lt;/i&gt;&#160;(1966), d'Ousmane Semb&#232;ne, consid&#233;r&#233; comme le premier long m&#233;trage d'Afrique subsaharienne s&#233;lectionn&#233; &#224; Cannes. Il est suivi en 1971 par Sarah Maldoror avec &lt;i&gt;Monangamb&#233;e&lt;/i&gt;&#160;(1968), puis par Djibril Diop Mamb&#233;ty et son film culte &lt;i&gt;Touki Bouki&lt;/i&gt;&#160;(1973), prim&#233; par la critique internationale et devenu une &#339;uvre majeure du cin&#233;ma mondial. Et en 1975, &lt;i&gt;Chroniques des ann&#233;es de braise&lt;/i&gt;, de l'Alg&#233;rien Mohamed Lakhdar Hamina, remporte la Palme d'or, la seule africaine de toute l'histoire du Festival de Cannes &#224; ce jour. En 1987, Souleymane Ciss&#233; re&#231;oit le Prix du jury pour &lt;i&gt;Yeelen&lt;/i&gt;, premi&#232;re grande distinction pour un cin&#233;aste d'Afrique subsaharienne en comp&#233;tition officielle, exploit r&#233;it&#233;r&#233; en 2010 par le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun avec &lt;i&gt;Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse&lt;/i&gt;. Le cin&#233;aste &#233;gyptien Youssef Chahine a lui &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233; sept fois &#224; Cannes, dont quatre fois en comp&#233;tition officielle, et a re&#231;u en 1997 le Prix du cinquantenaire du festival pour l'ensemble de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il faut attendre 2019 pour que la r&#233;alisatrice franco-s&#233;n&#233;galaise Mati Diop, qui entre en comp&#233;tition officielle avec &lt;i&gt;Atlantique,&lt;/i&gt; devienne la premi&#232;re femme noire africaine &#224; obtenir le Grand Prix du festival. Entre ces jalons en forme de pointill&#233;s, les cin&#233;mas africains peinent toujours &#224; s'imposer dans la s&#233;lection officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi les amateurs ont-ils pris l'habitude de se consoler avec les sections parall&#232;les, moins expos&#233;es m&#233;diatiquement. Cette ann&#233;e, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un Certain Regard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, consacr&#233; aux voix &#233;mergentes, comptait trois films africains. Le jury, pr&#233;sid&#233; par l'actrice fran&#231;aise d'origine alg&#233;rienne Le&#239;la Bekhti, incluait aussi la r&#233;alisatrice s&#233;n&#233;galaise Ang&#232;le Diabang. On y retrouvait notamment&#160;&lt;i&gt;Congo Boy,&lt;/i&gt;&#160;de Rafiki Fariala, premi&#232;re participation centrafricaine &#224; Cannes, autofiction inspir&#233;e de son exp&#233;rience d'immigr&#233; congolais en Centrafrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre film remarqu&#233;, &lt;i&gt;La M&#225;s Dulce&lt;/i&gt;&#160;(Les Fraises), de la r&#233;alisatrice marocaine La&#239;la Marrakchi, sur l'exploitation des travailleuses saisonni&#232;res marocaines en Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Et &lt;i&gt;Ben'Imana&lt;/i&gt;,&#160;de la Rwandaise Marie-Cl&#233;mentine Dusabejambo, coproduit avec le Gabon et la C&#244;te d'Ivoire, en lice pour la Cam&#233;ra d'or, qui explore le Rwanda post-g&#233;nocide &#224; travers la figure d'une survivante tutsie engag&#233;e dans les tribunaux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la section &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quinzaine des cin&#233;astes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les fr&#232;res Chuko Esiri et Arie Esiri rappellent &#233;galement l'existence d'un cin&#233;ma d'auteur nig&#233;rian, hors de l'industrie ultra-populaire&#160;&#8211; et rentable&#160;&#8211; des soaps nollywoodiens, en transposant dans &lt;i&gt;Clarissa&lt;/i&gt; l'intrigue du roman de Virginia Woolf, &lt;i&gt;Mrs Dalloway&lt;/i&gt;&#160;(1925), dans la haute soci&#233;t&#233; contemporaine de Lagos, marqu&#233;e par un syst&#232;me de castes toujours puissant, le pass&#233; colonial et la menace terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est important que l'Afrique soit pr&#233;sente &#224; Cannes&lt;/i&gt;,&#160;interpellait Mahamat-Saleh Haroun en 2013, &#224; l'occasion de la pr&#233;sentation de son film &lt;i&gt;Grigris&lt;/i&gt;,&#160;en comp&#233;tition officielle. &lt;i&gt;Et il faut que l'on se batte pour faire des films importants. Le cin&#233;ma a besoin d'Afrique, et l'Afrique a besoin de ces rendez-vous importants comme Cannes, parce que nos films sont d&#233;j&#224; invisibles. Il n'y a pas de circuits de distribution, pas de visibilit&#233; dans notre propre continent.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette sous-repr&#233;sentation persistante, des initiatives ind&#233;pendantes tentent d'ouvrir d'autres espaces de visibilit&#233;. &#192; Cannes m&#234;me, le Festival international du film panafricain, fond&#233; et pr&#233;sid&#233; par l'entrepreneur culturel d'origine camerounaise Eitel Basile Ngangue, organise chaque automne une programmation parall&#232;le. Dans la capitale, la deuxi&#232;me &#233;dition du Paris Ivoire Cin&#233;ma, initi&#233; par l'animatrice de t&#233;l&#233;vision ivoirienne Sonia Guiza, est attendue du 29&#160;au 31&#160;mai. Autant de contre-espaces qui rappellent que le cin&#233;ma africain, malgr&#233; sa vitalit&#233; et quelques victoires, continue de chercher sa pleine reconnaissance dans les lieux o&#249; se fabrique encore la l&#233;gitimit&#233; mondiale du septi&#232;me art.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a class=&#034;dbox-donation-button&#034; style=&#034;background: #008040 url(https://donorbox.org/images/white_logo.svg) no-repeat 45px; color: #fff; text-decoration: none; font-family: Verdana,sans-serif; display: inline-block; font-size: 16px; padding: 15px 45px; padding-left: 70px; border-radius: 8px;&#034; href=&#034;https://donorbox.org/afrique-xxi&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAIS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DON&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LIRE&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALG&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RIE&lt;/span&gt;. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CAS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BUGEAUD&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HISTOIRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VIOLENCE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COLONIALE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Rouchdi Berrahma&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/Algerie-Le-Cas-Bugeaud-une-histoire-de-violence-coloniale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article paru dans &lt;i&gt;Orient &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3392 spip_documents spip_documents_left'
style=&#034;max-width:320px;&#034; data-w=&#034;320&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/83_9791021054943_1_75.jpg' arial-label=&#034;&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;600&#034; data-photo-h=&#034;890&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:148.33333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;!--[if IE 9]&gt;&lt;video style='display: none;'&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;source srcset='local/cache-responsive/cache-320/73f4bdc01243d0ec5c8bd3803e2a6ca4.jpg?1779454747 1x,local/cache-responsive/cache-600/73f4bdc01243d0ec5c8bd3803e2a6ca4.jpg?1779454747 2x' type='image/jpeg'&gt;&lt;source srcset='local/cache-responsive/cache-320/73f4bdc01243d0ec5c8bd3803e2a6ca4.jpg.webp?1779454747 1x,local/cache-responsive/cache-600/73f4bdc01243d0ec5c8bd3803e2a6ca4.jpg.webp?1779454747 2x' type='image/webp'&gt;&lt;!--[if IE 9]&gt;&lt;/video&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L320xH475/73f4bdc01243d0ec5c8bd3803e2a6ca4-e4d02.jpg?1779454747' alt='' data-src='IMG/jpg/83_9791021054943_1_75.jpg' data-l='600' data-h='890' data-tailles='[\&#034;320\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' width='320' height='475' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/colonisation-bugeaud-peut-bien-tomber-de-haut,3973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le mar&#233;chal Thomas-Robert Bugeaud&lt;/a&gt; (1784-1849) demeure largement per&#231;u comme l'un des plus brutaux artisans de la &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/algerie-retour-sur-une-invasion-coloniale,7975&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;conqu&#234;te coloniale&lt;/a&gt; et comme une figure associ&#233;e aux violences et aux &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/algerie-les-enfumades-du-dahra-au-dela-du-recit-colonial,8073&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;enfumades&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;. En France, son nom continue de susciter d&#233;bats et controverses&#160;: h&#233;ros militaire pour certains, symbole d'une domination impitoyable pour d'autres. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette fracture m&#233;morielle entre les deux rives de la M&#233;diterran&#233;e que l'historienne Colette Zytnicki analyse dans &lt;i&gt;Le Cas Bugeaud. Les violences de la conqu&#234;te coloniale en Alg&#233;rie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'historienne a choisi de se pencher de nouveau sur une figure d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sente dans l'historiographie, c'est d'abord en raison d'une singularit&#233; politique&#160;: Bugeaud est rest&#233; gouverneur g&#233;n&#233;ral de l'Alg&#233;rie de 1841 &#224; 1847, bien plus longtemps que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Cette long&#233;vit&#233; interroge&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pourquoi une telle dur&#233;e au pouvoir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela supposait de ne pas se limiter &#224; son action en Alg&#233;rie, mais de s'int&#233;resser aussi &#224; ses rapports avec le pouvoir politique en France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bugeaud n'est pas seulement un homme de terrain. Il est un acteur central du r&#233;gime de Louis-Philippe, capable de composer avec la presse, le Parlement et les &#233;quilibres politiques m&#233;tropolitains. Sa carri&#232;re alg&#233;rienne ne peut &#234;tre dissoci&#233;e de son r&#244;le en France, notamment de celui d'homme d'ordre marqu&#233; par la r&#233;pression sanglante de la rue Transnonain le 14&#160;avril&#160;1834, ce massacre de civils effectu&#233; dans un immeuble de l'actuelle rue Beaubourg par des troupes du roi Louis-Philippe lors d'un mouvement populaire &#224; Paris. Douze personnes y trouvent la mort. Une lithographie d'Honor&#233; Daumier, qui repr&#233;sente le massacre, va faire de cet &#233;v&#232;nement un exemple de la r&#233;pression sous la Monarchie de Juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;cit officiel fran&#231;ais, Bugeaud fut longtemps pr&#233;sent&#233; comme l'homme qui aurait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pacifi&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l'Alg&#233;rie. Une pacification qui, dans les faits, signifiait la mise en &#339;uvre d'une guerre totale. Gouverneur g&#233;n&#233;ral, il re&#231;oit une mission sans ambigu&#239;t&#233;&#160;: vaincre militairement avant toute installation coloniale durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reddition de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/pour-une-statue-a-la-gloire-de-l-emir-abd-el-kader-a-paris,1985&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mir Abd El-Kader&lt;/a&gt; en 1847, c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; Paris comme un triomphe national, fut v&#233;cue en Alg&#233;rie comme l'aboutissement d'une guerre asym&#233;trique. Pour les populations locales, cette victoire signifiait l'&#233;crasement d'une r&#233;sistance politique et sociale, obtenue par des m&#233;thodes qui visaient non seulement les combattants, mais l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et ses structures. Zytnicki le rappelle&#160;: cette guerre est men&#233;e en pleine conscience.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Bugeaud et ses officiers savaient ce qu'ils faisaient. Ils pouvaient parfois avoir des scrupules, des remords, mais ils justifiaient toujours leurs m&#233;thodes par la n&#233;cessit&#233; de combattre l'influence d'Abd El-Kader et la r&#233;sistance alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;moire alg&#233;rienne, le nom de Bugeaud est indissociable des razzias, des d&#233;placements forc&#233;s, de la destruction syst&#233;matique de villages et de la confiscation des terres. L'objectif n'est pas seulement de vaincre, mais de briser. En d&#233;truisant les moyens de subsistance, en frappant les civils, en imposant des repr&#233;sailles collectives, l'arm&#233;e coloniale cherche &#224; rendre toute r&#233;sistance impossible. Cette violence transforme des habitants en sujets domin&#233;s, priv&#233;s de leurs terres, de leurs rep&#232;res et de leur autonomie. Ce que l'on dit moins, souligne l'historienne, c'est que la conqu&#234;te passe aussi par la soumission des &#233;lites locales&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il n'y a pas de conqu&#234;te sans ralliement d'une partie des &#233;lites aux conqu&#233;rants. La confiscation de leur pouvoir et leur mise au service de l'ordre colonial sont un &#233;l&#233;ment central du syst&#232;me.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Bugeaud, la violence n'est ni accidentelle ni marginale. Elle est pens&#233;e, assum&#233;e et justifi&#233;e. Si Zytnicki se montre prudente sur le terme de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;th&#233;orisation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, elle insiste sur une &#233;vidence&#160;: la violence est con&#231;ue comme un instrument politique. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il ne s'agit pas d'une d&#233;rive. La guerre totale, incluant les populations civiles, est per&#231;ue comme le seul moyen de vaincre la r&#233;sistance.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Bugeaud voit dans l'arm&#233;e un outil global&#160;: d&#233;fense ext&#233;rieure, r&#233;pression int&#233;rieure, mais aussi instrument de colonisation agricole. Son projet repose sur l'installation de soldats-colons dans des villages cr&#233;&#233;s &#224; partir des ann&#233;es&#160;1840, vision qui entre d'ailleurs en conflit avec celle des colons civils et du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage d&#233;montre &#233;galement que les m&#233;thodes exp&#233;riment&#233;es en Alg&#233;rie ont ensuite irrigu&#233; la r&#233;pression des r&#233;voltes sociales en m&#233;tropole, r&#233;v&#233;lant une continuit&#233; profonde entre guerre coloniale et maintien de l'ordre int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, sa figure de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;h&#233;ros colonial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; conna&#238;t son apog&#233;e sous la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;R&#233;publique et le r&#233;gime de Vichy, au moment o&#249; l'Empire est exalt&#233;. En Alg&#233;rie, le d&#233;bapt&#234;me imm&#233;diat de la place Bugeaud &#224; Alger apr&#232;s l'ind&#233;pendance, renomm&#233;e place de l'&#201;mir-Abd El-Kader, ne fut pas un simple geste symbolique. Il signifiait le refus de c&#233;l&#233;brer un homme associ&#233; aux massacres et &#224; la spoliation. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La m&#233;moire n'a pas suivi la m&#234;me trajectoire des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; souligne l'historienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir sur Bugeaud, ce n'est pas juger le pass&#233; avec les yeux du pr&#233;sent. C'est reconna&#238;tre que la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie s'est faite contre un peuple, et non sur un territoire vide. C'est nommer la violence l&#224; o&#249; elle fut longtemps dissimul&#233;e derri&#232;re le vocabulaire de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pacification&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'ouvrage met ainsi en lumi&#232;re un pass&#233; colonial qui continue d'interroger le pr&#233;sent. Car, pour Colette Zytnicki, l'enjeu est clair&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Relire les sources, relire les d&#233;bats, confronter les m&#233;moires, c'est tenter de trouver une voie lucide et apais&#233;e entre la France et l'Alg&#233;rie, qui ont en commun ce pass&#233;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire&#160;: Colette Zytnicki, Le Cas Bugeaud. Les violences de la conqu&#234;te coloniale en Alg&#233;rie, &#201;ditions Tallandier, 2026, 336 pages, 22,90 euros.&lt;/strong&gt;
&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOS&lt;/span&gt; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRANS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RADARS&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPOIRS&lt;/span&gt; D'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PROC&lt;/span&gt;&#200;S &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POUR&lt;/span&gt; L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ASSASSINAT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PATRICE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LUMUMBA&lt;/span&gt; S'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AMENUISENT&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte belge &#201;tienne Davignon est mort ce lundi 18&#160;mai, &#224; 93 ans. Il &#233;tait le dernier survivant parmi les dix responsables belges &#8211; agents de renseignement, diplomates ou militaires &#8211; vis&#233;s par une plainte d&#233;pos&#233;e en 2011 &#224; Bruxelles par la famille Lumumba, pour leur implication suppos&#233;e dans l'assassinat du h&#233;ros de l'ind&#233;pendance congolaise et de ses camarades (Maurice Mpolo, Joseph Okito et Christophe Muzungu) en 1961. Avec la mort de Davignon s'&#233;teignent donc les derniers espoirs d'un proc&#232;s dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un portrait publi&#233; dans &lt;i&gt;Afrique&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; l'an dernier, Colette Braeckman rappelait le parcours de l'un des hommes les plus influents de ces derni&#232;res d&#233;cennies en Belgique. En 1960, au moment du renversement de Patrice Lumumba, Davignon &#233;tait stagiaire &#224; l'ambassade de Belgique &#224; Kinshasa. Selon le parquet, Davignon avait alors eu connaissance du projet d'assassinat de Lumumba, ex&#233;cut&#233; par les s&#233;cessionnistes katangais&#160;&#8211; avec l'aide des &#201;tats-Unis, de la Belgique et de Mobutu Sese Seko&#160;&#8211;, ce qu'il a toujours ni&#233;. Cela n'a pas entach&#233; le reste de sa carri&#232;re. Il deviendra en effet un diplomate de premier plan, vice-pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne puis un homme d'affaires prosp&#232;re&#8230; pendant que le Congo s'enfon&#231;ait dans la dictature de Mobutu. &lt;strong&gt;T.B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; relire&#160;: &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Etienne-Davignon-dernier-temoin-du-meurtre-de-Lumumba-et-mentor-du-roi-Baudouin&#034;&gt;&#201;tienne Davignon, dernier t&#233;moin du meurtre de Lumumba et mentor du roi Baudouin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARTICLES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SEMAINE&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Les-espoirs-et-les-craintes-du-Somaliland-apres-la-reconnaissance-d-Israel&#034;&gt;Les espoirs et les craintes du Somaliland apr&#232;s la reconnaissance d'Isra&#235;l&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Reportage &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; La d&#233;claration de Tel&#160;Aviv, en 2025, a raviv&#233; l'espoir de Hargeisa de voir un afflux d'investissements &#233;trangers. Sur le terrain, l'optimisme se heurte aux fragilit&#233;s du territoire et &#224; l'incertitude suscit&#233;e par la guerre en Iran. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Th&#233;ophile Simon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Esclavage-Les-femmes-et-les-enfants-d-abord&#034;&gt;Esclavage. Les femmes et les enfants d'abord&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Histoire &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; En revenant sur les meurtres de plus de 130&#160;esclaves transport&#233;s &#224; bord du Zorg en 1781, l'essayiste Siddarth Kara livre un r&#233;cit terrible sur la traite n&#233;gri&#232;re. L'ancienne garde des Sceaux fran&#231;aise Christiane Taubira en signe la pr&#233;face, vingt-cinq ans apr&#232;s l'adoption de sa loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanit&#233;. Et alors que la France s'est abstenue en mars de voter un texte de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; reconnaissant ceux-ci comme &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les plus graves crimes contre l'humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;..&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Nicolas Michel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/IShowSpeed-ou-l-ecriture-mondialisee-de-l-Afrique-en-direct&#034;&gt;IShowSpeed ou l'&#233;criture mondialis&#233;e de l'Afrique en direct&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Analyse &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; En janvier, le c&#233;l&#232;bre influenceur &#233;tats-unien d'origine ghan&#233;enne a parcouru vingt&#160;pays africains en vingt-huit&#160;jours. &#192; travers ses d&#233;fis, diffus&#233;s en direct, le performeur agit comme un miroir aupr&#232;s des internautes du continent, qui l'ont massivement suivi. La r&#233;alit&#233;, derri&#232;re la cam&#233;ra, est tr&#232;s diff&#233;rente du sc&#233;nario mais offre &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; une forme de r&#233;paration symbolique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Juliette Refl&#233;, Aline Nanko Samak&#233; et Patrick Belinga Ondoua&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Comment-lutter-contre-la-corruption-en-Afrique&#034;&gt;Comment lutter contre la corruption en Afrique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Podcast-Vid&#233;o &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Dirigeant dans l'un des plus grands &#233;tablissements bancaires de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo de 2012 &#224; 2016, Jean-Jacques Lumumba est devenu l'un des lanceurs d'alerte les plus connus du continent africain en r&#233;v&#233;lant les d&#233;tournements de fonds massif de la famille Kabila.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Michael Pauron&lt;/strong&gt;
&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENGLISH&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Somaliland-s-hopes-and-fears-after-recognition-by-Israel&#034;&gt;Somaliland's hopes and fears after recognition by Israel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Report &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Tel Aviv's declaration in 2025 rekindled hopes in Hargeisa of an influx of foreign investment. On the ground, however, optimism is colliding with the territory's fragilities and the uncertainty created by the war in Iran.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;By Th&#233;ophile Simon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>IShowSpeed ou l'&#233;criture mondialis&#233;e de l'Afrique en direct</title>
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		<dc:date>2026-05-22T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aline Nanko Samak&#233;, Juliette Refl&#233;, Patrick Belinga Ondoua</dc:creator>


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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>

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&lt;p&gt;En janvier, le c&#233;l&#232;bre influenceur &#233;tats-unien d'origine ghan&#233;enne a parcouru vingt&#160;pays africains en vingt-huit&#160;jours. &#192; travers ses d&#233;fis, diffus&#233;s en direct, le performeur agit comme un miroir aupr&#232;s des internautes du continent, qui l'ont massivement suivi. La r&#233;alit&#233;, derri&#232;re la cam&#233;ra, est tr&#232;s diff&#233;rente du sc&#233;nario mais offre in fine une forme de r&#233;paration symbolique. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la fin du mois de d&#233;cembre 2025, le youtubeur afro-&#233;tats-unien IshowSpeed s'est lanc&#233; un d&#233;fi&#160;: parcourir&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH337/447e11845f8747947c7217853380d1-db3e6.jpg?1779422421' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='337' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En janvier, le c&#233;l&#232;bre influenceur &#233;tats-unien d'origine ghan&#233;enne a parcouru vingt&#160;pays africains en vingt-huit&#160;jours. &#192; travers ses d&#233;fis, diffus&#233;s en direct, le performeur agit comme un miroir aupr&#232;s des internautes du continent, qui l'ont massivement suivi. La r&#233;alit&#233;, derri&#232;re la cam&#233;ra, est tr&#232;s diff&#233;rente du sc&#233;nario mais offre &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; une forme de r&#233;paration symbolique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la fin du mois de d&#233;cembre 2025, le youtubeur afro-&#233;tats-unien IshowSpeed&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sa cha&#238;ne ici.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; s'est lanc&#233; un d&#233;fi&#160;: parcourir vingt pays africains en vingt-huit jours. Du Nouvel An c&#233;l&#233;br&#233; en Afrique du Sud au d&#233;nouement de la Coupe d'Afrique des nations au Maroc, le streamer a travers&#233; le continent &#224; un rythme effr&#233;n&#233; avec une ambition&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Montrer au monde ce qu'est l'Afrique.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tourn&#233;e permet au jeune homme de 21&#160;ans de franchir la barre symbolique des cinquante millions d'abonn&#233;&#8729;es sur YouTube &#8211;&#160;soit pr&#232;s du double des pages sur la m&#234;me plateforme de certaines stars internationales telles que Beyonc&#233;. Car le vid&#233;aste n'en est pas &#224; son coup d'essai&#160;: depuis plusieurs ann&#233;es, il exp&#233;rimente des tourn&#233;es diffus&#233;es en direct pendant des heures, aux &#201;tats-Unis, en Europe ou en Asie du Sud-Est. Dans chacun des pays visit&#233;s, le vid&#233;aste lance des lives sur YouTube, au cours desquels il diffuse en continu ses d&#233;placements, ses rencontres et ses d&#233;fis. Un dispositif qui repose sur une mise en sc&#232;ne de soi, des autres et des villes et des territoires qu'il parcourt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la performance num&#233;rique, ce voyage constitue un moment m&#233;diatique singulier&#160;: rarement un cr&#233;ateur de contenu issu de la culture internet globale aura suscit&#233; une telle mobilisation sur le continent africain et dans les communaut&#233;s afro-diasporiques, &lt;i&gt;online&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;offline&lt;/i&gt;. La vari&#233;t&#233; des exp&#233;riences, la mise en avant de certains lieux, danses, mets et histoires ont provoqu&#233; l'engouement chez nombre d'internautes, en Afrique et ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tour d'Afrique d&#233;colonial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers sont nombreux &#224; pr&#233;senter la tourn&#233;e comme une forme de r&#233;paration symbolique&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le compte Instagram de booska_p ici.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; &#233;voquant m&#234;me un &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tour d'Afrique d&#233;colonial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 28&#160;jours pour d&#233;construire des d&#233;cennies de clich&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. La r&#233;ception d&#233;passe donc le simple divertissement et s'inscrit dans une d&#233;marche de revalorisation qui n'est pas sans rappeler les diverses initiatives afropolitaines qui ont entrepris de reformuler les imaginaires globaux du continent en c&#233;l&#233;brant l'africanit&#233; &#8211; non sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette entreprise de revalorisation est loin d'&#234;tre nouvelle, elle demeure travers&#233;e d'ambivalences&#160;: elle peut reconduire certaines simplifications, produire de nouvelles formes de st&#233;r&#233;otypisation, ou encore s'inscrire dans des logiques de mise en march&#233; de l'image du continent. Dans le cas sp&#233;cifique de Speed, cette tourn&#233;e constitue un observatoire particuli&#232;rement f&#233;cond des mani&#232;res dont l'Afrique est aujourd'hui &#233;crite, lue et fantasm&#233;e &#8211;&#160;&#224; la fois par elle-m&#234;me et par les autres. Loin d'&#234;tre un simple moment folklorique de revalorisation du continent, cette initiative dit aussi beaucoup de la place du continent dans les recompositions globales contemporaines, notamment en mati&#232;re de circulation, de hi&#233;rarchies de mobilit&#233; et de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entreprise singuli&#232;re, &#224; travers ses retomb&#233;es m&#233;diatiques, devient un dispositif de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;miroir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Elle donne &#224; voir une certaine Afrique mise en image, r&#233;fl&#233;chie et amplifi&#233;e dans l'&#233;conomie globale de la visibilit&#233; num&#233;rique. Elle refl&#232;te en m&#234;me temps les asym&#233;tries profondes qui structurent la circulation des corps &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ce face-&#224;-face dans lequel le spectateur est conduit &#224; se voir lui-m&#234;me &#224; travers le regard de l'autre, &#224; la mani&#232;re du mythe de Narcisse, rappelle que se regarder peut devenir une &#233;preuve politique autant qu'une n&#233;cessit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une performativit&#233; volontiers viriliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;placements de l'influenceur peuvent aussi &#234;tre lus sous le prisme du &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rideau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Non pas au sens d'une qu&#234;te du &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sens cach&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; derri&#232;re les apparences &#8211;&#160;perspective dont Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari proposent de se d&#233;marquer&#160;&#8211;, mais en pr&#234;tant attention aux agencements concrets qui ont rendu cette tourn&#233;e possible&#160;: la fabrique de la viralit&#233;, la performance des corps, l'orchestration des d&#233;placements, les formes d'accueil populaires et institutionnelles, l'ambiance politique g&#233;n&#233;rale marqu&#233;e de souverainisme, etc. Dans cette perspective, sa capacit&#233; &#224; engager autant d'internautes &#224; travers le monde, les modalit&#233;s selon lesquelles il choisit de repr&#233;senter les lieux visit&#233;s et les personnes rencontr&#233;es, et les r&#233;actions qu'il suscite informent sur les recompositions des identit&#233;s africaines sur le continent et dans le monde &#8211;&#160;&#224; diff&#233;rentes &#233;chelles et dans diff&#233;rents lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un making-of d'une heure trente, Speed propose un condens&#233; de son tourbillon de d&#233;placements et de diffusions en direct. Le/la spectateur&#8729;rice est t&#233;moin de rencontres culturelles et d'activit&#233;s impressionnantes &#224; travers le continent&#160;: il improvise des chor&#233;graphies dans les rues d'Addis-Abeba, fait des saltos devant les chutes Victoria ou au pied de monuments embl&#233;matiques comme les pyramides de Gizeh, ach&#232;te un faux sac Birkin dans le souk de Marrakech, se fait masser au beurre de karit&#233; par une dizaine de femmes au Ghana, est consacr&#233; roi en C&#244;te d'Ivoire, organise une course contre un gu&#233;pard en Afrique du Sud, d&#233;guste avec enthousiasme les boureks alg&#233;riens, etc.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3394 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/capture_d_ecran_2026-05-21_174404.jpg' arial-label=&#034;IShowSpeed portant les maillots des vingt pays africains travers&#233;s.&#034; title=&#034;IShowSpeed portant les maillots des vingt pays africains travers&#233;s.&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;900&#034; data-photo-h=&#034;1125&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:125%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH200/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0-d4d25.jpg?1779422422' alt='IShowSpeed portant les maillots des vingt pays africains travers&#233;s.' data-src='IMG/jpg/capture_d_ecran_2026-05-21_174404.jpg' data-l='900' data-h='1125' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;},&#034;900&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg?1779422421&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422421&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422421&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422421&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422422&#034;},&#034;900&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422422&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-900\/b99df252cdb5dd4f63dcae82f9f842d0.jpg.webp?1779422422&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='200' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3394 '&gt;&lt;strong&gt;IShowSpeed portant les maillots des vingt pays africains travers&#233;s.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3394 '&gt;&#169; Compte instagram IShowSpeed
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;La cam&#233;ra ne s'arr&#234;te jamais, les s&#233;quences s'encha&#238;nent et sont entrecoup&#233;es par sa marque de fabrique &#8211;&#160;d'une performativit&#233; volontiers viriliste&#160;: les d&#233;fis sportifs avec des anonymes ou des athl&#232;tes nationaux. Toujours escort&#233; dans les rues par plusieurs gardes du corps, une &#233;quipe de vid&#233;astes, un ou plusieurs drones, et quelques facilitateurs locaux, son arriv&#233;e ne passe jamais inaper&#231;ue&#160;: que ce soient des regards interloqu&#233;s de passant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es ou, plus souvent, des attroupements compacts pouvant rassembler jusqu'&#224; plusieurs dizaines de milliers de personnes venues attendre le streamer. De nombreux participant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es cherchent &#224; capter son attention, &#224; appara&#238;tre &#224; l'&#233;cran. Autour de lui, les interactions se multiplient dans une agitation qui va jusqu'&#224; provoquer son malaise sous la pression et la chaleur, tandis que des millions d'internautes suivent la sc&#232;ne en direct.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une spontan&#233;it&#233; contr&#244;l&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable moteur du ph&#233;nom&#232;ne r&#233;side peut-&#234;tre ailleurs&#160;: la d&#233;multiplication algorithmique permise par la cr&#233;ation de formats courts optimis&#233;s pour circuler massivement sur les autres plateformes (Facebook, Instagram, Twitter, TikTok). Chaque exp&#233;rience devient un spectacle lik&#233;, comment&#233; et partag&#233; des millions de fois. Absence apparente de sc&#233;nario, impr&#233;visibilit&#233; revendiqu&#233;e&#160;: l'authenticit&#233; repose pr&#233;cis&#233;ment sur cette spontan&#233;it&#233; contr&#244;l&#233;e. En r&#233;alit&#233;, chaque visite est minutieusement pr&#233;par&#233;e par une &#233;quipe de production qui garde un contr&#244;le tr&#232;s fort sur l'ensemble des d&#233;placements, et donc du contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, IShowSpeed propose un contenu quelque peu d&#233;bonnaire, r&#233;solument divertissant, qui donne &#224; voir une Afrique dynamique, joyeuse, volontaire, qui tranche avec les discours mis&#233;rabilistes des un&#8729;es et l'esth&#233;tique diasporique grandiloquente des autres. Mais loin d'&#234;tre anecdotique, ce registre m&#233;rite d'&#234;tre pris au s&#233;rieux tant il agit sur les narratifs, les repr&#233;sentations et les imaginaires contemporains du continent. Pour celui &#224; qui la nationalit&#233; ghan&#233;enne a symboliquement &#233;t&#233; accord&#233;e au cours du voyage, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'Afrique a chang&#233; sa vie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et la tourn&#233;e &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;a profond&#233;ment transform&#233; sa r&#233;alit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Cette modification de perception du continent est un sentiment largement partag&#233; par les millions de spectateur&#8729;rices qui l'ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;grand tour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; africain de l'influenceur &#233;tats-unien ne constitue pas un &#233;v&#233;nement isol&#233;. Il s'inscrit tout d'abord dans une histoire longue des circulations, de mise en r&#233;cit et de repr&#233;sentations de l'Afrique. Celle-ci remonte aux premi&#232;res entreprises d'exploration et de cartographie du continent, avant de s'intensifier aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cles avec la &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ru&#233;e vers l'Afrique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. &#192; cette &#233;poque, les paysages et les soci&#233;t&#233;s africaines furent majoritairement d&#233;crits &#224; travers des r&#233;cits d'alt&#233;rit&#233;, d'exotisme et de d&#233;couverte, contribuant &#224; fa&#231;onner des imaginaires durablement structur&#233;s par des hi&#233;rarchies coloniales de savoir et de pouvoir. Ces registres n'ont toutefois pas &#233;t&#233; re&#231;us passivement&#160;: ils ont &#233;t&#233;, d&#232;s le milieu du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, moqu&#233;s, contourn&#233;s et parfois renvers&#233;s par des voyageurs africains eux-m&#234;mes, dans des d&#233;marches demeur&#233;es largement marginales, &#224; l'instar de Moshood Adisa Olabisi Ajala, dont les p&#233;riples &#224; travers le monde dans les ann&#233;es 1950-1960 donnent &#224; voir un regard invers&#233; reconfigurant &#224; la fois les repr&#233;sentations de l'Afrique et celles du reste du monde&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#7884;l&#225;b&#237;s&#237; &#192;j&#224;l&#225;, An African Abroad, introduction de T.J.&#160;Mboya, Londre, 1963.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une exp&#233;rience m&#233;diatis&#233;e largement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;liss&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde contemporain, ces formes de circulation se prolongent sous d'autres modalit&#233;s. De nombreux voyageur&#8729;euses et cr&#233;ateur&#8729;rices de contenu entreprennent aujourd'hui des p&#233;riples &#224; travers le continent, souvent document&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous pensons ici aux p&#233;riples de voyageurs asiatiques ou europ&#233;ens vers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Ce qui distingue toutefois ces exp&#233;riences de celle de Speed tient &#224; la mani&#232;re dont elles donnent &#224; voir la mat&#233;rialit&#233; concr&#232;te de la mobilit&#233; africaine. Les r&#233;cits de ces voyageurs mettent souvent en &#233;vidence les difficult&#233;s du d&#233;placement&#160;: tentatives d'extorsion aux fronti&#232;res ou aux barrages routiers, lenteurs administratives, contraintes li&#233;es aux visas, ou encore l'&#233;tat parfois pr&#233;caire des infrastructures. Ils r&#233;v&#232;lent aussi les limites persistantes de la circulation &#224; l'int&#233;rieur du continent, y compris &#224; l'&#233;chelle sous-r&#233;gionale, malgr&#233; les discours politiques r&#233;currents sur l'int&#233;gration africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands corridors interr&#233;gionaux, souvent pr&#233;sent&#233;s par les dirigeants comme les vecteurs d'une libre circulation &#224; venir, peinent encore &#224; assurer une mobilit&#233; fluide et effective&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, Calvin Minfegue, &#171;&#160;Les corps des tracasseries&#160;: circulation, corps et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. &#192; l'inverse, l'exp&#233;rience m&#233;diatis&#233;e de Speed appara&#238;t largement &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;liss&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; de ces frictions ordinaires de la mobilit&#233; &#8211;&#160;nous y reviendrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En insistant sur des &#233;l&#233;ments embl&#233;matiques d'un pays ou d'une localit&#233; destin&#233;s &#224; souligner la pluralit&#233; des exp&#233;riences africaines plut&#244;t qu'une repr&#233;sentation homog&#232;ne du continent, la tourn&#233;e de Speed a &#233;t&#233; salu&#233;e pour sa mise en visibilit&#233; d'une Afrique &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;authentique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, vibrante, fi&#232;re, diverse et contemporaine. Cette entreprise de revalorisation symbolique s'inscrit dans une g&#233;n&#233;alogie plus longue d'initiatives afro-diasporiques visant &#224; reformuler les imaginaires globaux de l'Afrique, souvent associ&#233;es au paradigme afropolitain&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Awondo, &#171;&#160;L'afropolitanisme en d&#233;bat&#160;&#187;, Politique africaine, 136(4), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Ces productions proposent de penser et de c&#233;l&#233;brer l'Afrique comme espace, et l'africanit&#233; comme exp&#233;rience diasporique, dans un contexte globalis&#233;. Elles ont toutefois suscit&#233; des critiques qui se cristallisent autour de trois aspects principaux&#160;: une tendance &#224; la d&#233;politisation des enjeux contemporains, la production d'une Afrique fantasm&#233;e et un &#233;litisme &#224; la fois social et esth&#233;tique&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aline Nanko Samak&#233;, &#171;&#160;Beyonc&#233;, l'afropolitaine&#160;: Pop culture, Identit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il promettrait ainsi une &#8220;Afrique light&#8221;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'abord, on pourrait reprocher &#224; Speed l'absence (apparente) de prises de position politiques. Par exemple, contraint de faire escale en Espagne en raison de l'impossibilit&#233; de voyager directement entre l'Alg&#233;rie et le Maroc, il n'&#233;voque jamais les tensions diplomatiques qui structurent pourtant cette fronti&#232;re ferm&#233;e. Autre exemple&#160;: au S&#233;n&#233;gal, pays pr&#233;sent&#233; comme celui d'o&#249; auraient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s ses anc&#234;tres, son exaltation devant le Monument de la Renaissance africaine passe sous silence les controverses qui entourent cette &#339;uvre &#8211;&#160;m&#233;moire contest&#233;e de l'esclavage et du colonialisme, esth&#233;tique jug&#233;e exog&#232;ne car inspir&#233;e de codes monumentaux sovi&#233;tiques et r&#233;alis&#233;e par des sculpteurs nord-cor&#233;ens, co&#251;t d&#233;nonc&#233; comme ind&#233;cent dans un contexte socio-&#233;conomique fragile, accusations de personnalisation du pouvoir sous la pr&#233;sidence d'Abdoulaye Wade ou encore soup&#231;ons d'opacit&#233; financi&#232;re&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dram&#233;, Patrick, &#171;&#160;La monumentalisation du pass&#233; colonial et esclavagiste au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais comme nous le verrons dans le cas de son s&#233;jour au B&#233;nin, l'absence de discours explicitement politique ne signifie pourtant pas absence d'implications politiques&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeannin, Marine, 2026, &#171;&#160;&#8220;L'Afrique n'est pas comme je le pensais&#8221;&#160;: la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, concernant l'id&#233;e d'Afrique fantasm&#233;e, le streamer ne s'&#233;carte en r&#233;alit&#233; que tr&#232;s marginalement des itin&#233;raires balis&#233;s et des poncifs exotisants. &#192; l'exception de quelques exp&#233;riences pr&#233;sent&#233;es comme plus locales (telle sa participation &#224; un derby en Alg&#233;rie) ou certains d&#233;fis sportifs originaux, Speed suit le Guide du routard. Ses itin&#233;raires sont largement pr&#233;visibles, et certaines s&#233;quences tendent &#224; reconduire des clich&#233;s persistants&#160;: l'Afrique comme nature sauvage et animale, la folklorisation des march&#233;s et de la vie urbaine pr&#233;sent&#233;e comme un chaos vivant, l'hypersexualisation des femmes versus l'exaltation d'une hyper-masculinit&#233; corporelle noire, l'Afrique comme exp&#233;rience initiatique ou r&#233;v&#233;lation personnelle, ainsi que la focalisation sur des &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ethnies&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; embl&#233;matiques ou des pratiques dites typiques, etc. Autant d'&#233;l&#233;ments qui participent d'un processus d'authentification qui op&#232;re par &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;invention de la tradition&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hobsbawm, Eric, and Terence Ranger. 2012. The Invention of Tradition. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. D&#232;s lors, on peut interroger la capacit&#233; r&#233;elle de cette tourn&#233;e &#224; d&#233;construire les st&#233;r&#233;otypes qu'elle pr&#233;tend d&#233;passer. Et cette utilisation du clich&#233; n'est pas un bug&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une fonctionnalit&#233; de l'&#233;conomie algorithmique&#160;: ces raccourcis visuels et narratifs permettent de stabiliser des formes reconnaissables, et donc ais&#233;ment consommables, par une audience globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, concernant la critique d'un &#233;litisme &#224; la fois social et esth&#233;tique, l'exp&#233;rience de Speed appara&#238;t singuli&#232;re. Certes, l'influenceur appartient &#224; la &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;classe cr&#233;ative&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; globale&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Florida, Richard L. The Rise of the Creative Class&#160;: Revisited. Paperback of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, h&#233;g&#233;monique tant sur le plan &#233;conomique que culturel et largement issue des mondes afro-diasporiques (et non du continent). Mais il produit l'image d'une Afrique un poil moins &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Instagram-friendly&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, selon l'expression d'Emma Dabiri, autrice de l'article incisif, publi&#233; en 2014 chez &lt;i&gt;Africa is a Country,&lt;/i&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Why I'm not an Afropolitan&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une partie des productions afropolitaines se sont vu reprocher le fait de contribuer &#224; une &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Afrique sans Africain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; (pauvres) qui, comme le souligne la professeure sud-africaine Grace A.&#160;Musila dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Part-Time Africans, Europolitans and &#8220;Africa Lite&#8221;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Journal of African Cultural Studies, 2016), &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;semble consister &#224; embrasser juste assez d'Afrique pour en conserver une saveur distinctive, sans pour autant appara&#238;tre &#8220;trop africain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e&#8221;. &#192; l'image d'un Coca light ou d'une bi&#232;re all&#233;g&#233;e, il promettrait ainsi une &#8220;Afrique light&#8221;&#160;: une Afrique d&#233;barrass&#233;e de ce qui en constituerait les aspects jug&#233;s &#8220;nocifs&#8221; ou &#8220;enivrants&#8221;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins dans la forme, l'approche de Speed semble r&#233;pondre &#224; ce que Dabiri qualifie de d&#233;rive &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trop polic&#233;e, corporate et lisse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; de certains discours afropolitains&#160;: son projet ne rel&#232;ve ni de l'institution culturelle ni de la production artistique hautement esth&#233;tis&#233;e, g&#233;n&#233;ralement mobilis&#233;es dans les afropolitanismes. Ici, le streamer appartient pleinement &#224; l'&#233;conomie de la viralit&#233; qui s'adresse explicitement &#224; une audience de masse. L&#224; o&#249; certaines productions diasporiques privil&#233;gient la mise en sc&#232;ne et la monumentalisation esth&#233;tique, le streamer partage avant tout des moments avec la foule, voire est litt&#233;ralement port&#233; par elle. Par et pour la pl&#232;be, l'Afrique qu'il donne &#224; voir &#233;chappe en partie au dialogue traditionnel entre &#233;lites urbaines africaines et &#233;lites afro-diasporiques occidentales. Ainsi assisterait-on &#224; l'&#233;mergence d'un afropolitanisme populaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Moins institutionnalis&#233; et &#233;litiste que diffus et horizontal, fa&#231;onn&#233; non par les galeries ou les industries culturelles, mais par les foules connect&#233;es et les logiques algorithmiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La question reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au B&#233;nin, convertir la visibilit&#233; en flux &#233;conomiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque vid&#233;o, Speed joue sur des affects identitaires populaires et s'affiche fi&#232;rement dans les maillots aux couleurs des &#233;quipes nationales. Port&#233;s par le but de cr&#233;er de l'engagement et donc de la visibilit&#233; pour ses vid&#233;os, les contenus suscitent fiert&#233;s nationales et parfois comp&#233;titions entre diff&#233;rentes identit&#233;s dans les commentaires des vid&#233;os ou contenus repartag&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux. &#192; cet &#233;gard, son passage au B&#233;nin est particuli&#232;rement int&#233;ressant tant il donne &#224; voir une identit&#233; nationale temporellement et spatialement situ&#233;e qui n'est pas exempte de logiques institutionnelles et d'orientations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agence gouvernementale B&#233;nin Tourisme a amplement particip&#233; &#224; la coordination du parcours de Speed. De Cotonou, capitale &#233;conomique du pays, &#224; Ouidah, ville centre de la culture vod&#249;n et embl&#233;matique de la m&#233;moire de la traite esclavagiste, la visite est organis&#233;e autour de lieux particuli&#232;rement repr&#233;sentatifs des politiques de transformations urbaines et de tourisme du &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;B&#233;nin R&#233;v&#233;l&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, le programme de d&#233;veloppement port&#233; par l'homme d'affaires devenu pr&#233;sident de la R&#233;publique en 2016, Patrice Talon. En trois heures trente de vid&#233;o, les internautes d&#233;couvrent&#160;: l'esplanade des Amazones avec sa statue en bronze de 30&#160;m&#232;tres inaugur&#233;e en 2022, inspir&#233;e des figures guerri&#232;res du Dahomey, les Agodji&#232;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le rond-point de l'a&#233;roport transform&#233; en 2022 pour honorer la m&#233;moire de Bio Guerra, un prince guerrier des peuples Baatonu, figure de la r&#233;sistance face aux troupes coloniales fran&#231;aises&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les paysages c&#244;tiers bient&#244;t accessibles aux visiteurs du Club Med dont l'ouverture est pr&#233;vue cette ann&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'ar&#232;ne de Ouidah inaugur&#233;e en 2025 comme espace central de c&#233;l&#233;brations des Vod&#249;n Days &#8211;&#160;la f&#234;te nationale du vod&#249;n est renomm&#233;e ainsi en 2024 pour &#234;tre plus visible aupr&#232;s d'un public international&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la Porte du non-retour et la r&#233;plique d'un des derniers navires n&#233;griers &#224; avoir quitt&#233; le B&#233;nin, embl&#232;me de la m&#233;moire de la traite de pr&#232;s de 1 million d'Africain&#8729;es r&#233;duit&#8729;es en esclavage depuis la c&#244;te b&#233;ninoise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le temple des Pythons, haut-lieu de la mise en tourisme des cultes vod&#249;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces espaces produits dans le cadre du &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Le-boom-culturel-du-Benin-l-echec-d-une-possibilite-decoloniale&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;boom culturel b&#233;ninois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt; capitalisent sur le tourisme m&#233;moriel et culturel, et visent particuli&#232;rement les personnes afro-descendantes &#8211;&#160;notamment avec la plateforme num&#233;rique &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;my afro-origins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; qui leur permet d'obtenir la nationalit&#233; b&#233;ninoise. Le passage de Speed est de bon augure pour cibler ce public, et les autorit&#233;s b&#233;ninoises se sont impliqu&#233;es sur diff&#233;rents plans pour faciliter le tournage, comme le t&#233;moigne l'usage d'un h&#233;licopt&#232;re de l'arm&#233;e nationale et la pr&#233;sence de la police en appui aux habituels services de s&#233;curit&#233; priv&#233;e. Via les r&#233;seaux sociaux, l'agence B&#233;nin Tourisme se r&#233;jouit du s&#233;jour de Speed et de la visibilit&#233; que celui-ci apporte &#224; ce qui est depuis r&#233;cemment d&#233;finie comme la &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;marque-pays&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; B&#233;nin. &#192; partir de ce &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Benin-le-soft-power-facon-Patrice-Talon&#034;&gt;soft power&lt;/a&gt; s'op&#232;re une alliance pragmatique entre capitalisme digital et communications politiques visant un objectif commun&#160;: convertir la visibilit&#233; en flux &#233;conomiques, qu'il s'agisse de followers pour le streamer ou pour l'&#201;tat, qui esp&#232;re quadrupler le nombre de visiteur&#8729;euses d'ici &#224; 2030 &#8211;&#160;en visant notamment un public afro-descendant carib&#233;en, am&#233;ricain ou europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Est-ce qu'il d&#233;couvre vraiment la culture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette alliance peut aussi &#234;tre interpr&#233;t&#233;e &#224; l'aune du contexte politique national&#160;: la visite de Speed, survenue quelques semaines avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, co&#239;ncide avec &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Benin-Patrice-Talon-et-le-match-amical-pour-sa-succession&#034;&gt;l'&#233;lection du candidat du camp pr&#233;sidentiel&lt;/a&gt; &#224; plus de 94&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des voix d&#232;s le premier tour. Le contenu produit conjointement participe alors &#224; une campagne valorisant le bilan du mandat sortant&#160;: les vid&#233;os au B&#233;nin suscitent une vague de commentaires &#233;logieux d'internautes exprimant leur fiert&#233; nationale et leur adh&#233;sion aux accomplissements du gouvernement Talon. Mais certains sont aussi critiques et perplexes vis-&#224;-vis des modalit&#233;s d'un tournage tr&#232;s rythm&#233; et de la personnalit&#233; de Speed. L'un des facilitateurs de sa visite &#224; Ouidah, bien que ravi d'avoir &#233;t&#233; mandat&#233; par l'agence B&#233;nin Tourisme pour cet &#233;v&#233;nement, remet en question l'int&#233;r&#234;t r&#233;el du vid&#233;aste pour la culture b&#233;ninoise&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Est-ce qu'il d&#233;couvre vraiment la culture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? [&#8230;] on voyait bien qu'il regardait tout le temps son t&#233;l&#233;phone, il regardait les abonn&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es monter.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Au-del&#224; de la critique sur la dimension commerciale du contenu, la vid&#233;o produite au B&#233;nin passe sous silence la dimension tr&#232;s politique d'une identit&#233; nationale liss&#233;e par ce programme de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;touristification&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; du pays, mais aussi l'ambivalence des effets &#8211;&#160;parfois n&#233;gatifs&#160;&#8211; pour les populations de telles transformations des paysages et de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La viralit&#233; des contenus tient donc aussi &#224; des contextes politiques sp&#233;cifiques. Les identit&#233;s nationales revisit&#233;es participent de dynamiques contemporaines de r&#233;affirmation nationale, nourries &#224; la fois par des &#233;v&#233;nements populaires tels que la Coupe d'Afrique des nations et par des discours politiques valorisant un &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; collectif fond&#233; sur la r&#233;activation de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;traditions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et d'une certaine &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;authenticit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Autant de registres qui favorisent l'adh&#233;sion aux projets politiques des gouvernements. Dans ce contexte, les vid&#233;os de Speed et l'engouement qui les entourent sont t&#233;moins d'une double logique de comp&#233;tition. D'une part, une comp&#233;tition symbolique entre pays voisins, qui se donne &#224; voir &#224; travers des interactions oscillant entre plaisanteries &#224; parent&#233;s, rivalit&#233;s amicales et formes de chauvinisme. D'autre part, une comp&#233;tition marketing o&#249; chaque pays fait valoir son identit&#233; sur la sc&#232;ne internationale. Les prochains mois informeront sur les r&#233;elles retomb&#233;es pour le B&#233;nin et pour les autres pays qui ont cherch&#233; &#224; s'emparer de la visite du youtubeur comme un outil de promotion touristique. Les personnes qui regardaient le live seront-elles imm&#233;diatement convaincues de prendre un avion pour passer un s&#233;jour au B&#233;nin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tel est le paradoxe du mod&#232;le &#233;conomique de l'influence dont il est difficile de mesurer les retomb&#233;es &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La viralit&#233; des contenus a suscit&#233; de nombreuses r&#233;actions en ligne, et l'une des interrogations centrales porte sur l'asym&#233;trie des mobilit&#233;s internationales contemporaines&#160;: comment expliquer qu'un citoyen du Nord global puisse traverser relativement ais&#233;ment les fronti&#232;res africaines, tandis que les d&#233;placements des Africains demeurent entrav&#233;s au sein m&#234;me du continent &#8211;&#160;et plus encore vers l'Europe ou d'autres espaces du Nord global&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette asym&#233;trie appara&#238;t d'autant plus frappante que, dans le cas sp&#233;cifique de Speed, des gouvernements africains ont rapidement exprim&#233; leur volont&#233; de lui accorder une nationalit&#233; dans un geste pr&#233;sent&#233; comme une forme d'hospitalit&#233; politique et de reconnaissance symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un acc&#232;s restreint aux droits les plus ordinaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, cette mobilit&#233; fonctionne comme un dispositif de r&#233;v&#233;lation&#160;: elle renvoie aux internautes africains et aux soci&#233;t&#233;s africaines une image des hi&#233;rarchies globales qui structurent les r&#233;gimes contemporains de circulation. Les contrastes relev&#233;s par les internautes opposent la libert&#233; apparente de circulation des voyageurs du Nord aux difficult&#233;s persistantes d'obtention des visas europ&#233;ens, caract&#233;ris&#233;es par une bureaucratisation croissante et des proc&#233;dures de plus en plus restrictives. M&#234;me lorsque le visa est accord&#233;, il ne supprime ni la pr&#233;carit&#233; ni la vuln&#233;rabilit&#233;, comme en t&#233;moignent&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Shreya Parikh, We, the illegals of France, Africa is a Country, 24&#160;f&#233;vrier&#160;2026.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; des situations absurdes document&#233;es en France. Cette situation s'inscrit dans un contexte marqu&#233; par la mont&#233;e des forces d'extr&#234;me droite en Europe et aux &#201;tats-Unis, qui se traduit par un durcissement des r&#233;gimes migratoires et la red&#233;finition s&#233;curitaire des politiques de mobilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, en tant que miroir, le voyage des influenceurs et autres voyageurs internationaux en Afrique met en lumi&#232;re des asym&#233;tries institutionnelles plus profondes, inscrites dans la valeur diff&#233;renci&#233;e des passeports, dans les dispositifs de visa et dans les r&#233;gimes de souverainet&#233; qui organisent l'acc&#232;s aux territoires. La question que soul&#232;vent certain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es internautes est pr&#233;cis&#233;ment celle de la souverainet&#233; diff&#233;renci&#233;e&#160;: qui peut circuler librement, qui doit demander permission et selon quelles conditions en Afrique et dans le monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi l'&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;thique du passant&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Achille Mbembe, M&#233;ditation sur le passant, AOC, 4&#160;novembre&#160;2025.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; semble-t-elle op&#233;ratoire principalement dans un seul sens&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces questions r&#233;v&#232;lent des sentiments profonds d'asym&#233;trie qui engagent la mani&#232;re dont les Africains se per&#231;oivent eux-m&#234;mes, per&#231;oivent leurs mobilit&#233;s et envisagent l'Ailleurs. Elles oscillent entre sentiment d'humiliation symbolique, revendication d'&#233;galit&#233; de traitement et aspiration &#224; une n&#233;o-souverainet&#233; fond&#233;e sur la r&#233;ciprocit&#233; des circulations. Elles rappellent aussi la r&#233;alit&#233; douloureuse des migrations africaines vers le Nord, qui s'inscrivent trop souvent dans des trajectoires marqu&#233;es par l'ill&#233;galit&#233;, la violence, la pr&#233;carit&#233; et parfois la mort, en mer ou dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, elles rappellent, en creux, ce que d&#233;crit Buchi Emecheta &#224; propos de la condition de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;second-class citizen&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Self, &#171;&#160;Second-Class Citizen by Buchi Emecheta review &#8211; fresh and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#160;: non seulement une in&#233;galit&#233; de statut juridique, mais une forme de rel&#233;gation durable qui affecte les conditions m&#234;mes d'existence et de reconnaissance des immigr&#233;s en Occident. &#202;tre assign&#233; &#224; une telle position, c'est faire l'exp&#233;rience d'un acc&#232;s restreint aux droits les plus ordinaires &#8211;&#160;parmi lesquels, de mani&#232;re particuli&#232;rement saillante, la possibilit&#233; de circuler librement et dans des conditions dignes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat-nation, et son lot d'illusions identitaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces ressentiments &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en miroir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; tendent &#224; occulter des dynamiques plus complexes de la mobilit&#233; intra-africaine, caract&#233;ris&#233;es &#224; la fois par des zones d'ouverture et par des formes de suspension ou de restriction des circulations. En effet, m&#234;me si plusieurs &#201;tats et instances r&#233;gionales ont engag&#233; des politiques d'ouverture, &#224; l'image du B&#233;nin ou de l'Union africaine et de son passeport continental encore partiellement effectif, de nombreux r&#233;gimes africains restreignent fortement les d&#233;placements de leurs ressortissants, notamment dans des contextes autoritaires o&#249; le passeport devient un instrument de gouvernement. Ces dispositifs de restriction de la mobilit&#233; coexistent avec des &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Bouleverse-endette-Les-recits-accablants-de-ceux-a-qui-la-France-refuse-un-visa&#034;&gt;politiques de visa souvent co&#251;teuses&lt;/a&gt; pour les Africains eux-m&#234;mes, qui rel&#232;vent moins d'une simple r&#233;gulation administrative que d'une captation de ressources externes. Il n'en demeure pas moins qu'&#224; l'&#233;chelle globale, la r&#233;alit&#233; contemporaine est marqu&#233;e par un resserrement des r&#233;gimes de mobilit&#233; et, plus largement, par une intensification des hi&#233;rarchies mondiales qui structurent un acc&#232;s profond&#233;ment diff&#233;renci&#233; &#224; la circulation internationale. Ces hi&#233;rarchies s'inscrivent dans les dispositifs juridiques et administratifs de l'&#201;tat-nation, avec leur lot d'illusions identitaires&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Fran&#231;ois Bayart, L'Illusion identitaire, Paris, Fayard, 1996.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette asym&#233;trie des r&#233;gimes de mobilit&#233; globale que r&#233;v&#232;le le cas de Speed, et ce &#224; deux niveaux distincts. D'abord, au niveau des circulations transcontinentales, la facilit&#233; avec laquelle il se d&#233;place vers l'Afrique contraste fortement avec les difficult&#233;s structurelles auxquelles sont confront&#233;s les ressortissants africains pour se rendre en Europe, en Am&#233;rique du Nord, mais aussi dans d'autres pays africains. Ensuite, &#224; l'&#233;chelle intra-urbaine, le film montre &#233;galement une mobilit&#233; profond&#233;ment in&#233;galitaire. Les d&#233;placements de Speed au sein des villes sont largement fluidifi&#233;s&#160;: il est encadr&#233; par des gardes du corps, accompagn&#233; de guides locaux et, dans certains cas, ses trajets sont anticip&#233;s et facilit&#233;s par des dispositifs de s&#233;curit&#233;. Son exp&#233;rience urbaine rel&#232;ve ainsi d'un r&#233;gime de circulation privil&#233;gi&#233;, proche de celui d'un &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;invit&#233; de premi&#232;re classe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Cette position contraste fortement avec les mobilit&#233;s ordinaires des citadins. Une large partie de la population urbaine fait face &#224; des d&#233;placements contraints, marqu&#233;s par la congestion des r&#233;seaux, les arrangements informels, l'inconfort des transports collectifs, diverses formes d'extorsion plus ou moins institutionnalis&#233;es, ainsi que des rapports de force permanents entre usagers, autorit&#233;s et organisations de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re incontestable, la tourn&#233;e africaine de Speed constitue un succ&#232;s statistique&#160;: pr&#232;s de cinq&#160;millions d'abonn&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es suppl&#233;mentaires gagn&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es en un mois de diffusion quasi quotidienne &#224; travers le continent. Ce succ&#232;s tient en partie &#224; sa position de vid&#233;aste africain-&#233;tats-unien, dot&#233; de capitaux &#233;conomiques, symboliques et culturels lui permettant de circuler, de capter et de produire un r&#233;cit sp&#233;cifique de l'Afrique. Ce r&#233;cit suscite un enthousiasme massif, notamment parce qu'il entre en r&#233;sonance avec des formes contemporaines de fiert&#233; et d'affirmation nationales encourag&#233;es par des programmes gouvernementaux (touristiques).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une forme de r&#233;paration symbolique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sa proposition s'inscrit dans la continuit&#233; d'une histoire longue des circulations, des mises en r&#233;cit et des repr&#233;sentations du continent, tout en les r&#233;actualisant. Elle propose une &#233;criture de l'Afrique profond&#233;ment ancr&#233;e dans son &#233;poque&#160;: celle de 2026, marqu&#233;e par la plateformisation des contenus, l'&#233;conomie de l'attention et la viralit&#233;. Tant dans son mode de production que dans sa r&#233;ception, cette &#233;criture repose sur une performance film&#233;e, savamment situ&#233;e entre spontan&#233;it&#233;s affich&#233;es et intentions calcul&#233;es. Elle fait circuler des images du continent qui atteignent habituellement peu les espaces digitaux globalis&#233;s et catalyse les interactions des internautes avec ses contenus mais aussi entre elleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;criture afropolitaine participe &#224; la mise en avant d'identit&#233;s hybrides issues des mondes afro-diasporiques et contribue &#224; diffuser une image du continent plus positive, dynamique et contemporaine, en rupture avec les repr&#233;sentations h&#233;g&#233;moniques d'une Afrique prosa&#239;que ou absente de la modernit&#233;. Elle t&#233;moigne ainsi d'une africanit&#233; en recomposition, mais qui ne se traduit pas n&#233;cessairement par une solidarit&#233; politique entre les peuples du continent. Elle d&#233;place aussi le regard&#160;: l'Afrique n'y est plus seulement un concept ou une abstraction, mais un espace satur&#233; de corps, de pr&#233;sences, d'interactions. Reste &#224; interroger les conditions de cette mise en visibilit&#233;&#160;: quels corps sont montr&#233;s, comment, et &#224; quelles fins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si cette &#233;criture peut &#234;tre qualifi&#233;e d'afro-positive (ou, &#224; tout le moins, d'afro-quelque-chose-de-positif), peut-on pour autant la qualifier de d&#233;coloniale ou de panafricaine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En r&#233;alit&#233;, elle ne porte aucun projet politique d'&#233;mancipation &#224; l'int&#233;rieur ou en dehors du continent. Elle tend plut&#244;t &#224; reconduire certains st&#233;r&#233;otypes et &#224; simplifier des r&#233;alit&#233;s sociales complexes, au profit de formats imm&#233;diatement lisibles et partageables. En ce sens, loin de rompre avec les logiques ant&#233;rieures, elle en propose une reformulation contemporaine&#160;: une &#233;criture mondialis&#233;e de l'Afrique, fa&#231;onn&#233;e par les plateformes, port&#233;e par les foules connect&#233;es, mais encore largement contrainte par les exigences de visibilit&#233;, de viralit&#233; et de rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peut-on r&#233;ellement attendre d'un influenceur autre chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qu'il incarne une parole critique, politique, situ&#233;e, plut&#244;t que de surfer sur des repr&#233;sentations consensuelles aupr&#232;s des gouvernements et des internautes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Est-ce son r&#244;le, voire m&#234;me son int&#233;r&#234;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nul ne saurait r&#233;pondre par l'affirmative. Ici s'explique alors l'engouement transnational&#160;: apr&#232;s tout, comme le dirait Kalenda Eaton&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eaton, Kalenda. 2019, &#171;&#160;Eternal Blackness&#160;: Considering Afropolitanism as a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, ce type d'initiative r&#233;pond aussi &#224; des d&#233;sirs humains fondamentaux de visibilit&#233;, de reconnaissance et d'appartenance nationale, continentale voire mondiale. Au point qu'on puisse envisager qu'il constitue un outil de solidarit&#233; et de r&#233;affirmation collective&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette visibilit&#233; accrue ne r&#233;sout en rien les in&#233;galit&#233;s structurelles, mais elle participe peut-&#234;tre &#224; l'&#233;mergence d'une forme de r&#233;paration symbolique dans un monde o&#249; les subjectivit&#233;s africaines continuent d'&#234;tre invisibilis&#233;es. Et c'est un credo sur lequel Speed continue de surfer&#160;: au printemps&#160;2026, il encha&#238;ne sur un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Caribbean Tour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#224; nouveau tr&#232;s attendu et comment&#233;. Avec des live dans quinze des &#238;les carib&#233;ennes, il r&#233;affirme son ambition d'explorer et de visibiliser la diversit&#233; des mondes afro-descendants. C'est peut-&#234;tre l&#224; que r&#233;side l'ambivalence d'un IShowSpeed&#160;: dans sa capacit&#233; &#224; produire une visibilit&#233; massive qui, sans &#234;tre &#233;mancipatrice en elle-m&#234;me, ouvre des espaces d'identification, de renouvellement des r&#233;cits de soi, de circulation et de d&#233;bats in&#233;dits. Cela n'exempte pas d'adopter un cynisme lucide quant aux limites d'une telle initiative et une certaine vigilance quant aux r&#233;cits produits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/ISHOWSPEED&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa cha&#238;ne ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir notamment le compte &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/booska_p/p/DTYZ01KDN07/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instagram de booska_p ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#7884;l&#225;b&#237;s&#237; &#192;j&#224;l&#225;, &lt;i&gt;An African Abroad&lt;/i&gt;, introduction de T.J.&#160;Mboya, Londre, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Nous pensons ici aux p&#233;riples de voyageurs asiatiques ou europ&#233;ens vers l'Afrique &#8211;&#160;par exemple, Ludwig Schumacher, Franck Walravens, ou Suzuki&#160;&#8211; mais aussi aux voyages entrepris par des cr&#233;atrices de contenu africaines ou afrodescendantes &#224; travers le continent &#8211;&#160;comme Udoh Ebaide Joy, ou Sandy Abena.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Lire, Calvin Minfegue, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/00083968.2023.2177688&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les corps des tracasseries&#160;: circulation, corps et violence sur le corridor Douala&#8211;N'Djamena/Bangui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne Des &#201;tudes Africaines&lt;/i&gt;, 57(2), 2023, p.&#160;283-303, et Patrick Belinga Ondoua, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.36253/spc-17460&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vive la libre circulation au sein de la Cemac&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une ethnographie du dispositif de l'enregistrement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;s Politiques compar&#233;es. Revue europ&#233;enne d'analyse Des soci&#233;t&#233;s Politiques&lt;/i&gt;, 2025, n&#176;&#160;64, p.&#160;133-144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Patrick Awondo, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/polaf.136.0105&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'afropolitanisme en d&#233;bat&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Politique africaine&lt;/i&gt;, 136(4), 2014, p.&#160;105-119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Aline Nanko Samak&#233;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Beyonc&#233;, l'afropolitaine&#160;: Pop culture, Identit&#233;s diasporiques et Afropolitanismes dans le film musical Black Is King&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1163/18725465-bja10042&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;African Diaspora&lt;/a&gt;, 16(1-2), 2025, p.&#160;61-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Dram&#233;, Patrick, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La monumentalisation du pass&#233; colonial et esclavagiste au S&#233;n&#233;gal&#160;: Controverse et rejet de la renaissance africaine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;i&gt;Journal of the Canadian Historical Association / Revue de la Soci&#233;t&#233; historique du Canada&lt;/i&gt;, 22(2), 2011, p.&#160;237-265, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.7202/1008983ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jeannin, Marine, 2026, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8220;L'Afrique n'est pas comme je le pensais&#8221;&#160;: la tourn&#233;e fr&#233;n&#233;tique de l'influenceur am&#233;ricain IshowSpeed&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Le Monde Afrique&lt;/i&gt;, Cultures Web, 24&#160;janvier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Hobsbawm, Eric, and Terence Ranger. 2012. &lt;i&gt;The Invention of Tradition&lt;/i&gt;. Cambridge University Press&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Mudimb&#233;, Vumbi Yoka, and Laurent Vannini. 2021. &lt;i&gt;L'invention de l'Afrique&#160;: gnose, philosophie et ordre de la connaissance&lt;/i&gt;. Histoire, politique, soci&#233;t&#233;. Pr&#233;sence africaine &#201;ditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Florida, Richard L. &lt;i&gt;The Rise of the Creative Class&#160;: Revisited&lt;/i&gt;. Paperback of the rev.&#160;ed. Basic Books, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Shreya Parikh, &lt;i&gt;We, the illegals of France&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Africa is a Country&lt;/i&gt;, 24&#160;f&#233;vrier&#160;2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Achille Mbembe, &lt;i&gt;M&#233;ditation sur le passant&lt;/i&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AOC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 4&#160;novembre&#160;2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;John Self, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Second-Class Citizen by Buchi Emecheta review &#8211; fresh and timeless&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;, 31&#160;octobre&#160;2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Fran&#231;ois Bayart, &lt;i&gt;L'Illusion identitaire&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Eaton, Kalenda. 2019, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Eternal Blackness&#160;: Considering Afropolitanism as a Radical Possibility&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Africa Today&lt;/i&gt; 65(4), p.&#160;1&#8211;17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Esclavage. Les femmes et les enfants d'abord</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Esclavage-Les-femmes-et-les-enfants-d-abord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://afriquexxi.info/Esclavage-Les-femmes-et-les-enfants-d-abord</guid>
		<dc:date>2026-05-20T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Michel</dc:creator>


		<dc:subject>Droits humains</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject> Esclavage </dc:subject>
		<dc:subject>Commerce international</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Ghana</dc:subject>
		<dc:subject>Golfe de Guin&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Royaume-Uni</dc:subject>
		<dc:subject>Traite humaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En revenant sur les meurtres de plus de 130&#160;esclaves transport&#233;s &#224; bord du Zorg en 1781, l'essayiste Siddarth Kara livre un r&#233;cit terrible sur la traite n&#233;gri&#232;re. L'ancienne garde des Sceaux fran&#231;aise Christiane Taubira en signe la pr&#233;face, vingt-cinq ans apr&#232;s l'adoption de sa loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanit&#233;. Et alors que la France s'est abstenue en mars de voter un texte de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; reconnaissant ceux-ci comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les plus graves crimes contre&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afriquexxi.info/Magazine" rel="directory"&gt;Magazine&lt;/a&gt;

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[&lt;a href="[(mot101.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Droits humains|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot225.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Justice|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot474.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;( Esclavage 	|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot479.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Commerce international|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot1399.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Traite humaine|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/c735cd3ed64ce448c6650d847b48f6-a019b.jpg?1779249621' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En revenant sur les meurtres de plus de 130&#160;esclaves transport&#233;s &#224; bord du Zorg en 1781, l'essayiste Siddarth Kara livre un r&#233;cit terrible sur la traite n&#233;gri&#232;re. L'ancienne garde des Sceaux fran&#231;aise Christiane Taubira en signe la pr&#233;face, vingt-cinq ans apr&#232;s l'adoption de sa loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanit&#233;. Et alors que la France s'est abstenue en mars de voter un texte de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; reconnaissant ceux-ci comme &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les plus graves crimes contre l'humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la veille du premier Congr&#232;s mondial antiesclavagiste organis&#233; &#224; Londres en juin&#160;1840, le peintre Joseph Mallord William Turner (1775-1851) re&#231;ut commande d'un tableau qui c&#233;l&#233;brerait l'&#233;v&#233;nement. Cela faisait alors sept ans que l'esclavage &#233;tait interdit dans l'Empire britannique, mais les abolitionnistes se d&#233;menaient pour que cette interdiction devienne universelle&#160;: Fran&#231;ais, Espagnols et Portugais pratiquaient encore la traite. Cherchant l'inspiration, William Turner se plongea dans la lecture de &lt;i&gt;L'Histoire et l'abolition de la traite des esclaves&lt;/i&gt;, de Thomas Clarkson. Dans ce livre, il d&#233;couvrit l'atroce parcours du navire hollandais Zorg. Dans son style inimitable, Turner concentra sur la toile toute l'horreur de cette trag&#233;die. Actuellement expos&#233;e au mus&#233;e des Beaux-Arts de Boston, &lt;i&gt;Le n&#233;grier&lt;/i&gt; &#8211;&#160;dont le titre pr&#233;cis est &lt;i&gt;N&#233;griers jetant par-dessus bord les morts et les mourants &#8211;&#160;Un typhon approche&lt;/i&gt;&#160;&#8211; montre, &#224; l'horizon, un navire pris dans la temp&#234;te, tandis qu'au premier plan, battant la surface, se devinent les bras et les jambes encha&#238;n&#233;es d'Africains se noyant. Dans les flots col&#233;reux magnifi&#233;s par les lumi&#232;res du couchant, des cr&#233;atures marines profitent de la manne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son essai &lt;i&gt;Le Zorg. La trag&#233;die &#224; l'origine de l'abolition de l'esclavage&lt;/i&gt; (&#201;ditions Paulsen), le sp&#233;cialiste de l'esclavage moderne Siddharth Kara revient dans le d&#233;tail sur une travers&#233;e du Passage du milieu&#160;&#8211; une parmi tant d'autres&#160;&#8211; qui modifia substantiellement le cours de l'Histoire. Il explique&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la publication de &lt;i&gt;Cobalt Red&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;Cobalt Red&#160;: How the Blood of the Congo Powers Our Lives&lt;/i&gt;, &#233;ditions Saint Martin's Griffin, 2023], j'avais besoin d'une pause dans mes recherches intensives men&#233;es depuis plus de vingt ans sur l'esclavage contemporain. Les nombreux voyages effectu&#233;s au Congo pour documenter les conditions de travail &#233;pouvantables dans les mines de cobalt m'ont impos&#233; un lourd tribut. J'avais d&#233;couvert l'histoire du Zorg des ann&#233;es plus t&#244;t, au cours d'&#233;tudes de fond sur la traite n&#233;gri&#232;re. Elle ne me quittait plus. En approfondissant mes recherches, j'ai r&#233;alis&#233; que la litt&#233;rature existante sur cette trag&#233;die aux cons&#233;quences majeures &#233;tait &#233;tonnamment rare et cribl&#233;e d'inexactitudes. J'ai d&#233;cid&#233; d'&#233;crire ce livre pour remettre les pendules &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'une plume alerte, qui sait m&#233;nager les pauses n&#233;cessaires aux mises en perspective, Kara nous plonge au c&#339;ur d'un drame terrifiant o&#249; l'ignoble cupidit&#233; d'un marchand d'hommes finit par ouvrir une br&#232;che dans un syst&#232;me bien rod&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;William Gregson &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salue l'esprit d'entreprise d'Hanley&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;gate de 107&#160;tonneaux, le Zorg appareille le 27&#160;octobre&#160;1780 du fort Rammekens, aux Provinces-Unies (Hollande). Il appartient &#224; la flotte de la Middelburgsche Commercie Compagnie (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MCC&lt;/span&gt;), soci&#233;t&#233; de traite n&#233;erlandaise qui, entre 1732 et 1802, organisa 118&#160;exp&#233;ditions n&#233;gri&#232;res. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lors de son voyage inaugural, en&#160;1777, le Zorg embarqua 246&#160;esclaves sur les c&#244;tes du Vent et de l'Or [Afrique de l'Ouest] pour d&#233;barquer 231&#160;survivants &#224; la colonie hollandaise de Saint-Eustache, dans les Cara&#239;bes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Siddarth Kara. Deux mois apr&#232;s le d&#233;part du Zorg, le soutien des Provinces-Unies &#224; la cause am&#233;ricaine provoque l'ire britannique et, le 20&#160;d&#233;cembre&#160;1780, le Royaume-Uni leur d&#233;clare la guerre. Cons&#233;quence sur les flots&#160;: tout sujet de sa Majest&#233; peut d&#233;sormais obtenir des &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lettres de marques et de repr&#233;sailles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et s'attaquer aux navires hollandais comme le ferait un vulgaire bateau pirate.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3380 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/carte_1-by_david_lindroth-1.jpg' arial-label=&#034;&#169; David Lindroth&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;1537&#034; data-photo-h=&#034;1068&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:69.486011711126%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH111/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a-8ca77.jpg?1779249622' alt='&#169; David Lindroth' data-src='IMG/jpg/carte_1-by_david_lindroth-1.jpg' data-l='1537' data-h='1068' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249622&#034;},&#034;1537&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249622&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg?1779249622&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249621&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249621&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249621&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249622&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249622&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249622&#034;},&#034;1537&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249622&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1537\/c4ec6373e19ad06ad46f2cc0f447bf4a.jpg.webp?1779249622&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='111' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3380 '&gt;&#169; David Lindroth
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il &#233;tait parti avant le d&#233;clenchement des hostilit&#233;s, le capitaine du Zorg, Jan Wilton, avait pour consigne d'&#233;viter prudemment les Anglais. Naviguant en compagnie de l'Aurora, autre fr&#233;gate de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MCC&lt;/span&gt;, le Zorg jette l'ancre le 13&#160;d&#233;cembre&#160;1780 au large de Cape Mount, dans le golfe de Guin&#233;e&#160;&#8211; o&#249; stationne d&#233;j&#224; l'Eendracht, autre navire de la m&#234;me entreprise. Ces trois bateaux hollandais entament, le long de la c&#244;te du Vent, leur sinistre moisson d'esclaves. Moins de trois mois plus tard, le 10&#160;f&#233;vrier&#160;1781, une fr&#233;gate britannique, l'Alert, emmen&#233;e par le commandant Llewellin, fonce sur le Zorg o&#249; sont d&#233;j&#224; parqu&#233;s 120&#160;esclaves. Jan Wilton n'a pas les moyens de r&#233;sister. Captur&#233;, le Zorg passe sous pavillon britannique &#8211; l'Aurora et l'Eendracht subissent le m&#234;me sort quelques jours plus tard. Les 104&#160;esclaves de l'Aurora et les 124&#160;de l'Eendracht sont ainsi transf&#233;r&#233;s &#224; bord du Zorg&#160;&#8211; qui approche de sa pleine capacit&#233;. Llewellin entra&#238;ne alors ses prises hollandaises vers le fort de Cape Coast (au Ghana), sur la c&#244;te de l'Or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci est dirig&#233; par le gouverneur britannique John Roberts, qui tente tant bien que mal de maintenir des relations avec son homologue du fort d'Elmina, possession des Provinces-Unies. Quand six navires hollandais arrivent dans la rade, captur&#233;s par deux navires corsaires de sa Majest&#233;, il lui faut g&#233;rer &#224; la fois les prisonniers hollandais et les esclaves. Dans un souci d'apaisement, il envoie les &#233;quipages des Provinces-Unies vers le fort d'Elmina, et organise des ventes aux ench&#232;res pour &#233;couler navires et captifs. C'est ainsi que Richard Hanley, le capitaine du William, un n&#233;grier parti de Liverpool le 26&#160;octobre&#160;1780, d&#233;cide d'acqu&#233;rir le Zorg et sa cargaison. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hanley comprend que, en quelques traits de plume, il peut doubler les b&#233;n&#233;fices de l'exp&#233;dition.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Une situation qui va forc&#233;ment satisfaire l'un de ses investisseurs, William Gregson, qui, apr&#232;s trois ann&#233;es de manque &#224; gagner, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salue l'esprit d'entreprise d'Hanley&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au commandement, un chirurgien sans exp&#233;rience&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;William Gregson est un personnage central de cette histoire. N&#233; en&#160;1720, fils d'un modeste docker, il a d'abord &#233;t&#233; cordier avant de pouvoir investir ses &#233;conomies dans des exp&#233;ditions n&#233;gri&#232;res plus ou moins r&#233;mun&#233;ratrices selon les fortunes de mer&#8230; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#192; la fin des ann&#233;es&#160;1750&lt;/i&gt;, &#233;crit Kara, &lt;i&gt;il est devenu un marchand esclavagiste de premier plan &#224; Liverpool et l'augmentation de sa fortune va de pair avec celle de son prestige. Il entre dans le cercle des 41&#160;citoyens contr&#244;lant le conseil municipal, puis est &#233;lu, en&#160;1762, maire de la ville.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; En&#160;1780, ses affaires ne sont pourtant pas au beau fixe, le conflit avec les Am&#233;ricains rend les mers peu s&#251;res, et il vient de perdre le Swallow, un n&#233;grier qui a fait naufrage lors de son voyage retour depuis l'&#238;le de Tortola (&#238;les Vierges britanniques). Gregson compte bien sur le William, son nouveau navire, qui porte son pr&#233;nom, pour se refaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la perspective de multiplier les b&#233;n&#233;fices que, le 5&#160;mars&#160;1781, Richard Hanley transf&#232;re douze membres d'&#233;quipage du William sur le Zorg et confie le commandement au chirurgien de bord Luke Collingwood. Un choix pour le moins &#233;tonnant&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Des trois qualit&#233;s essentielles du capitaine n&#233;grier&#160;&#8211; &#234;tre excellent navigateur, savoir diriger un &#233;quipage et avoir l'habitude d'acheter des esclaves&#160;&#8211;, Collingwood ne poss&#232;de vraisemblablement que la derni&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, soutient Kara. Pourtant beaucoup plus exp&#233;riment&#233;, le lieutenant du William, James Kelsall, n'obtient que la place de second &#224; bord du Zorg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs mois, le navire bourlingue le long des c&#244;tes africaines afin de compl&#233;ter sa cargaison d'esclaves, tenter de recruter quelques marins suppl&#233;mentaires, et faire provision d'eau. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le 18&#160;ao&#251;t&#160;1781, le Zorg quitte Accra avec 442&#160;esclaves, 17&#160;hommes d'&#233;quipage et un passager, note Kara. Les nombres ne sont pas bons. [&#8230;] Un n&#233;grier de cette capacit&#233; demande, pour son fonctionnement, au moins 30&#160;marins. Collingwood a embarqu&#233; pr&#232;s du double de captifs, avec seulement la moiti&#233; de l'&#233;quipage requis pour les ma&#238;triser.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Un passager&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui, un paria nomm&#233; Robert Stubbs, ancien gouverneur du fort d'Anomabu (Ghana).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une travers&#233;e plus longue que pr&#233;vue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour raconter la triste &#233;pop&#233;e du Zorg, Siddarth Kara ne s'est pas content&#233; de recherches g&#233;n&#233;rales sur la traite n&#233;gri&#232;re, il a aussi explor&#233; les trajectoires de chacun des personnages qui, de pr&#232;s ou de loin, ont un lien avec son r&#233;cit. Robert Stubbs, vice-pr&#233;sident du Conseil des gouverneurs britannique de la c&#244;te de l'Or, est arriv&#233; au fort d'Anomabu en avril&#160;1780, &#226;g&#233; de 53&#160;ans, accompagn&#233; de son fils de 12&#160;ans et tra&#238;nant derri&#232;re lui une sale r&#233;putation. D&#232;s sa prise de fonctions, il a &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;enfreint le r&#232;glement de la Company of Merchants Trading to Africa (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CMTA&lt;/span&gt;) en se livrant au commerce d'esclaves pour son profit personnel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Ce n'est pas le seul de ses d&#233;lits&#160;: son jeune fils a &#233;t&#233; nomm&#233; secr&#233;taire au fort, emploi r&#233;mun&#233;r&#233; de 80&#160;livres annuellement (20&#160;000&#160;euros actuels), puis vite promu au rang de vice-gouverneur (200&#160;livres/an). Plus grave&#160;: son m&#233;pris pour les repr&#233;sentants des monarchies locales a t&#244;t mis en p&#233;ril les relations des Britanniques avec leurs alli&#233;s locaux, les Fantis et les Ashantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une rencontre avec ces derniers, en octobre&#160;1780, Robert Stubbs &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;oublie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; de leur remettre des pr&#233;sents offerts par le roi George&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&#160;&#8211; pr&#233;sents qu'il a apparemment troqu&#233;s contre des esclaves pour son propre profit. Les membres du Conseil des gouverneurs ont alors d&#233;cid&#233; de le d&#233;mettre de ses fonctions, ce qu'ils ont obtenu par la force le 26&#160;janvier&#160;1781. L'or et les biens de Stubbs ont &#233;t&#233; saisis et il a &#233;t&#233; plac&#233; temporairement sous &#233;crou. D&#233;barquant le jour m&#234;me &#224; Anomabu, le capitaine du William, Richard Hanley, accompagn&#233; de Luke Collingwood, ont accept&#233; de l'embarquer &#224; bord de leur navire. Si l'on en croit Siddarth Kara, Stubbs a abandonn&#233; son fils derri&#232;re lui sans &#233;tats d'&#226;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Zorg prend la direction de la Jama&#239;que le 18&#160;ao&#251;t&#160;1781. Premi&#232;re &#233;tape, S&#227;o Tom&#233;, dans l'id&#233;e de charger des provisions de nourriture et de l'eau. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pour la travers&#233;e de l'Atlantique, qui dure ordinairement deux mois, il faut compter au moins 52&#160;200&#160;litres d'eau&lt;/i&gt;, &#233;crit Kara. &lt;i&gt;Il semble que le Zorg en embarque environ 61&#160;100, une quantit&#233; amplement suffisante.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Le 6&#160;septembre, le Zorg quitte l'&#238;le et entame sa travers&#233;e de l'Atlantique dont on sait ce qu'elle repr&#233;sente, pour les esclaves entass&#233;s dans l'entrepont, de souffrances, de maladies, d'angoisses, de tortures&#8230; &#192; la fin du mois d'octobre, toujours aucune terre en vue alors que le Zorg aurait d&#251; atteindre l'une des premi&#232;res &#238;les de l'est des Cara&#239;bes, Antigua, la Dominique, la Barbade ou Tobago&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D&#233;truire une partie de la cargaison&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marins et esclaves meurent r&#233;guli&#232;rement, Luke Collingwood est malade et, pour le remplacer, il confie le commandement &#224; Robert Stubbs&#160;&#8211; alors m&#234;me que James Kelsall est le marin le plus exp&#233;riment&#233; &#224; bord. Le 14&#160;novembre, Stubbs suspend Kelsall de ses fonctions et le confine dans sa cabine. Il n'y a plus de citrons en r&#233;serve, le scorbut commence &#224; se r&#233;pandre. Ce n'est que le 18&#160;novembre qu'appara&#238;t enfin la premi&#232;re terre, Tobago. Stubbs n'a aucun moyen de savoir si l'&#238;le est toujours britannique&#160;&#8211; elle ne l'est plus, la France s'en est empar&#233;e le 2&#160;juin&#160;1781&#160;&#8211;, et plut&#244;t que de prendre le risque d'accoster, il d&#233;cide de poursuivre sa route vers la Jama&#239;que. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#192; ce moment-l&#224; du voyage, le bilan est d&#233;j&#224; terrible. Soixante-deux des 443&#160;Africains sont morts, ainsi que 6 des 17&#160;hommes d'&#233;quipage. Parmi les 11&#160;marins restants, 2, Collingwood et Kelsall, sont hors d'&#233;tat de servir. Restent donc 9&#160;hommes, plus Stubbs, pour s'occuper du navire et de sa cargaison, constitu&#233;e de 380&#160;esclaves survivants et d'un nouveau-n&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, raconte Kara. &#192; bord, une jeune esclave captur&#233;e enceinte a accouch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le 20&#160;novembre, un marin d&#233;couvre que les stocks d'eau ne correspondent pas exactement aux comptes effectu&#233;s pr&#232;s de Tobago. Il ne reste plus que 20&#160;tonneaux (environ 9&#160;000&#160;litres)&#160;&#8211; soit 2&#160;litres par personne et par jour si le Zorg atteint la Jama&#239;que en une semaine. Robert Stubbs d&#233;cide de ne pas rationner. Le 27&#160;novembre, une terre est en vue. Est-ce la Jama&#239;que ou l'&#238;le ennemie d'Hispaniola, occup&#233;e par les Fran&#231;ais et les Espagnols&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Stubbs calcule&#8230; et statue qu'il s'agit de cette derni&#232;re. Il faut poursuivre&#8230; Vingt-quatre heures plus tard, l'absence de terre &#224; l'horizon prouve qu'il s'est tromp&#233;. Il faut faire demi-tour et remonter au vent sur 330&#160;milles&#160;&#8211; &#224; raison de 30&#160;&#224; 35&#160;milles par jour. La situation devient critique. Le 29&#160;novembre&#160;1781, Kelsall est r&#233;tabli dans ses fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, les marins se r&#233;unissent pour statuer sur la conduite &#224; tenir au regard des r&#233;serves en eau. Kara &#233;crit&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une proposition est faite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par qui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On ne le saura jamais. Ce qui est s&#251;r, c'est que, &#224; l'issue de discussions, &#8220;il fut d&#233;cid&#233; &#224; l'unanimit&#233; de d&#233;truire une partie de la cargaison d'esclaves pour sauver le reste, de mettre les marins et les esclaves restants &#224; la petite ration afin qu'ils ne p&#233;rissent point&#8221;. L'&#233;quipage du Zorg a choisi le meurtre comme moyen de sauver sa peau.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre 123&#160;et 133&#160;esclaves jet&#233;s &#224; la mer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sinistre plan est aussit&#244;t mis &#224; ex&#233;cution&#160;: un &#224; un, les marins s&#233;lectionnent des esclaves qu'ils conduisent dans la cabine des officiers et font basculer par la fen&#234;tre. 55&#160;femmes et enfants sont jet&#233;s aux requins ce soir-l&#224;, y compris le b&#233;b&#233; n&#233; &#224; bord. Le lendemain, 30&#160;novembre, rebelote. 42&#160;hommes, cette fois, sont jet&#233;s deux par deux, encha&#238;n&#233;s l'un &#224; l'autre, dans les eaux noires. Les jours suivants voient se r&#233;p&#233;ter l'ignoble exercice. Au final, entre 123&#160;et 133&#160;esclaves ont &#233;t&#233; jet&#233;s &#224; la mer. Dix autres se sont suicid&#233;s dans les jours qui ont suivi pour ne pas subir le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Zorg finit par atteindre la Jama&#239;que le 22&#160;d&#233;cembre&#160;1781, dans la baie de Black River, avec un taux de mortalit&#233; &#224; bord de plus de 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Un journal de la Jama&#239;que, le &lt;i&gt;Cornwall Chronicle&lt;/i&gt;, publie l'avis suivant&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le Zorg, cap. Collingwood, est arriv&#233; derni&#232;rement d'Afrique &#224; Black River, dans une grande d&#233;tresse. Apr&#232;s une travers&#233;e d'environ quatre mois, il fut entra&#238;n&#233; par un fort courant sous le vent de l'&#238;le. Son eau se trouvant presque &#233;puis&#233;e, les hommes furent r&#233;duits &#224; la d&#233;plorable n&#233;cessit&#233; de jeter par-dessus bord plus de 130&#160;esclaves, seul moyen probable de pr&#233;server la vie de l'&#233;quipage et du reste de la cargaison.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28&#160;d&#233;cembre, les agents de William Gregson, Coppels &amp; Aguilar, annoncent une vente&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VENDRE&lt;/span&gt; &#224; Black River, mercredi 9&#160;janvier, &#224; bord du navire le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ZORGUE&lt;/span&gt;, capitaine Luke Collingwood, en provenance de la c&#244;te de l'Or, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFRIQUE&lt;/span&gt;, 200&#160;jeunes &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOIRS&lt;/span&gt; de choix, Coromantins, Fantis et Ashantis par Coppels &amp; Aguilar.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Leur prix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Environ 36&#160;livres par personne (9&#160;300&#160;euros actuels). Collingwood ne profitera pas de ce modeste succ&#232;s commercial&#160;: il meurt &#224; la Jama&#239;que peu de temps apr&#232;s. Le Zorg, lui, est rebaptis&#233; le Richard, en hommage au capitaine Richard Hanley qui l'avait enlev&#233; aux Hollandais et qui est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; bord du William. Le Richard arrive &#224; Liverpool sans encombre le 30&#160;juillet&#160;1782. Son histoire, pourtant, ne s'arr&#234;te pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une demande d'indemnit&#233; pour une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;calamit&#233; in&#233;vitable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Homme d'affaires averti, William Gregson n'avait pas manqu&#233; de faire assurer son nouveau navire, le Zorg, apr&#232;s que Richard Hanley lui eut annonc&#233; sa prise. L'assureur &#224; la t&#234;te d'un groupe d'investisseurs s'appelait Thomas Gilbert. Le navire &#233;tait couvert &#224; hauteur de 2&#160;500&#160;livres (640&#160;000&#160;euros), et les esclaves &#224; hauteur de 30&#160;livres par t&#234;te. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les assurances telles que nous les connaissons aujourd'hui&#160;&#8211; de la couverture automobile &#224; l'indemnisation des catastrophes naturelles&#160;&#8211; reposent en grande partie sur des principes &#233;labor&#233;s &#224; l'&#233;poque de la traite n&#233;gri&#232;re par des compagnies telles que la Lloyd's&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Kara. Sans elles, les marchands d'esclaves n'auraient jamais pu engager les fortunes n&#233;cessaires pour financer les exp&#233;ditions n&#233;gri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les polices d'assurances excluent de leurs clauses les esclaves qui meurent de cause naturelle ou se suicident, elles pr&#233;voient en g&#233;n&#233;ral un d&#233;dommagement pour ceux que l'on ex&#233;cute en cas d'insurrection&#160;&#8211; dans une limite de 3&#160;&#224; 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Mais le cas des captifs jet&#233;s &#224; l'eau en l'absence d'insurrection n'est pas envisag&#233;&#8230; William Gregson s'engouffre dans la faille&#160;: le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier&#160;1783, il demande au syndicat Gilbert le versement de 30&#160;livres par esclave mort durant le voyage du Zorg. L'assureur refuse de payer. L'affaire est port&#233;e &#224; la cour du Banc du Roi. Un proc&#232;s est fix&#233; au 6&#160;mars&#160;1783, sous la pr&#233;sidence du lord juge en chef, le comte de Mansfield.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Gregson contre Gilbert est jug&#233;e &#224; Londres, dans la grande salle du Guildhall. Robert Stubbs est le seul t&#233;moin &#224; &#234;tre entendu, aucun journal de bord n'est disponible. Le meurtre est pr&#233;sent&#233; comme une &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;calamit&#233; in&#233;vitable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, un simple &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;accident de mer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans ce r&#233;cit, les morts ne sont pas des vies perdues, mais des pertes subies par les plaignants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la trag&#233;die est r&#233;duite &#224; une affaire de dommages financiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, souligne Siddarth Kara. Les jur&#233;s rendent rapidement leur verdict, favorable &#224; Gregson. Les assureurs, bien que furieux, vont devoir payer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les abolitionnistes s'emparent de l'affaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une lettre anonyme qui va leur venir en aide. Une lettre publi&#233;e le 18&#160;mars dans le &lt;i&gt;Morning Chronicle&lt;/i&gt; par quelqu'un qui a assist&#233; au proc&#232;s&#160;&#8211; sans doute, si l'on en croit l'enqu&#234;te de Siddarth Kara, le pr&#234;tre anglican abolitionniste James Ramsay (1733-1789)&#160;&#8211; souligne avec vigueur l'horreur des actes commis &#224; bord du Zorg, mais aussi l'absolue inhumanit&#233; de l'esclavage. In cauda venenum, la lettre s'ach&#232;ve sur ces mots&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il est remarquable que notre parlement trouve, &#224; chaque session, le loisir d'examiner et de r&#233;glementer la fa&#231;on de tuer une perdrix, afin qu'aucun abus ne soit commis et que l'animal soit dignement abattu, mais qu'il n'ait jamais jug&#233; bon de s'interroger sur la fa&#231;on dont, chaque ann&#233;e, plus de 50&#160;000&#160;malheureux, qui ne nous ont jamais caus&#233; le moindre tort, sont arrach&#233;s &#224; leur patrie par les pires monstres que ce pays puisse produire.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots dans un journal, qui tombent &#224; un moment o&#249; les rares opposants &#224; la traite cherchent un moyen d'en d&#233;noncer l'inhumanit&#233;. Le 18&#160;mars, Gustavus Vassa d&#233;couvre la lettre anonyme. Ancien esclave lui-m&#234;me, n&#233; Olaudah Equiano&#160;&#8211; il publie son autobiographie en&#160;1789&#160;&#8211;, l'homme originaire de l'ancien royaume du B&#233;nin est saisi d'effroi, bien qu'il connaisse d&#233;j&#224; parfaitement les horreurs de la traite. Il se pr&#233;cipite alors chez &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le seul homme d'Angleterre capable de faire quelque chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, selon Kara. Cet homme, c'est Granville Sharp (1735-1813), juriste, abolitionniste de la premi&#232;re heure, qui s'est d&#233;j&#224; fait conna&#238;tre en d&#233;fendant l'id&#233;e qu'un esclave &#233;chappant &#224; ses ma&#238;tres sur le sol britannique pouvait &#234;tre proclam&#233; libre. Pour Sharp, qui a &#233;crit plusieurs ouvrages visant &#224; d&#233;montrer l'ill&#233;galit&#233; de l'esclavage, l'histoire du Zorg repr&#233;sente une occasion de faire valoir ses id&#233;es. Les armateurs n'ayant pas pr&#233;sent&#233; les journaux de bord et les registres du navire, il convainc les assureurs de d&#233;poser une requ&#234;te aupr&#232;s de la cour du Banc du Roi dans l'id&#233;e de r&#233;clamer la tenue d'un nouveau proc&#232;s. L'&#233;tude de cette requ&#234;te est fix&#233;e au 21&#160;mai&#160;1783.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les trois magistrats mesurent la gravit&#233; de l'affaire&#160;: c'est la premi&#232;re fois qu'un armateur demande &#224; &#234;tre d&#233;dommag&#233; du meurtre d'Africains non insurg&#233;s, &#233;crit Siddarth Kara. Leur d&#233;cision sera lourde de cons&#233;quences pour l'&#233;conomie n&#233;gri&#232;re de la Grande-Bretagne, alors &#224; son apog&#233;e.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Dans son introduction, le comte Mansfield r&#233;sume l'affaire et les faits racont&#233;s par Robert Stubbs. Une phrase va rester dans l'Histoire&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La question soumise au jury fut celle de la n&#233;cessit&#233;&#160;: il ne faisait aucun doute (bien que cela choque) que le cas des esclaves &#233;tait le m&#234;me que si l'on avait jet&#233; des chevaux &#224; la mer.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Les captifs noirs, embarqu&#233;s de force, sont-ils comparables &#224; des animaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne sont-ils que de simples marchandises&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les avocats abolitionnistes attaquent&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La vie d'un homme vaut celle d'un autre, quelle que soit sa complexion, quelle que soit sa couleur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce tribunal est-il pr&#234;t &#224; dire que ces messieurs, dans de telles circonstances, avaient le droit de pr&#233;cipiter 130&#160;personnes vivantes dans l'oc&#233;an&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; au second plan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Siddarth Kara raconte l'ensemble des &#233;changes avec une pr&#233;cision toute cin&#233;matographique. John Lee, le principal avocat de Gregson&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Votre seigneurie le sait, dans nos provinces des Antilles, les esclaves sont des biens immeubles, transmissibles par h&#233;ritage. &#201;trangement, toute l'argumentation a jusqu'ici consist&#233; &#224; combattre ce que la police d'assurance tient pour acquis&#160;: que ce sont des biens.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Pourtant, ce n'est pas sur la question de l'humanit&#233; des captifs que les d&#233;bats vont se conclure, mais sur un d&#233;tail a priori anodin. Dans sa nouvelle d&#233;position, Robert Stubbs raconte incidemment qu'au soir du 30&#160;novembre&#160;1781 des nuages s'amoncelaient au-dessus du Zorg, et que, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;d&#233;cembre, 6&#160;tonneaux furent remplis d'eau de pluie. Cette manne tomb&#233;e du ciel n'a pas emp&#234;ch&#233; les marins de jeter encore 26&#160;esclaves par-dessus bord&#160;&#8211; alors m&#234;me qu'ils disposaient de suffisamment d'eau pour tenir une vingtaine de jours &#224; demi-ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; invoqu&#233;e par les avocats de William Gregson ne tient pas la route. Pis, le fait d'avoir continu&#233; &#224; sacrifier des esclaves laisse imaginer un plus noir dessein&#160;: et si les ma&#238;tres du navire, le sachant assur&#233;, avaient d&#233;cid&#233; de sacrifier les esclaves les plus affaiblis, certains qu'ils ne pourraient pas tirer de leur vente un prix sup&#233;rieur &#224; celui garanti par la police d'assurance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'ordre dans lequel les esclaves ont &#233;t&#233; jet&#233;s &#224; la mer, d'abord les femmes et les enfants, puis les hommes les plus faibles, et ce afin de pr&#233;server les hommes les plus vaillants, laisse imaginer qu'une fraude &#224; l'assurance a pu &#234;tre envisag&#233;e &#224; bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22&#160;mai&#160;1783, les juges acceptent la requ&#234;te des assureurs. Un nouveau proc&#232;s peut avoir lieu. William Gregson a senti le vent tourner, il renonce &#224; toute poursuite et reprend comme si de rien n'&#233;tait son macabre commerce. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le George, comme s'appelle maintenant le Zorg, effectuera entre 1783&#160;et 1794&#160;huit nouveaux voyages triangulaires pour le compte de la famille, introduisant 2&#160;933&#160;Africains dans les plantations des Cara&#239;bes, pr&#233;cise Kara. Gr&#226;ce aux profits de son commerce d'esclaves, Gregson entrera dans la finance en fondant la banque William Gregson, Sons &amp; Co. Elle sera plus tard rachet&#233;e par la Liverpool Royal Bank, qui finira elle-m&#234;me absorb&#233;e dans le g&#233;ant mondial Barclays.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une lutte sem&#233;e d'emb&#251;ches et pav&#233;e d'&#233;checs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'audience, qu'il a soigneusement consign&#233;e, Granville Sharp ne va pas m&#233;nager ses efforts pour faire conna&#238;tre l'affaire aupr&#232;s de l'Amiraut&#233;, du Premier ministre, des dignitaires de l'&#201;glise&#8230; Tandis que les premiers ne daignent pas r&#233;pondre, le pasteur Peter Peckard entame une longue correspondance avec Sharp. En&#160;1784, Peckard est nomm&#233; vice-chancelier de l'universit&#233; de Cambridge, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fonction qui lui donne le droit de r&#233;diger le sujet du prestigieux concours annuel de dissertation latine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. En&#160;1785, il pose cette question provocatrice&#160;: est-il l&#233;gitime de r&#233;duire autrui en esclavage contre son gr&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours sera remport&#233; par le jeune Thomas Clarkson (1760-1846) avec son &lt;i&gt;Essai sur l'esclavage et le commerce de l'esp&#232;ce humaine, en particulier des Africains&lt;/i&gt;. Peu de temps apr&#232;s, Clarkson prendra la d&#233;cision de consacrer sa vie &#224; la lutte contre l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22&#160;mai&#160;1787, quand a lieu la premi&#232;re r&#233;union des 12&#160;membres fondateurs de la Soci&#233;t&#233; pour l'abolition de la traite des esclaves, qui d&#233;signe Granville Sharp comme pr&#233;sident, l'une des premi&#232;res d&#233;cisions prises est celle de faire circuler abondamment l'essai de Clarkson. La lutte des abolitionnistes commence, elle sera longue, sem&#233;e d'emb&#251;ches et pav&#233;e d'&#233;checs. Un premier projet de loi d'abolition de la traite sera rejet&#233; en avril&#160;1791. Un autre projet, d&#233;pos&#233; un an plus tard par William Wilberforce (1759-1833), obtient l'interdiction graduelle de la traite, fix&#233;e &#224;&#160;1796. En r&#233;alit&#233;, celle-ci ne sera obtenue qu'en mars&#160;1807, gr&#226;ce &#224; l'abn&#233;gation de Sharp, de Clarkson, de Wilberforce et de l'ensemble du mouvement abolitionniste. L'esclavage, lui, prendra fin en&#160;1838, cinq ans apr&#232;s le Slavery Abolition Act de&#160;1833.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Accepter, demander pardon et r&#233;parer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le proc&#232;s du Zorg fut le premier, devant un tribunal britannique, &#224; d&#233;battre de la question de savoir si les esclaves africains &#233;taient des personnes ou des biens, des &#234;tres humains ou des animaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, soutient Kara. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Apr&#232;s l'audience de Westminster Hall en&#160;1783, int&#233;gralement retranscrite gr&#226;ce &#224; Granville Sharp, la nature immorale et absolument d&#233;sastreuse de la traite n&#233;gri&#232;re fut enfin r&#233;v&#233;l&#233;e au public. Le d&#233;bat de civilisation allait se poursuivre pendant les d&#233;cennies suivantes et aboutir &#224; l'abolition de la traite atlantique.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir aujourd'hui sur la trag&#233;die, pour un &#233;crivain qui consacre la plupart de ses recherches &#224; l'esclavage contemporain, n'est pas anodin. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne crois pas que la plupart des nations impliqu&#233;es dans la traite n&#233;gri&#232;re aient pleinement mesur&#233; ou accept&#233; l'ampleur du pr&#233;judice qu'elles ont inflig&#233; aux peuples d'Afrique pendant plus de 350&#160;ans&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dit-il. Une parole qui r&#233;sonne alors qu'une r&#233;solution des Nations unies, adopt&#233;e fin mars par 123&#160;voix pour, 3&#160;contre (&#201;tats-Unis, Isra&#235;l, Argentine) et 52&#160;abstentions (dont le Royaume-Uni et les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne, dont la France), d&#233;clare &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la traite des Africains r&#233;duits en esclavage et l'esclavage racialis&#233; des Africains&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; comme &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les plus graves crimes contre l'humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, condamnant cette &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte appelle les &#201;tats &#224; s'engager dans un processus de justice pour r&#233;parer les torts du pass&#233;, notamment des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pill&#233;s. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Tr&#232;s peu d'&#233;l&#232;ves prennent conscience de la v&#233;ritable inhumanit&#233; de la traite n&#233;gri&#232;re&lt;/i&gt;, reprend l'auteur. &lt;i&gt;Tant que nous ne conna&#238;trons pas toute la v&#233;rit&#233; sur ce qui s'est pass&#233;, il est impossible de l'accepter, et encore moins d'envisager la question des r&#233;parations.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;#&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Siddharth Kara, &lt;i&gt;Le Zorg. La trag&#233;die &#224; l'origine de l'abolition de l'esclavage&lt;/i&gt;, &#233;ditions Paulsen, 306&#160;pages, 23&#160;euros, traduit par Anatole Tomczak.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3379 spip_documents spip_documents_center'
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&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/le_zorg.jpg' arial-label=&#034;&#169; DR&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;800&#034; data-photo-h=&#034;1120&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:140%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH224/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30-43e4e.jpg?1779249622' alt='&#169; DR' data-src='IMG/jpg/le_zorg.jpg' data-l='800' data-h='1120' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;},&#034;800&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg?1779122043&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122043&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122043&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122043&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122044&#034;},&#034;800&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122044&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/56e36530dea5b7344d873bff73ff6b30.jpg.webp?1779122044&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='224' /&gt;&lt;/picture&gt;
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&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les espoirs et les craintes du Somaliland apr&#232;s la reconnaissance d'Isra&#235;l</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Les-espoirs-et-les-craintes-du-Somaliland-apres-la-reconnaissance-d-Israel</link>
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		<dc:date>2026-05-18T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Th&#233;ophile Simon</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Reportage</dc:subject>
		<dc:subject>Somalie</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Somaliland</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;claration de Tel&#160;Aviv, en 2025, a raviv&#233; l'espoir de Hargeisa de voir un afflux d'investissements &#233;trangers. Sur le terrain, l'optimisme se heurte aux fragilit&#233;s du territoire et &#224; l'incertitude suscit&#233;e par la guerre en Iran. &lt;br class='autobr' /&gt; Un convoi de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUV&lt;/span&gt; aux vitres teint&#233;es fend les ruelles poussi&#233;reuses de Hargeisa, la capitale du Somaliland, puis dispara&#238;t derri&#232;re les grilles du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res. Sangl&#233;s dans d'impeccables costumes-cravates, quatre hommes d'affaires&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afriquexxi.info/Magazine" rel="directory"&gt;Magazine&lt;/a&gt;

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[&lt;a href="[(mot55.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Géopolitique|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot252.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Reportage|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot566.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Somalie|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot930.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Indépendance|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot1217.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(États-Unis|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1234.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Israël|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1309.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Politique|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/a54517d6c2d78758f63b5d207ed046-450dd.jpg?1779076803' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;claration de Tel&#160;Aviv, en 2025, a raviv&#233; l'espoir de Hargeisa de voir un afflux d'investissements &#233;trangers. Sur le terrain, l'optimisme se heurte aux fragilit&#233;s du territoire et &#224; l'incertitude suscit&#233;e par la guerre en Iran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un convoi de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUV&lt;/span&gt; aux vitres teint&#233;es fend les ruelles poussi&#233;reuses de Hargeisa, la capitale du Somaliland, puis dispara&#238;t derri&#232;re les grilles du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res. Sangl&#233;s dans d'impeccables costumes-cravates, quatre hommes d'affaires australiens s'extraient des v&#233;hicules et s'engouffrent dans le b&#226;timent aux colonnades vert-blanc-rouge, couleurs du drapeau de cet &#201;tat autoproclam&#233; de l'ouest de la Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but du mois d'avril, Abdirahman Bakal, le ministre, accueille ses h&#244;tes avec un grand sourire. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quelles sont vos impressions du pays&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, interroge-t-il en prenant place dans un salon r&#233;serv&#233; aux visiteurs. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tr&#232;s bonnes. C'&#233;tait important pour nous de venir voir cela sur le terrain. Nous transmettrons un message positif &#224; nos actionnaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond l'un des Australiens. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Qu'ils soient tranquilles. Le Somaliland est &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Somaliland-l-impression-de-vivre-dans-une-Suisse-pauvre&#034;&gt;un havre de paix et de stabilit&#233;&lt;/a&gt;. C'est l'endroit le plus s&#251;r de toute la Corne de l'Afrique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, affirme le ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s de Perth, les investisseurs prospectent pour le compte de la soci&#233;t&#233; mini&#232;re australienne &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EAU&lt;/span&gt; Mining, sp&#233;cialis&#233;e dans les minerais &#224; usage industriel. &#192; la sortie du minist&#232;re, le patron de l'entreprise, James Durrant, confie avoir entrepris ce voyage apr&#232;s qu'Isra&#235;l est devenu, le 26&#160;d&#233;cembre&#160;2025, &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/La-reconnaissance-du-Somaliland-par-Israel-une-decision-a-double-tranchant&#034;&gt;le premier pays au monde &#224; reconna&#238;tre l'ind&#233;pendance du Somaliland&lt;/a&gt;, proclam&#233;e en&#160;1991. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est un signal fort, qui laisse penser que le Somaliland pourrait bient&#244;t faire son entr&#233;e sur la sc&#232;ne internationale. Nous suivons de pr&#232;s les signes d'une reconnaissance plus large et franchirons le pas lorsqu'ils seront suffisamment convergents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, assure-t-il avant de remonter &#224; bord de son convoi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'heure du Somaliland a enfin sonn&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s somalilandaises esp&#232;rent que la reconnaissance d'Isra&#235;l provoquera un double effet d'entra&#238;nement sur les plans diplomatique et &#233;conomique. Plus de trois d&#233;cennies apr&#232;s avoir fait s&#233;cession avec la Somalie &#224; la suite de terribles massacres orchestr&#233;s par Mogadiscio, &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'heure du Somaliland a enfin sonn&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, proclame Mohamed Abdirahman, le bras droit du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il est temps que le monde acte que nous avons construit une v&#233;ritable nation et reconnaisse notre droit &#224; l'autod&#233;termination.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays sont bel et bien tent&#233;s de suivre Tel-Aviv, en d&#233;pit du principe d'intangibilit&#233; des fronti&#232;res. En qu&#234;te d'un acc&#232;s &#224; la mer, l'&#201;thiopie a failli conclure en&#160;2024 un accord avec Hargeisa portant sur une bande c&#244;ti&#232;re de 19&#160;kilom&#232;tres sur le golfe d'Aden, avant de reculer sous la pression de Mogadiscio. Les &#201;mirats arabes unis, engag&#233;s de longue date dans le d&#233;veloppement du grand port de Berbera, o&#249; ils disposent &#233;galement d'une base militaire, suivent &#233;galement le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3359 spip_documents spip_documents_center large'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-20.jpg' arial-label=&#034;Dans les rues de Berbera, principale ville portuaire du Somaliland (avril 2026).&#034; title=&#034;Dans les rues de Berbera, principale ville portuaire du Somaliland (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1799&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:74.958333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc-e5744.jpg?1779076803' alt='Dans les rues de Berbera, principale ville portuaire du Somaliland (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-20.jpg' data-l='2400' data-h='1799' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603070&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603070&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603071&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603071&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603071&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603072&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg?1778603071&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603070&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603070&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603070&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603071&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603071&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603072&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/36dd7dac5a76be9491048ba04cc7bfcc.jpg.webp?1778603072&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3359 '&gt;&lt;strong&gt;Dans les rues de Berbera, principale ville portuaire du Somaliland (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3359 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Mais la clef de vo&#251;te d'une reconnaissance plus large se trouve &#224; Washington, o&#249; une partie de l'establishment r&#233;publicain &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Somaliland-Une-reconnaissance-etats-unienne-au-mepris-du-genocide-a-Gaza&#034;&gt;plaide la cause somalilandaise&lt;/a&gt; aupr&#232;s de la Maison-Blanche. Le puissant s&#233;nateur texan Ted Cruz, tr&#232;s proche d'Isra&#235;l, est l'un des principaux thurif&#233;raires de Hargeisa. Lors d'une r&#233;union au S&#233;nat, le 23&#160;avril, le politicien a soulign&#233; la &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pertinence strat&#233;gique de plus en plus importante du Somaliland&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et affirm&#233; que Donald Trump pourrait reconna&#238;tre l'&#201;tat autoproclam&#233; avant la fin de son mandat. En parall&#232;le, un groupe d'&#233;lus &#224; la Chambre des repr&#233;sentants a d&#233;pos&#233; en mars une proposition de loi chargeant le Tr&#233;sor d'identifier les obstacles juridiques qui freinent l'acc&#232;s du Somaliland au syst&#232;me financier &#233;tats-unien. En ligne de mire&#160;: une int&#233;gration au r&#233;seau de transfert international Swift, essentiel aux transactions en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un h&#244;tel cinq &#233;toiles inaugur&#233; en ao&#251;t&#160;2025&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nos banques ne peuvent pas lever d'argent sur les march&#233;s internationaux, ce qui les condamne &#224; pratiquer des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;dhibitoires pour les entreprises locales. L'acc&#232;s au syst&#232;me Swift serait, &#224; cet &#233;gard, plus d&#233;cisif qu'une reconnaissance diplomatique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve Musa Dhaqaale, un &#233;conomiste somalilandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;App&#226;t&#233;es par la dynamique en cours, quelques entreprises &#233;trang&#232;res ont fait le d&#233;placement &#224; Hargeisa l'hiver dernier&#160;: outre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EAU&lt;/span&gt; Mining, la banque offshore malaisienne Golden Touch Investment Bank, qui agit comme interm&#233;diaire pour des investisseurs asiatiques, s'y est rendue en f&#233;vrier. Deux soci&#233;t&#233;s isra&#233;liennes &#8211;&#160;VisiRight, sp&#233;cialis&#233;e dans les technologies de surveillance, et Amore Capital, un cabinet de conseil&#160;&#8211; ont &#233;galement annonc&#233; leur intention de s'implanter au Somaliland. Contact&#233;, le minist&#232;re somalilandais du Commerce assure que d'autres entreprises &#233;trang&#232;res manifestent leur int&#233;r&#234;t, sans en pr&#233;ciser ni l'identit&#233; ni les secteurs d'activit&#233;. L'&#233;bullition &#233;conomique esp&#233;r&#233;e apr&#232;s la reconnaissance isra&#233;lienne tarde encore &#224; se mat&#233;rialiser.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3360 spip_documents spip_documents_center large'
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&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-3.jpg' arial-label=&#034;Sur un march&#233; de Hargeisa, capitale du Somaliland (avril 2026).&#034; title=&#034;Sur un march&#233; de Hargeisa, capitale du Somaliland (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1799&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:74.958333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c-cc924.jpg?1779076803' alt='Sur un march&#233; de Hargeisa, capitale du Somaliland (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-3.jpg' data-l='2400' data-h='1799' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603074&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603075&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg?1778603074&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603073&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603073&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603073&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603074&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603074&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603075&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603075&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/2ce02140b8e18916bdee51fe8767418c.jpg.webp?1778603075&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3360 '&gt;&lt;strong&gt;Sur un march&#233; de Hargeisa, capitale du Somaliland (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3360 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel est pourtant l&#224;. Vu du terrain, le Somaliland offre, pour un investisseur &#233;tranger, une carte de visite &#233;tonnamment flatteuse. Hargeisa affiche les traits d'une ville africaine prosp&#232;re, avec ses caf&#233;s anim&#233;s par une jeunesse &#233;l&#233;gante et connect&#233;e. Ici, des &#233;tudiantes immortalisent en selfie l'ouverture d'un restaurant de gaufres au Nutella&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224;, un nouveau centre commercial d'acier et de verre s'appr&#234;te &#224; ouvrir ses boutiques et ses agences de voyages. Les coupures d'&#233;lectricit&#233; sont rares, les rues bien entretenues, les march&#233;s bien approvisionn&#233;s. Son a&#233;roport permet de rallier directement les grandes m&#233;tropoles r&#233;gionales, comme Duba&#239;, Jeddah ou Addis-Abeba. Dominant l'ensemble, le premier h&#244;tel cinq &#233;toiles du pays, inaugur&#233; &#224; l'&#233;t&#233;&#160;2025, se dresse au sommet d'une colline.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes une d&#233;mocratie fonctionnelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un ruban d'asphalte impeccable, &#224; quelque cent cinquante kilom&#232;tres vers le nord, se dresse le port de Berbera et ses trois portiques de quai ultramodernes. Construit par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DP&lt;/span&gt;&#160;World, ce terminal ambitionne &#224; terme de concurrencer celui de Djibouti pour approvisionner le g&#233;ant d&#233;mographique &#233;thiopien. Pass&#233;e la verdoyante cha&#238;ne des monts Golis, le haut plateau de la r&#233;gion de Burao r&#233;v&#232;le une vie pastorale&#160;: un patchwork d'&#233;tendues semi-arides piquet&#233;es des taches claires de troupeaux de ch&#232;vres, de chameaux et de b&#339;ufs. Dans l'attente de la mont&#233;e en puissance du corridor Berbera-Addis-Abeba, l'&#233;conomie demeure encore largement tributaire de l'exportation de ce b&#233;tail vers la p&#233;ninsule Arabique, mais aussi des transferts d'argent de la diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;portfolio_ligne&#034;&gt;
&lt;li data-width=&#034;2400&#034; data-height=&#034;1799&#034; style=&#034;width:400.22234574764px&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_documents spip_documents_ligne&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-4.jpg' title=&#034;Le march&#233; aux dromadaires de Hargeisa (avril 2026).&#034; arial-label=&#034;Le march&#233; aux dromadaires de Hargeisa (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1799&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:74.958333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41-b2ea8.jpg?1779076803' alt='Le march&#233; aux dromadaires de Hargeisa (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-4.jpg' data-l='2400' data-h='1799' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603075&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg?1778603077&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603076&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/f37564cadafc228b1bdb694f41f6ce41.jpg.webp?1778603077&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3358 '&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; aux dromadaires de Hargeisa (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3358 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;portfolio_ligne&#034;&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_documents spip_documents_ligne&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-6.jpg' title=&#034;Vue a&#233;rienne du port de Berbera, dans l'ouest de la Somalie, construit par l'entreprise &#233;mirienne DP World.&#034; arial-label=&#034;Vue a&#233;rienne du port de Berbera, dans l'ouest de la Somalie, construit par l'entreprise &#233;mirienne DP World.&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1799&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:74.958333333333%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17-6d427.jpg?1779076803' alt='Vue a&#233;rienne du port de Berbera, dans l'ouest de la Somalie, construit par l'entreprise &#233;mirienne DP World.' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-6.jpg' data-l='2400' data-h='1799' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603077&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg?1778603079&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603078&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/0b458d103b0b966aeeb081b496c80f17.jpg.webp?1778603079&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3361 '&gt;&lt;strong&gt;Vue a&#233;rienne du port de Berbera, dans l'ouest de la Somalie, construit par l'entreprise &#233;mirienne &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DP&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; World.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3361 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Sans reconnaissance internationale ni v&#233;ritable acc&#232;s &#224; l'aide au d&#233;veloppement, le Somaliland affiche pourtant un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt; par habitant sup&#233;rieur d'environ 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; celui du reste de la Somalie, ainsi qu'un taux de pauvret&#233; deux fois plus faible. Surtout, il est parvenu &#224; construire un syst&#232;me politique &#224; la fois stable et d&#233;mocratique, malgr&#233; des tensions persistantes entre le clan des Isaaq, dominant sur les plans d&#233;mographique et territorial, et les autres grands groupes, les Dir &#224; l'ouest et les Darod &#224; l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes une d&#233;mocratie fonctionnelle, la plus avanc&#233;e de toute la r&#233;gion. Depuis la s&#233;cession de&#160;1991, nous avons connu six &#233;lections pr&#233;sidentielles et autant de transferts pacifiques du pouvoir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve l'avocat Guleid Jama, tr&#232;s en pointe sur la d&#233;fense des droits fondamentaux. L'homme ne se montre pas pour autant ang&#233;lique&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Notre Constitution, qui date de&#160;2001, est plut&#244;t progressiste. Mais notre Code p&#233;nal reste fond&#233; sur l'h&#233;ritage mussolinien de la colonisation italienne, ce qui conduit r&#233;guli&#232;rement la police &#224; entraver le travail des journalistes et des opposants politiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3362 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-17.jpg' arial-label=&#034;Marwo Sucaad, l'une des principales opposantes au pouvoir en place, au si&#232;ge de son parti Kaah, &#224; Hargeisa (avril 2026).&#034; title=&#034;Marwo Sucaad, l'une des principales opposantes au pouvoir en place, au si&#232;ge de son parti Kaah, &#224; Hargeisa (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1800&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:75%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71-43ae0.jpg?1779076803' alt='Marwo Sucaad, l'une des principales opposantes au pouvoir en place, au si&#232;ge de son parti Kaah, &#224; Hargeisa (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-17.jpg' data-l='2400' data-h='1800' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603081&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg?1778603081&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603080&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603081&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/29a3c8a408b5da6719989eb3bfb6cf71.jpg.webp?1778603081&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3362 '&gt;&lt;strong&gt;Marwo Sucaad, l'une des principales opposantes au pouvoir en place, au si&#232;ge de son parti Kaah, &#224; Hargeisa (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3362 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Marwo Sucaad, figure du parti d'opposition Kaah (&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;harmonie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;) Alliance for Equality and Development, confirme ce constat. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nos gouvernements sont &#233;lus d&#233;mocratiquement, sans l'ombre d'un doute. La campagne de&#160;2024 a &#233;t&#233; dynamique, et la participation &#233;lev&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, assure-t-elle depuis le si&#232;ge de son parti, un b&#226;timent repeint en rouge vif nich&#233; dans la banlieue de Hargeisa. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il y a encore des progr&#232;s &#224; faire&#160;: la corruption existe, les femmes restent largement exclues du pouvoir. Mais quelle d&#233;mocratie peut se targuer d'&#234;tre parfaite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Isra&#235;l veut installer un poste avanc&#233; ici&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'irruption d'Isra&#235;l dans la Corne de l'Afrique pourrait-elle compromettre ces progr&#232;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La reconnaissance de l'&#201;tat h&#233;breu, accueillie par des sc&#232;nes de liesse dans les rues de Hargeisa, appara&#238;t &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/La-reconnaissance-du-Somaliland-par-Israel-une-decision-a-double-tranchant&#034;&gt;&#224; double tranchant&lt;/a&gt;. &#192; peine deux mois plus tard, Tel-Aviv s'engageait dans un conflit avec l'Iran dont les flammes menacent de s'&#233;tendre jusqu'&#224; la mer Rouge et le golfe d'Aden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau de la principale cha&#238;ne somalilandaise, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MMTV&lt;/span&gt;, les d&#233;bats se teintent d&#233;sormais d'inqui&#233;tude. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Maintenant que nous sommes alli&#233;s &#224; Isra&#235;l, la guerre pourrait-elle arriver jusqu'ici&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, s'interrogeait d&#233;but avril le journaliste Suleiman Sahanzao aupr&#232;s d'Abdirisak Ali, politologue somalilandais ayant fait l'essentiel de sa carri&#232;re dans le Golfe. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous n'avons pas &#224; craindre ce conflit. Depuis les attaques du 7&#160;octobre&#160;2023, Isra&#235;l a pris l'ascendant sur ses ennemis au point de devenir la puissance dominante du Moyen-Orient. Cette alliance nous permettra de nous d&#233;velopper, &#224; l'image de l'Arabie saoudite qui a b&#233;n&#233;fici&#233; de la protection des &#201;tats-Unis apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pondait l'expert avec assurance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les regards se tournent vers Berbera, o&#249; Isra&#235;l envisagerait d'implanter un poste avanc&#233; afin de surveiller le d&#233;troit de Bab el-Mandeb et les houthistes au Y&#233;men. Ce projet n'a &#233;t&#233; confirm&#233; ni par Tel-Aviv ni par Hargeisa, mais, le 12&#160;mars, Bloomberg rapportait que des responsables isra&#233;liens auraient d&#233;j&#224; entrepris des rep&#233;rages sur une zone littorale susceptible d'accueillir une &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;base ou installation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; militaire &#224; l'ouest de Berbera. Un ministre somalilandais a par ailleurs indiqu&#233; au m&#233;dia que Hargeisa m&#232;nerait &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; coup s&#251;r une analyse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; sur l'&#233;ventualit&#233; d'accueillir une telle pr&#233;sence isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; fin mars, Mohamed Abdirahman, du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, accuse Bloomberg d'avoir &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;manqu&#233; de clart&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; sans pour autant infirmer les informations. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes encore au stade de la prise de contacts diplomatiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, se contente-t-il de r&#233;pondre en marge de la visite des Australiens. Une source tr&#232;s proche des cercles du pouvoir se montre plus directe. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est un secret de Polichinelle&#160;: Isra&#235;l veut installer un poste avanc&#233; ici. Mais, dans le contexte actuel de crise au Moyen-Orient, le gouvernement ne peut pas encore l'assumer. Nos ministres, peu habitu&#233;s &#224; voir d&#233;barquer des journalistes &#233;trangers dans leur bureau, se sont avanc&#233;s un peu trop vite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il sous le couvert de l'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes au bord d'une nouvelle guerre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Y&#233;men, les houthistes ont d&#233;clar&#233; d&#232;s le 28&#160;d&#233;cembre que Berbera constituait d&#233;sormais une &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cible l&#233;gitime&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Une menace que Hargeisa a peu de moyens de dissuader. Son arm&#233;e, principalement &#233;quip&#233;e de chars et de lance-roquettes r&#233;cup&#233;r&#233;s &#224; Mogadiscio &#224; la fin de la guerre civile des ann&#233;es&#160;1980, ne dispose pas de capacit&#233;s de d&#233;fense antia&#233;rienne. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le Somaliland se pr&#233;pare &#224; ce type de situation. Nos g&#233;n&#233;raux travaillent jour et nuit pour garantir la s&#233;curit&#233; du pays&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, assure pourtant Mohamed Abdirahman.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;portfolio_ligne&#034;&gt;
&lt;li data-width=&#034;2400&#034; data-height=&#034;1800&#034; style=&#034;width:400px&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_documents spip_documents_ligne&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-12.jpg' title=&#034;&#192; gauche et &#224; droite : les garde-c&#244;tes somalilandais &#224; l'entr&#233;e du port de Berbera (avril 2026).&#034; arial-label=&#034;&#192; gauche et &#224; droite : les garde-c&#244;tes somalilandais &#224; l'entr&#233;e du port de Berbera (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1800&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:75%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d-60c03.jpg?1779076803' alt='&#192; gauche et &#224; droite : les garde-c&#244;tes somalilandais &#224; l'entr&#233;e du port de Berbera (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-12.jpg' data-l='2400' data-h='1800' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603082&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603082&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603083&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603083&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg?1778603083&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603082&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603082&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603082&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603083&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603083&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/f177ff1aad9ea645d7028d276664a21d.jpg.webp?1778603084&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3363 '&gt;&lt;strong&gt;&#192; gauche et &#224; droite&#160;: les garde-c&#244;tes somalilandais &#224; l'entr&#233;e du port de Berbera (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3363 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;portfolio_ligne&#034;&gt;
&lt;li data-width=&#034;2400&#034; data-height=&#034;1800&#034; style=&#034;width:400px&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_documents spip_documents_ligne&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-13.jpg' title=&#034;Avec leurs faibles moyens, ces &#233;quipes doivent surveiller pr&#232;s de 1 000 km de c&#244;tes faisant face au Y&#233;men (avril 2026).&#034; arial-label=&#034;Avec leurs faibles moyens, ces &#233;quipes doivent surveiller pr&#232;s de 1 000 km de c&#244;tes faisant face au Y&#233;men (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1800&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:75%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/79905a13733aadad9064ca0822587a5c-6ce60.jpg?1779076803' alt='Avec leurs faibles moyens, ces &#233;quipes doivent surveiller pr&#232;s de 1 000 km de c&#244;tes faisant face au Y&#233;men (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-13.jpg' data-l='2400' data-h='1800' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603084&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603084&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603085&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603085&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg?1778603085&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603084&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603084&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603084&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603085&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603085&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/79905a13733aadad9064ca0822587a5c.jpg.webp?1778603086&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3364 '&gt;&lt;strong&gt;Avec leurs faibles moyens, ces &#233;quipes doivent surveiller pr&#232;s de 1&#160;000&#160;km de c&#244;tes faisant face au Y&#233;men (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3364 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour Marwo Sucaad, du parti Kaah, la v&#233;ritable menace est une r&#233;surgence du conflit larv&#233; avec Mogadiscio. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La r&#233;gion de l'Est est toujours disput&#233;e. La Somalie, qui b&#233;n&#233;ficie de l'appui des Turcs, des Chinois, des &#201;gyptiens et des Saoudiens, pourrait relancer les hostilit&#233;s en r&#233;torsion de la reconnaissance isra&#233;lienne. Nous sommes au bord d'une nouvelle guerre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, s'inqui&#232;te la femme politique, rappelant que les jihadistes d'Al-Shabab ont annonc&#233; le 27&#160;d&#233;cembre dernier qu'ils &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;combattr[aie]nt&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; toute tentative d'Isra&#235;l d'&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;utiliser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; le Somaliland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;havre de paix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; somalilandais aura besoin de davantage que la reconnaissance de Tel-Aviv pour d&#233;coller. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Seul Washington peut mettre au pas les parrains de la Somalie. C'est donc la seule protection qui compte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, conclut Marwo Sucaad. Le gouvernement somalilandais semble partager cette analyse. Bien moins &#233;vasif que sur le dossier isra&#233;lien, il a d&#233;clar&#233; &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFP&lt;/span&gt; fin f&#233;vrier &#234;tre pr&#234;t &#224; offrir aux &#201;tats-Unis un &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;acc&#232;s exclusif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; &#224; ses ressources mini&#232;res, ainsi que l'acc&#232;s &#224; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des bases militaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Des &#233;missaires de l'arm&#233;e &#233;tats-unienne se sont rendus &#224; Hargeisa et &#224; Berbera en juin puis en novembre&#160;2025. Rien n'indique toutefois que Washington soit press&#233; d'y d&#233;ployer des troupes, alors que les &#201;tats-Unis disposent d&#233;j&#224; d'une base &#224; Djibouti et coop&#232;rent avec Mogadiscio dans la lutte antiterroriste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un manque cruel de financements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sous-sol somalilandais rec&#232;lerait notamment de p&#233;trole, de gaz, de lithium, de terres rares ainsi que de divers m&#233;taux. Plusieurs entreprises &#233;trang&#232;res se sont d&#233;j&#224; positionn&#233;es&#160;: la britannique Genel Energy prospecte des hydrocarbures depuis&#160;2012&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la ta&#239;wanaise Chang Development Company et la saoudienne Kilomass s'int&#233;ressent au lithium. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EAU&lt;/span&gt; Mining pourrait bient&#244;t leur embo&#238;ter le pas. Mais au-del&#224; de ces indices g&#233;ologiques, peu de gisements ont, &#224; ce stade, &#233;t&#233; formellement confirm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3365 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-16.jpg' arial-label=&#034;Ahmed Guelleh est l'un des hommes les plus riches de la Corne de l'Afrique. Il a construit un empire dans le secteur de l'agro-alimentaire (avril 2026).&#034; title=&#034;Ahmed Guelleh est l'un des hommes les plus riches de la Corne de l'Afrique. Il a construit un empire dans le secteur de l'agro-alimentaire (avril 2026).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1800&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:75%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b-6701f.jpg?1779076803' alt='Ahmed Guelleh est l'un des hommes les plus riches de la Corne de l'Afrique. Il a construit un empire dans le secteur de l'agro-alimentaire (avril 2026).' data-src='IMG/jpg/somaliland_-_afrique_xxi-16.jpg' data-l='2400' data-h='1800' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603086&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603086&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603087&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603087&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603087&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603088&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg?1778603087&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603086&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603086&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603086&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603087&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603087&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603088&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603089&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/7705b640475c4ff4877c7b59a72c641b.jpg.webp?1778603088&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3365 '&gt;&lt;strong&gt;Ahmed Guelleh est l'un des hommes les plus riches de la Corne de l'Afrique. Il a construit un empire dans le secteur de l'agro-alimentaire (avril&#160;2026).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3365 '&gt;&#169; Th&#233;ophile Simon
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;L'homme d'affaires Ahmed Guelleh, fondateur de la plus grande usine de transformation alimentaire du pays, appelle le Somaliland &#224; ne pas concentrer tous ses espoirs sur la reconnaissance internationale et le secteur minier. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce n'est pas ainsi que nous cr&#233;erons les milliers d'emplois industriels dont notre jeunesse a besoin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, mart&#232;le-t-il depuis un entrep&#244;t o&#249; s'empilent les palettes de Coca-Cola mises en bouteilles dans son usine, au nord de Hargeisa. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous devons orienter nos efforts vers le secteur manufacturier, les technologies et l'agriculture. Une fois ce socle &#233;conomique en place, la reconnaissance internationale suivra d'elle-m&#234;me.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le Somaliland part ici avec de s&#233;rieux handicaps&#160;: une &#233;nergie tr&#232;s co&#251;teuse, car enti&#232;rement produite &#224; partir de fioul, une main-d'&#339;uvre peu qualifi&#233;e et un acc&#232;s &#224; l'eau limit&#233; par un climat aride. En f&#233;vrier, vingt-cinq ing&#233;nieurs somalilandais se sont envol&#233;s pour Isra&#235;l afin de se former aux techniques d'irrigation. Ils en sont revenus mi-&#233;merveill&#233;s mi-d&#233;courag&#233;s. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Leurs infrastructures sont impressionnantes, mais nous n'avons pas le premier centime pour reproduire ce mod&#232;le&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, regrette un ing&#233;nieur du minist&#232;re de l'Eau, dont le budget annuel s'&#233;l&#232;ve &#224; un peu moins de 2&#160;millions d'euros. Dans un territoire confront&#233; &#224; de lourdes contraintes structurelles, la reconnaissance ne suffira pas, &#224; elle seule, &#224; lever les obstacles au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment lutter contre la corruption en Afrique&#160;?</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Comment-lutter-contre-la-corruption-en-Afrique</link>
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		<dc:date>2026-05-17T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michael Pauron</dc:creator>


		<dc:subject>Droits humains</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Les sons</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dirigeant dans l'un des plus grands &#233;tablissements bancaires de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo de 2012 &#224; 2016, Jean-Jacques Lumumba est devenu l'un des lanceurs d'alerte les plus connus du continent africain en r&#233;v&#233;lant les d&#233;tournements de fonds massif de la famille Kabila. &lt;br class='autobr' /&gt; Note de la r&#233;daction&#160;: dans cet entretien, l'invit&#233; qualifie le Hezbollah d'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;organisation terroriste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce parti est consid&#233;r&#233; comme telle par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l. Sa branche arm&#233;e l'est aussi par l'Union&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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[&lt;a href="[(mot107.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Corruption|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot172.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Économie|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot1201.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(République démocratique du Congo|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1220.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(France|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
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[&lt;a href="[(mot1309.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Politique|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/fe4245fd43d530de662a84b172ca32-ce4c9.jpg?1779033602' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dirigeant dans l'un des plus grands &#233;tablissements bancaires de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo de 2012 &#224; 2016, Jean-Jacques Lumumba est devenu l'un des lanceurs d'alerte les plus connus du continent africain en r&#233;v&#233;lant les d&#233;tournements de fonds massif de la famille Kabila.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_document_3367 spip_documents spip_documents_audio spip_documents_center&#034;&gt; &lt;audio id='html_audio3367' controls style='width: 100%;' loading='lazy'&gt; &lt;source src='IMG/mp3/lutter_contre_la_corruption_en_afrique_avec_jean-jacques_lumumba.mp3' type='audio/mp3'&gt; &lt;/audio&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_intitules'&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_encadre'&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note de la r&#233;daction&#160;:&lt;/strong&gt; dans cet entretien, l'invit&#233; qualifie le Hezbollah d'&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;organisation terroriste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Ce parti est consid&#233;r&#233; comme telle par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l. Sa branche arm&#233;e l'est aussi par l'Union europ&#233;enne (2013) et la Ligue arabe (2017). Mais cette d&#233;finition est contest&#233;e par d'autres &#201;tats, dont le Liban lui-m&#234;me et la France qui a &#233;tabli un distinguo entre sa branche arm&#233;e et sa branche politique. Ce qui permet &#224; Paris de continuer &#224; dialoguer avec la principale organisation repr&#233;sentant la communaut&#233; chiite, elle-m&#234;me principale communaut&#233; du pays. Sur la d&#233;finition du terrorisme (qui ne fait pas consensus) lire &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/qu-est-ce-que-le-terrorisme,1303&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que le terrorisme&lt;/a&gt; et pour en savoir plus, lire &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/qu-est-ce-que-le-hezbollah,3657&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Qu'est-ce que le Hezbollah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;, de &#201;lisa Aumoitte, sur &lt;i&gt;Orient&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/F8rS8gGi3EU?si=tKbK-ZlX5uP8EAhX&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre exil&#233; en Europe, Jean-Jacques Lumumba d&#233;voile des milliers de documents qui prouvent les malversations au sein de son ancienne banque, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BGFI&lt;/span&gt;, au profit de l'entourage du pr&#233;sident Joseph Kabila. Les&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lumumba papers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont une d&#233;flagration pour le r&#233;gime en place. Dix ans apr&#232;s, le petit neveu de Patrice Lumumba, &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/RDC-USA-L-assassinat-de-Lumumba-est-un-drame-international&#034;&gt;Premier ministre assassin&#233; en 1961&lt;/a&gt; au lendemain de l'ind&#233;pendance, continue son combat contre la corruption en Afrique &#224; travers le collectif Restitutions pour l'Afrique (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RAF&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien pr&#233;sident congolais lui est aujourd'hui vis&#233; par des sanctions &#233;tats-uniennes pour son r&#244;le dans la r&#233;bellion M23 &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/M23-Rwanda-et-RD-Congo-une-longue-et-tumultueuse-histoire&#034;&gt;qui s&#233;vit dans l'est de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RD&lt;/span&gt;&#160;Congo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RAF&lt;/span&gt; est aussi partie civile dans le proc&#232;s intent&#233; contre Bollor&#233;, accus&#233; de corruption au Togo et en Guin&#233;e (voir notre s&#233;rie &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Bollore-un-empire-francafricain&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bollor&#233;, un empire fran&#231;africain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;, sur la fortune africaine du milliardaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Horizons&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt; est une &#233;mission coproduite par les journaux &lt;i&gt;Afrique&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Orient&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et le m&#233;dia &lt;a href=&#034;https://www.auposte.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au&#160;Poste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission a &#233;t&#233; diffus&#233;e en direct le 13&#160;mai&#160;2026 sur &lt;a href=&#034;https://www.auposte.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au&#160;Poste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e par Michael Pauron (&lt;i&gt;Afrique&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au Mali, un &#233;chec fran&#231;ais, aussi</title>
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		<dc:date>2026-05-15T12:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La R&#233;daction</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;thiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ditorial</dc:subject>
		<dc:subject>Tchad</dc:subject>
		<dc:subject>Niger</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DITO&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MALI&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHEC&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FRAN&lt;/span&gt;&#199;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AIS&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AUSSI&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les attaques conjointes men&#233;es le 25&#160;avril par les insurg&#233;s djihadistes et ind&#233;pendantistes, qui ont abouti, entre autres, &#224; la chute de Kidal et &#224; la mort du ministre de la D&#233;fense, on se gausse, dans les m&#233;dias fran&#231;ais, des d&#233;boires du r&#233;gime militaro-civil malien et de l'incapacit&#233; de son alli&#233; russe &#224; le soutenir dans cette guerre interminable. Sur un air de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;c'est bien fait&#160;pour eux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; aussi cynique que pu&#233;ril, les commentateurs&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afriquexxi.info/Magazine" rel="directory"&gt;Magazine&lt;/a&gt;

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[&lt;a href="[(mot1220.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(France|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/c02e0953ba9da0f2c57645bda39d7e-07161.jpg?1778849980' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DITO&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MALI&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHEC&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FRAN&lt;/span&gt;&#199;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AIS&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AUSSI&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les attaques conjointes &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Attaques-au-Mali-Une-secousse-monumentale-dans-l-histoire-malienne&#034;&gt;men&#233;es le 25&#160;avril&lt;/a&gt; par les insurg&#233;s djihadistes et ind&#233;pendantistes, qui ont abouti, entre autres, &#224; la chute de Kidal et &#224; la mort du ministre de la D&#233;fense, on se gausse, dans les m&#233;dias fran&#231;ais, des d&#233;boires du r&#233;gime militaro-civil malien et de l'incapacit&#233; de son alli&#233; russe &#224; le soutenir dans cette guerre interminable. Sur un air de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;c'est bien fait&#160;pour eux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; aussi cynique que pu&#233;ril, les commentateurs fran&#231;ais (journalistes, militaires &#224; la retraite, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;experts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en g&#233;opolitique, repr&#233;sentants politiques) se plaisent &#224; mettre en lumi&#232;re l'&#233;chec des officiers &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Mali-Ou-va-la-rectification&#034;&gt;qui ont pris le pouvoir par les armes en 2020&lt;/a&gt; et s'y accrochent depuis, et surtout l'inefficacit&#233; de l'appui militaire apport&#233; par Moscou, d'abord sous le label du &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Symphonie-d-un-nouvel-ordre-Wagner-en-Afrique&#034;&gt;groupe Wagner&lt;/a&gt;, et d&#233;sormais sous celui de l'Africa Corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur discours aussi simple que simpliste&#160;peut &#234;tre r&#233;sum&#233; ainsi&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ils n'avaient qu'&#224; pas nous chasser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; La France officielle et ses chiens de garde m&#233;diatiques n'ont toujours pas dig&#233;r&#233; l'affront de 2021, lorsque le nouveau pouvoir avait exig&#233; le d&#233;part des troupes de la force Barkhane tout en scellant une alliance avec l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ennemi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; russe. Ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;shonneur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211;&#160;ainsi du moins est-ce per&#231;u &#8211;&#160;nourrit un esprit de revanche aussi malsain qu'aveuglant. Car si, de toute &#233;vidence, la junte malienne et ses alli&#233;s russes, qui ne cessent de perdre du terrain, sont en &#233;chec, la France en est pleinement comptable &#8211;&#160;et pas seulement parce qu'elle non plus n'avait pas r&#233;ussi &#224; stopper l'avanc&#233;e des djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le dire, ou plut&#244;t le redire&#160;: cette guerre aurait peut-&#234;tre pu &#234;tre termin&#233;e il y a de cela des ann&#233;es si la France n'avait pas sap&#233; toutes les initiatives poussant &#224; l'ouverture d'un dialogue entre les autorit&#233;s de Bamako et les groupes arm&#233;s djihadistes. Personne ne sait ce qu'un tel dialogue aurait donn&#233;, et il est probable qu'il aurait abouti &#224; un accord bancal, voire &#224; l'&#233;mergence d'un r&#233;gime politique intol&#233;rant. Mais il est &#233;vident, aujourd'hui, au regard du rapport de force, de l'incapacit&#233; de l'arm&#233;e malienne et de ses soutiens (qu'ils soient fran&#231;ais ou russes) &#224; infl&#233;chir la situation, mais aussi de l'&#233;volution des consciences et du rejet manifeste d'une partie de la population malienne &#224; l'&#233;gard d'un pouvoir central per&#231;u comme pr&#233;dateur, qu'il faudra en passer par l&#224; &#8211;&#160;comme partout ailleurs lorsqu'il s'agit de sortir d'un conflit arm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pr&#232;s de dix ans que des acteurs politiques locaux et nationaux, des chefs religieux et des notables, mais aussi des observateurs &#233;trangers et des think tanks soutiennent la mise en place d'un dialogue. &#192; de multiples reprises depuis 2017, et r&#233;cemment encore, en 2024, les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;forces vives&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Mali, &#224; l'issue d'assises, de conf&#233;rences ou de forums, l'ont appel&#233; de leurs v&#339;ux. Et l'on sait que la hi&#233;rarchie du Jnim (Jam&#257;&#703;at nu&#7779;rat al-isl&#257;m wal-muslim&#299;n, en fran&#231;ais Groupe de soutien &#224; l'islam et aux musulmans, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GSIM&lt;/span&gt;) y est ouverte depuis quelques ann&#233;es, et plus encore aujourd'hui&#160;: elle en appelle d&#233;sormais aux forces politiques du pays pour chasser le r&#233;gime d'Assimi Go&#239;ta et ses alli&#233;s russes et entamer des discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honni &#224; Paris, le pouvoir de Bamako n'a pourtant fait que poursuivre la ligne dure de la France lorsqu'elle &#233;tait engag&#233;e dans ce qu'elle pr&#233;sentait comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre antiterroriste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (entre 2013 et 2022). Celle-ci n'a jamais tol&#233;r&#233; la moindre discussion avec ceux qu'elle combattait sur le terrain. Comme un disque ray&#233;, le refrain des ministres fran&#231;ais qui se succ&#233;daient &#224; Bamako se r&#233;p&#233;tait &#224; l'infini&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;On ne n&#233;gocie pas avec les terroristes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, &#224; l'&#233;poque, Paris avait les moyens d'imposer ses vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie fran&#231;aise a interrompu une premi&#232;re initiative en 2017, lorsque, &#224; l'issue de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Conf&#233;rence d'entente nationale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; organis&#233;e par le pr&#233;sident Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IBK&lt;/span&gt;), l'une des principales recommandations fut d'engager le dialogue avec les djihadistes, et notamment de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&#233;gocier avec les bellig&#233;rants du centre, en l'occurrence Hamadoun Koufa&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, le chef de la katiba Macina, ainsi qu'avec &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les extr&#233;mistes religieux du Nord, en l'occurrence Iyad Ag Ghali&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, le chef du Jnim. Quelques jours apr&#232;s la publication de ces recommandations, la France d&#233;p&#234;chait sur place le ministre fran&#231;ais des Affaires &#233;trang&#232;res pour y opposer son veto. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je crois que nous sommes engag&#233;s dans un combat, et c'est un combat sans ambigu&#239;t&#233;. Et contre le terrorisme et ceux qui s'en revendiquent, il n'y a qu'un moyen. Il n'y en a pas deux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, avait d&#233;clar&#233; Jean-Marc Ayrault, poussant &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IBK&lt;/span&gt; &#224; oublier cette recommandation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ing&#233;rence s'est r&#233;p&#233;t&#233;e les ann&#233;es suivantes, sous diverses formes. Et si &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IBK&lt;/span&gt; avait fini par s'en &#233;manciper &#224; partir de 2019 en relan&#231;ant des discussions informelles, les militaires qui l'ont chass&#233; du pouvoir en 2020 y ont mis un terme rapidement, revenant ainsi &#224; la position fran&#231;aise consistant &#224; refuser tout dialogue et &#224; mener une guerre &#224; mort jusqu'&#224; la victoire finale. Six ans plus tard, celle-ci semble de plus en plus illusoire, et les victimes se comptent par milliers chaque ann&#233;e. L'&#233;chec est total, et il est autant celui des militaires maliens actuellement au pouvoir que celui des dirigeants politiques fran&#231;ais qui se sont oppos&#233;s &#224; ce dialogue durant des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a class=&#034;dbox-donation-button&#034; style=&#034;background: #008040 url(https://donorbox.org/images/white_logo.svg) no-repeat 45px; color: #fff; text-decoration: none; font-family: Verdana,sans-serif; display: inline-block; font-size: 16px; padding: 15px 45px; padding-left: 70px; border-radius: 8px;&#034; href=&#034;https://donorbox.org/afrique-xxi&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAIS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DON&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LIRE&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PROJET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SP&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CIAL&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFRICAIN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COLONIALISME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VERT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BD&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3376 spip_documents spip_documents_left'
style=&#034;max-width:320px;&#034; data-w=&#034;320&#034;&gt;
&lt;span &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:131.25%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;!--[if IE 9]&gt;&lt;video style='display: none;'&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;source srcset='local/cache-responsive/cache-320/feb9a9a8305c2b8888bd97a54ab2cfd5.jpg?1778849970 1x,local/cache-responsive/cache-400/feb9a9a8305c2b8888bd97a54ab2cfd5.jpg?1778849970 2x' type='image/jpeg'&gt;&lt;source srcset='local/cache-responsive/cache-320/feb9a9a8305c2b8888bd97a54ab2cfd5.jpg.webp?1778849970 1x,local/cache-responsive/cache-400/feb9a9a8305c2b8888bd97a54ab2cfd5.jpg.webp?1778849970 2x' type='image/webp'&gt;&lt;!--[if IE 9]&gt;&lt;/video&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L320xH420/feb9a9a8305c2b8888bd97a54ab2cfd5-b49a6.jpg?1778849980' alt='' data-src='IMG/jpg/les-sacrifies-du-paradis-enquete-au-coeur-du-colonialisme-vert.jpg' data-l='400' data-h='525' data-tailles='[\&#034;320\&#034;]' class='image_responsive avec_picturefill' width='320' height='420' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Auteur de &lt;i&gt;L'Invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l'&#201;den africain&lt;/i&gt; (Flammarion, 2020), Guillaume Blanc (qui a &#233;galement &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/L-eden-africain-sans-les-Africains&#034;&gt;&#233;crit pour &lt;i&gt;Afrique &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) revient avec la traduction en bande dessin&#233;e d'une partie de son dernier ouvrage &lt;i&gt;La Nature des hommes. Une mission &#233;cologique pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sauver&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l'Afrique&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2024). Dans &lt;i&gt;Les Sacrifi&#233;s du paradis. Enqu&#234;te au c&#339;ur du colonialisme vert&lt;/i&gt;, l'historien de l'environnement et de l'Afrique subsaharienne raconte un pan du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Projet sp&#233;cial africain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mis en place par l'Unesco et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;WWF&lt;/span&gt; dans une dizaine de pays d'Afrique de l'Est au moment des ind&#233;pendances africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se concentre en &#201;thiopie, pays qui n'a jamais connu la colonisation mais o&#249; le Projet sp&#233;cial africain, lanc&#233; en 1961, a r&#233;ussi &#224; placer des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;experts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la nature aupr&#232;s de l'empereur Ha&#239;l&#233; S&#233;lassi&#233;. Elle est racont&#233;e par un membre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;WWF&lt;/span&gt; qui pr&#233;sente &#224; son sup&#233;rieur hi&#233;rarchique les r&#233;sultats de son enqu&#234;te sur une s&#233;rie d'assassinats survenus dans le parc du Simien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette investigation emm&#232;ne le lecteur au c&#339;ur de la politique n&#233;ocoloniale promue par le Projet sp&#233;cial, dont l'expulsion syst&#233;matique des populations locales et l'accaparement des postes de direction par des Occidentaux qui humilient les gardes africains. Financ&#233;s par des philanthropes plus int&#233;ress&#233;s par la chasse aux troph&#233;es que par le sort des populations, ces parcs ont cr&#233;&#233; des zones d'exclusion au nom d'un &#233;den africain qui, originellement et selon les fantasmes occidentaux, aurait &#233;t&#233; d&#233;pourvu de toute pr&#233;sence humaine. Cette derni&#232;re serait la cause du d&#233;clin de certaines esp&#232;ces animales, et les ind&#233;pendances ne feraient qu'acc&#233;l&#233;rer les extinctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces visions caricaturales impr&#232;gnent encore la plupart des politiques environnementales en Afrique, comme en Tanzanie, o&#249; les Massa&#239;s se retrouvent &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Les-Massais-sacrifies-aux-parcs-touristiques&#034;&gt;sacrifi&#233;s au nom des parcs touristiques&lt;/a&gt;. Elles cr&#233;ent des conflits entre &#201;tat et communaut&#233;s locales priv&#233;es de leurs terres ancestrales et de leurs uniques sources de subsistance&#160;: l'eau, le bois, la chasse et la p&#234;che&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces conflits qui ont conduit &#224; l'incendie de villages et au meurtre de plusieurs personnes dans le parc du Simien au nom de la protection de la nature. Des actes qui resteront impunis et couverts par des lois locales largement inspir&#233;es par les experts occidentaux d&#233;p&#234;ch&#233;s aupr&#232;s de l'empereur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire&#160;: Guillaume Blanc et Chico, &lt;i&gt;Les Sacrifi&#233;s du paradis. Enqu&#234;te au cour du colonialisme vert&lt;/i&gt;, Delcourt (collection La D&#233;couverte-Delcourt), 12&#160;mars&#160;2026, 144&#160;pages, 24,50&#160;euros.&lt;/strong&gt;
&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARTICLES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SEMAINE&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Niger-Libye-Tchad-Aux-trois-frontieres-une-cohabitation-fragile&#034;&gt;Niger-Libye-Tchad. Aux trois fronti&#232;res, une cohabitation fragile&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Reportage &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Cette zone d&#233;sertique est un lieu de commerce et de passage depuis des temps imm&#233;moriaux. Mais la guerre en Libye, le coup d'&#201;tat au Niger, ainsi que les alliances s&#233;curitaires r&#233;gionales de circonstance rebattent les cartes. Entre tentatives de contr&#244;les officiels des douanes, contrebande et circulations des groupes rebelles, plong&#233;e au c&#339;ur de ce triangle des Bermudes o&#249; la qui&#233;tude tient &#224; un fil. &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Reportage r&#233;alis&#233; en d&#233;cembre&#160;2025. Photos de Michele Cattani.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Amaury Hauchard et Ahatane Ag&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides&#034;&gt;Au Soudan du Sud, des milliers d'apatrides&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Reportage &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants&#160;: selon le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;, 90&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Augustine Passilly&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Marseille-Sur-les-traces-de-la-capitale-de-l-empire-colonial&#034;&gt;Marseille. Sur les traces de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;capitale de l'empire colonial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Reportage &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, la cit&#233;e phoc&#233;enne se vantait d'&#234;tre la repr&#233;sentante de la France coloniale. Les traces de cet h&#233;ritage y sont aussi nombreuses que m&#233;connues. Pol&#233;miques et prises de conscience animent aujourd'hui les d&#233;bats autour de cette m&#233;moire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Par Selim El-Meddeb&lt;/strong&gt;
&lt;br class='manualbr' /&gt;_ _ _ _ _ _ _ _ _ _&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENGLISH&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Niger-Libya-Chad-At-the-tri-border-a-fragile-coexistence&#034;&gt;Niger&#8211;Libya&#8211;Chad. At the tri-border, a fragile coexistence&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Interview &lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; This desert region has been a place of trade and transit since time immemorial. But the war in Libya, the coup in Niger, and shifting regional security alliances are reshuffling the deck. Between attempts at official customs control, smuggling, and the movements of rebel groups, this report&#8212;filed in December 2025&#8212;dives into the heart of a kind of Bermuda Triangle where calm hangs by a thread. Photograph&#160;: Michele Cattani.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;By Amaury Hauchard et Ahatane Ag&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille. Sur les traces de la &#171;&#160;capitale de l'empire colonial&#160;&#187;</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Marseille-Sur-les-traces-de-la-capitale-de-l-empire-colonial</link>
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		<dc:date>2026-05-15T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Selim El-Meddeb</dc:creator>


		<dc:subject>Reportage</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Empire colonial fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject> Colonialisme </dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, la cit&#233;e phoc&#233;enne se vantait d'&#234;tre la repr&#233;sentante de la France coloniale. Les traces de cet h&#233;ritage y sont aussi nombreuses que m&#233;connues. Pol&#233;miques et prises de conscience animent aujourd'hui les d&#233;bats autour de cette m&#233;moire. &lt;br class='autobr' /&gt; Si vous &#234;tes d&#233;j&#224; venu &#224; Marseille, il y a fort &#224; parier que vous soyez pass&#233; devant sans les voir. Les statues incarnant les colonies d'Afrique et d'Asie accueillent le visiteur au pied des escaliers monumentaux de la gare&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://afriquexxi.info/Magazine" rel="directory"&gt;Magazine&lt;/a&gt;

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[&lt;a href="[(mot252.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Reportage|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot382.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Histoire|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot532.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Empire colonial français|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1019.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;( Colonialisme 	|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1220.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(France|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1267.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Mémoire|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1418.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Histoire|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1442.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Afrique|texte_backend)&lt;/a&gt;], 
[&lt;a href="[(mot1565.html|url_absolue|texte_backend)]" rel="tag"&gt;(Marseille|texte_backend)&lt;/a&gt;]

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/a91fe29af6da1ca7f10da067dfb11e-e5f79.jpg?1778817606' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, la cit&#233;e phoc&#233;enne se vantait d'&#234;tre la repr&#233;sentante de la France coloniale. Les traces de cet h&#233;ritage y sont aussi nombreuses que m&#233;connues. Pol&#233;miques et prises de conscience animent aujourd'hui les d&#233;bats autour de cette m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si vous &#234;tes d&#233;j&#224; venu &#224; Marseille, il y a fort &#224; parier que vous soyez pass&#233; devant sans les voir. Les statues incarnant les colonies d'Afrique et d'Asie accueillent le visiteur au pied des escaliers monumentaux de la gare Saint-Charles. D&#233;nud&#233;es, allong&#233;es dans le style classique des all&#233;gories repr&#233;sentant les provinces pacifi&#233;es de l'Empire romain, elles v&#233;hiculent des st&#233;r&#233;otypes raciaux et sexistes manifestes pour un regard contemporain. Longtemps pass&#233;es inaper&#231;ues, elles cristallisent depuis quelques ann&#233;es les d&#233;bats provoqu&#233;s par le r&#233;veil de la m&#233;moire coloniale dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;si&#232;cle, Marseille revendiquait le titre de capitale de l'Empire fran&#231;ais. Les traces de ce pass&#233; colonial sont inscrites dans les monuments, les odonymes et les patronymes. Depuis le d&#233;but de la d&#233;cennie, cette partie de l'Histoire suscite la mobilisation de collectifs d&#233;coloniaux, d'associations, d'artistes et de chercheurs. Si leurs approches sont diverses, tous s'accordent sur le besoin de faire la lumi&#232;re sur ce pass&#233; qui ne passe pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une b&#226;che noire sur la statue des colonies d'Afrique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le d&#233;clic, c'est le d&#233;boulonnage de la statue de Victor Sch&#339;lcher &#224; Fort-de-France. Je me suis dit&#160;: c'est possible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, raconte Mariam Benbakkar, artiste franco-marocaine, guide et collaboratrice pour la cha&#238;ne &lt;i&gt;Histoires cr&#233;pues&lt;/i&gt;. Inspir&#233;e par les manifestations du mouvement Black Lives Matter &#224; la suite de la mort de George Floyd, en&#160;2020, et par les &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Statues&#034;&gt;d&#233;boulonnages de statues&lt;/a&gt; li&#233;es &#224; l'esclavage en Martinique et au Royaume-Uni la m&#234;me ann&#233;e, elle cofonde en&#160;2021 le collectif D&#233;gageons les statues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une dizaine d'autres militants, elle emballe dans une b&#226;che noire la statue d&#233;di&#233;e aux colonies d'Afrique sur les marches de la gare Saint-Charles. Les actions redoublent en&#160;2022, date du centenaire de la seconde exposition coloniale de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Personnellement je suis pour les d&#233;placer dans les jardins du ch&#226;teau Talabot&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; d&#233;clare Mariam Benbakkar. Cette bastide monumentale, qui toise la M&#233;diterran&#233;e depuis les hauteurs de la colline du Roucas-Blanc, dans le cossu 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;arrondissement de Marseille, a &#233;t&#233; construite en&#160;1860 par Paulin Talabot. Cet ing&#233;nieur sorti de l'&#201;cole polytechnique est &#224; l'origine du Cr&#233;dit lyonnais et de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale. Il occupa &#233;galement les fonctions de d&#233;put&#233; et de pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral du Gard, de&#160;1865 &#224;&#160;1870. Cr&#233;ateur de la ligne de chemin de fer Paris-Lyon-M&#233;diterran&#233;e, il modernise le port de Marseille et propose un projet de trac&#233; pour le canal de Suez. Il fut un grand promoteur de l'entreprise coloniale. Mariam Benbakkar, avec un brin d'audace, verrait bien sa r&#233;sidence marseillaise transform&#233;e en mus&#233;e des histoires coloniales et des peuples colonis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3347 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/rose_fregiere_2022-1.jpg' arial-label=&#034;{Marie-Rose la d&#233;rangeuse}, performance de Rose Frigiere (Marseille, 2022).&#034; title=&#034;Marie-Rose la d&#233;rangeuse, performance de Rose Frigiere (Marseille, 2022).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1350&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:56.25%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH90/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc-95532.jpg?1778817606' alt='{Marie-Rose la d&#233;rangeuse}, performance de Rose Frigiere (Marseille, 2022).' data-src='IMG/jpg/rose_fregiere_2022-1.jpg' data-l='2400' data-h='1350' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057822&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg?1778057823&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057822&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057823&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057823&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057823&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057823&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057824&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/21b6dac0284cd9a07c375c85ed53acfc.jpg.webp?1778057824&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='90' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3347 '&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Marie-Rose la d&#233;rangeuse&lt;/i&gt;, performance de Rose Frigiere (Marseille, 2022).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3347 '&gt;&#169; Manu Li Wanxu (capture d'&#233;cran)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Depuis qu'on a &#233;rig&#233; les statues, il y a un si&#232;cle, peu de choses ont chang&#233; dans la vision que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise a des corps noirs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; note Rose Frigiere. Install&#233;e &#224; Marseille depuis dix ans, cette artiste franco-camerounaise se souvient avoir remarqu&#233; les statues sans y avoir vraiment pr&#234;t&#233; attention. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'y voyais un symbole du cosmopolitisme de la ville, en lien avec la diversit&#233; des origines des habitants. Je me rappelle qu'un &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/On-ne-peut-pas-faire-toute-cette-traversee-et-se-retrouver-comme-ca&#034;&gt;mineur isol&#233; africain&lt;/a&gt; qui vivait au pied des escaliers consid&#233;rait la statue aux colonies d'Afrique comme une sorte de figure protectrice, la femme d'un notable europ&#233;en &#224; qui on aurait rendu hommage.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;aside class=&#034;spip_dame&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cela fait vingt ans qu'on demande que les statues soient accompagn&#233;es de cartels permettant d'&#233;clairer leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/aside&gt;
&lt;p&gt;Mobilis&#233;e au sein du collectif d'afro-descendantes des Rosas (en r&#233;f&#233;rence &#224; Rosa Parks), Rose Frigiere r&#233;alise des performances artistiques autour de la statue aux colonies d'Afrique. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'&#233;tais pour [les d&#233;boulonnages de statues], puis j'ai r&#233;alis&#233; que sans ces capsules temporelles je n'aurais peut-&#234;tre jamais d&#233;couvert l'histoire de la colonisation. Je pense que je ne suis pas la seule. Cette statue m'a permis de me r&#233;concilier avec la femme noire que je suis.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;boulonnage a de toute fa&#231;on &#233;t&#233; d&#233;finitivement &#233;cart&#233; depuis que l'escalier a &#233;t&#233; inscrit au titre des monuments historiques le 14&#160;d&#233;cembre 2022, cent ans quasiment jour pour jour apr&#232;s la cl&#244;ture de l'exposition coloniale de&#160;1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cela fait vingt ans qu'on demande que les statues soient accompagn&#233;es de cartels permettant d'&#233;clairer leur histoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, explique Samia Chabani, qui dirige l'association Ancrages. Pour l'instant, sans succ&#232;s. Il a fallu des ann&#233;es pour d&#233;terminer qui &#233;tait responsable des escaliers&#160;: la Soci&#233;t&#233; nationale des chemins de fer fran&#231;ais (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;), la mairie ou la m&#233;tropole d'Aix-Marseille-Provence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette derni&#232;re, a-t-il finalement &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par consensus. Sa pr&#233;sidente sortante, Martine Vassal (droite), a affirm&#233; sur &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BFMTV&lt;/span&gt;, en f&#233;vrier, que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travail, famille, patrie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211;&#160;la devise officielle de l'&#201;tat fran&#231;ais pendant la collaboration du r&#233;gime de Vichy (1940-1944) avec les nazis (&#224; la place de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;)&#160;&#8211; r&#233;sumait bien ses valeurs, laissant peu de doute quant &#224; une issue positive. Et rien ne garantit que la nouvelle assembl&#233;e m&#233;tropolitaine, tr&#232;s fragment&#233;e, se montre plus r&#233;ceptive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La vigilance s'impose, sans doute plus que jamais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre l'histoire de ces escaliers, il faut se rendre au Mus&#233;e d'histoire de Marseille, dont le parcours, accessible gratuitement, se termine sur une salle qui leur est d&#233;di&#233;e. R&#233;alis&#233;e par Samia Chabani, l'exposition temporaire (juillet&#160;2025-janvier&#160;2027) est la premi&#232;re d'une s&#233;rie consacr&#233;e aux questions coloniales, dans le cadre de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mars Imperium&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce projet, &#233;labor&#233; par cinq unit&#233;s de recherche de l'universit&#233; d'Aix-Marseille, rejoints par une dizaine de partenaires socioculturels, comme le Mucem ou Ancrages, part du double constat d'un &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;ficit d'histoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; et de l'&#233;mergence de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vifs d&#233;bats publics sur les questions imp&#233;riales&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/i&gt; Il prend la forme d'une vaste mise &#224; disposition des connaissances, notamment gr&#226;ce &#224; un site internet proposant des dizaines de vid&#233;os explicatives mis en ligne en&#160;2025.&lt;/p&gt;
&lt;aside class=&#034;spip_exergue&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le projet Mars Imperium a &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;b&#233;n&#233;fici&#233; d'une totale libert&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, m&#234;me s'il en a inqui&#233;t&#233; certains.&lt;/p&gt;
&lt;/aside&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La recherche est en retard sur les questions coloniales&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; estime Samia Chabani, qui travaille sur ces probl&#233;matiques depuis une vingtaine d'ann&#233;es. Concernant Mars Imperium, Xavier Daumalin, l'un des deux porteurs du projet, raconte avoir &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;b&#233;n&#233;fici&#233; d'une totale libert&#233;, m&#234;me si [le] projet a pu en inqui&#233;ter certains, et m&#234;me si les analyses historiques pr&#233;sent&#233;es sont parfois rejet&#233;es par les approches militantes de diff&#233;rents bords&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3346 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/les_sculptures_ne_taient_pas_blanches_video_still_1__print-8783b_gf.jpg' arial-label=&#034;{Les sculptures n'&#233;taient pas blanches}, une performance film&#233;e de Mohammed Laouali (Marseille, 2020).&#034; title=&#034;Les sculptures n'&#233;taient pas blanches, une performance film&#233;e de Mohammed Laouali (Marseille, 2020).&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2197&#034; data-photo-h=&#034;1190&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:54.164770141102%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH87/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155-6cc7f.jpg?1778817606' alt='{Les sculptures n'&#233;taient pas blanches}, une performance film&#233;e de Mohammed Laouali (Marseille, 2020).' data-src='IMG/jpg/les_sculptures_ne_taient_pas_blanches_video_still_1__print-8783b_gf.jpg' data-l='2197' data-h='1190' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057824&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2197\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2197\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg?1778057825&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057824&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057824&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057825&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057825&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057825&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057825&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2197\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057826&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2197\/ffa7d17204fc019a18bcb0cad817c155.jpg.webp?1778057826&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='87' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3346 '&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Les sculptures n'&#233;taient pas blanches&lt;/i&gt;, une performance film&#233;e de Mohammed Laouali (Marseille, 2020).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3346 '&gt;&#169; Mohammed Laouali
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, il constate des &#233;volutions positives dans la mani&#232;re d'aborder les questions coloniales. Selon lui, il y a vingt ans, un projet comme Mars Imperium, qui r&#233;unit un tel consortium d'institutions, n'aurait pas pu voir le jour&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les questionnements, les connaissances, la perception et les demandes sociales li&#233;s &#224; la colonisation ont profond&#233;ment &#233;volu&#233;. Qui songerait, aujourd'hui, &#224; porter une loi demandant &#224; ce que le &#8220;r&#244;le positif de la pr&#233;sence fran&#231;aise outre-mer&#8221; soit enseign&#233; dans les manuels scolaires, comme en f&#233;vrier 2005&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cependant, compte tenu des circonstances politiques internationales et nationales, la vigilance s'impose, sans doute plus que jamais.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coffre-fort exhum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques encablures vers l'est, rue Saint-Ferr&#233;ol, principale art&#232;re commer&#231;ante de la ville, les vestiges du pass&#233; colonial connaissent une r&#233;affectation inattendue. Le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coffre-fort de l'empire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, clos par une porte en acier de 60&#160;centim&#232;tres, sert aujourd'hui de cabine d'essayage dans le sous-sol d'un magasin de v&#234;tements japonais. Ce v&#233;ritable blockhaus de m&#233;tal a longtemps abrit&#233; les richesses de la Compagnie alg&#233;rienne, bras financier de la colonisation fran&#231;aise en M&#233;diterran&#233;e. Fond&#233;e en&#160;1865 sous le nom de Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale alg&#233;rienne (filiale de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, elle-m&#234;me cr&#233;&#233;e seulement un an plus t&#244;t), notamment par Paulin Talabot, elle g&#232;re le financement de vastes projets agricoles et industriels en Alg&#233;rie, puis en Tunisie, au Maroc, au Liban et en Syrie. Elle ferme en&#160;1960, mais ses actifs sont recycl&#233;s dans des banques toujours actives en France et dans tous ces pays &#8211;&#160;le Cr&#233;dit du Nord en France, le Cr&#233;dit populaire d'Alg&#233;rie en Alg&#233;rie, la Banque de Tunisie en Tunisie, Attijariwafa Bank au Maroc et la Banque libano-fran&#231;aise au Liban. En&#160;1919, peu avant de devenir une des dix plus grandes banques fran&#231;aises, elle s'offre un si&#232;ge marseillais monumental m&#234;lant styles n&#233;obaroque et Art nouveau qui abrite le fameux coffre-fort.&lt;/p&gt;
&lt;aside class=&#034;spip_dame&#034;&gt;
&lt;p&gt; Pour pouvoir lire le pass&#233;, il faut des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;/aside&gt;
&lt;p&gt;Quand il visite ce coffre pour la premi&#232;re fois en novembre&#160;2024, le chercheur Paul Max Morin tombe en arr&#234;t. Il y voit une &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;puissante illustration du rapport que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise entretient avec son pass&#233; colonial&#160;: &#224; la fois omnipr&#233;sent et illisible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/i&gt; C'est d'autant plus vrai que la plaque explicative alors pos&#233;e par l'enseigne de v&#234;tements pr&#233;sente la Compagnie alg&#233;rienne comme une simple banque, passant sous silence son r&#244;le central dans la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pour pouvoir lire le pass&#233;, il faut des connaissances&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; r&#233;sume Paul Max Morin, qui d&#233;cide d'ouvrir un volet de recherches avec ses &#233;tudiants de Sciences Po. Accompagn&#233;s d'autres historiens et de l'association Ancrages, ils en tireront la r&#233;daction d'une nouvelle plaque, pos&#233;e en octobre&#160;2025, expliquant sans d&#233;tour que la Compagnie alg&#233;rienne &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;participe &#224; l'appropriation et &#224; l'exploitation des terres spoli&#233;es aux peuples autochtones par l'&#201;tat fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles politiques publiques sur les questions coloniales&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la mise en lumi&#232;re du pass&#233; colonial peut susciter de vives oppositions. Le Forum franco-alg&#233;rien a fait poser en&#160;2014, avec l'appui de la mairie de secteur, une plaque comm&#233;morant &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/france-les-archives-cadenassees-de-la-guerre-d-algerie,4313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les massacres de S&#233;tif&lt;/a&gt;, Guelma et Kherrata, dans l'Alg&#233;rie coloniale, durant lesquels une centaine d'Europ&#233;ens et des milliers d'Alg&#233;riens sont tu&#233;s (mai-juin&#160;1945). Viss&#233;e sur le kiosque &#224; musique qui fait face au monument aux morts des Mobiles, situ&#233; au nord de la Canebi&#232;re, elle est arrach&#233;e quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La mairie de secteur a cess&#233; de soutenir le projet apr&#232;s avoir re&#231;u des repr&#233;sentants d'associations de rapatri&#233;s qui s'&#233;taient dites scandalis&#233;es par la d&#233;marche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; se souvient Hassan Guenfici, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sident du Forum franco-alg&#233;rien. Des tentatives de poser &#224; nouveau la plaque en&#160;2015 et en 2016 se soldent par de nouveaux arrachages. Il faudra attendre&#160;2025 pour qu'une plaque comm&#233;morant les 80&#160;ans de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autre 8&#160;mai 1945&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; soit finalement install&#233;e dans l'espace public marseillais, mais cette fois &#224; proximit&#233; de la porte d'Aix, grand axe de circulation de la ville, entre Saint-Charles et Belzunce, o&#249; sont organis&#233;es chaque ann&#233;e les comm&#233;morations c&#233;l&#233;brant la fin de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;aside class=&#034;spip_exergue&#034;&gt;
&lt;p&gt;La rue Thomas-Bugeaud est rebaptis&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ahmed-Litim&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tirailleur alg&#233;rien mort pour lib&#233;rer Marseille en ao&#251;t&#160;1944. Sa perpendiculaire&#160;: la rue Cavaignac.&lt;/p&gt;
&lt;/aside&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, l'&#233;cole Thomas-Bugeaud, puis la rue portant le m&#234;me nom, ont cristallis&#233; &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/colonisation-bugeaud-peut-bien-tomber-de-haut,3973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les tensions li&#233;es &#224; la toponymie&lt;/a&gt;. Ce militaire, nomm&#233; gouverneur g&#233;n&#233;ral de l'Alg&#233;rie en&#160;1840, s'est distingu&#233; par l'ampleur des crimes commis sous ses ordres. Les tristement c&#233;l&#232;bres &lt;a href='https://afriquexxi.info/spip.php?page=article&amp;id_article=8073'&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;enfumades&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de populations&lt;/a&gt; r&#233;fugi&#233;es dans des grottes lui sont associ&#233;es, bien que le premier &#224; y recourir fut son adjoint, Eug&#232;ne Cavaignac. En&#160;2022, des militants obtiennent de la municipalit&#233; que l'&#233;cole qui porte son nom soit renomm&#233;e. Elle portera celui d'Ahmed Litim, tirailleur alg&#233;rien mort pour lib&#233;rer Marseille en ao&#251;t&#160;1944. La rue suivra en&#160;2024. Mais sa perpendiculaire, la rue Cavaignac, garde, elle, toujours son nom.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3344 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;span &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:70.448548812665%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH113/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe-74cfb.webp?1778817606' alt='Marseille, dans le 3e arrondissement, en 2021.' data-src='IMG/webp/b7d92a619ac9d1a08965a010062489f2.jpg.webp' data-l='758' data-h='534' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;},&#034;758&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp?1778057826&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;},&#034;758&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-758\/0719aba592469ea976548fca0ecdcbbe.webp.webp?1778057826&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='113' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/span&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3344 '&gt;&lt;strong&gt;Marseille, dans le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#160;arrondissement, en 2021.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3344 '&gt;&#169; Mars Imperium / Samia Chabani / Ancrages.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Tous les acteurs interrog&#233;s saluent les actions symboliques et le soutien apport&#233; &#224; Mars Imperium par l'actuelle municipalit&#233;, coalition de gauche men&#233;e par Beno&#238;t Payan, &#233;lu en&#160;2020 et r&#233;&#233;lu en 2026. N&#233;anmoins, la quasi-totalit&#233; d'entre eux estime que Marseille ne s'est pas encore dot&#233;e d'une v&#233;ritable politique publique concernant les questions postcoloniales. Perrine Prigent, adjointe au maire, d&#233;l&#233;gu&#233;e, pendant la derni&#232;re mandature, &#224; la valorisation du patrimoine, souligne qu'elles ont fait l'objet &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;au mieux d'un impens&#233;, au pire d'un d&#233;ni de la part des municipalit&#233;s pr&#233;c&#233;dentes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquant que l'&#233;quipe actuelle s'est d'abord efforc&#233;e de rattraper le retard accumul&#233; dans le domaine patrimonial et m&#233;moriel, elle affirme qu'une politique publique est &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en cours de structuration et devra &#234;tre port&#233;e &#224; maturit&#233; dans les ann&#233;es &#224; venir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Fra&#238;chement &#233;lue conseill&#232;re municipale, Samia Chabani plaide pour cette cause&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je souhaite que la jeune g&#233;n&#233;ration ne d&#233;couvre pas, comme moi, l'horreur du colonialisme au hasard de ses lectures.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ou au d&#233;tour d'une statue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&lt;/i&gt; ajoute Rose Frigiere.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;#&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Paru en&#160;2022 et vendu &#224; 2&#160;700&#160;exemplaires, le &lt;i&gt;Guide du Marseille colonial&lt;/i&gt; (&#233;d.&#160;Syllepse) incarne une autre facette de la prise de conscience du pass&#233; imp&#233;rial de Marseille. Ouvrage collectif, il recense les 200&#160;toponymes (rues, places et monuments li&#233;s &#224; l'histoire coloniale) qui c&#233;l&#232;brent des conqu&#234;tes imp&#233;riales, notamment celles soutenues par les entrepreneurs marseillais, comme les boulevards de Tunis, du Dahomey (B&#233;nin), ou la rue Nossi-B&#233; (Madagascar).&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3345 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/couv-guide-marseille.jpg' arial-label=&#034;&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;800&#034; data-photo-h=&#034;1200&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:150%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH240/44c7140e852fcc351566582913a7abe8-8ef75.jpg?1778817606' alt='' data-src='IMG/jpg/couv-guide-marseille.jpg' data-l='800' data-h='1200' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;},&#034;800&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg?1778057822&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;},&#034;800&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-800\/44c7140e852fcc351566582913a7abe8.jpg.webp?1778057822&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='240' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au Soudan du Sud, des milliers d'apatrides</title>
		<link>https://afriquexxi.info/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides</link>
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		<dc:date>2026-05-13T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Reportage</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Union africaine (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UA&lt;/span&gt;)</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Exil</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233; civile</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants&#160;: selon le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;, 90&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste sud-soudanaise,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L600xH338/685e12424bf1fa4fc74e0c89757d87-af713.jpg?1778644862' class='spip_logo spip_logo_right' width='600' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants&#160;: selon le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;, 90&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste sud-soudanaise, fondatrice de sa propre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt;, Animu Athiei Foundation&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site la fondation ici.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, d&#233;di&#233;e &#224; la d&#233;fense du droit &#224; la nationalit&#233;, se trouve pourtant au c&#339;ur d'une bataille juridique. Depuis huit ans, elle est priv&#233;e de passeport et de tout document d'identit&#233;. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je fais partie d'une minorit&#233; ethnique, les Kelikos. Ce peuple transfrontalier se retrouve aussi en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, alors certains de mes d&#233;tracteurs pr&#233;tendent que je suis Congolaise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, explique la femme politique au sourire communicatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la notori&#233;t&#233; d'Animu Athiei lui permet d'&#234;tre m&#233;diatis&#233;e, faisant esp&#233;rer &#224; terme une issue positive, des milliers de Sud-Soudanais sont eux aussi devenus apatrides au lendemain de l'ind&#233;pendance de la plus jeune nation du monde, le 9&#160;juillet&#160;2011. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;) distingue deux cat&#233;gories&#160;: les personnes apatrides, qui seraient au moins 18&#160;000&#160;&#8211; bien que ce chiffre soit en cours de r&#233;&#233;valuation&#160;&#8211;, et les ressortissants dont la nationalit&#233; n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. Ces derniers constituent la majorit&#233; des habitants du Soudan du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_document_3351 spip_documents spip_documents_center'
style=&#034;max-width:falsepx;&#034; data-w=&#034;false&#034;&gt;
&lt;a href='https://afriquexxi.info/IMG/jpg/en_marge_de_son_combat_pour_le_droit_a_la_nationalite_animu_athiei_milite_aussi_pour_les_droits_de_l_homme_et_l_instauration_d_une_paix_durable_au_soudan_du_sud.jpg' arial-label=&#034;Animu Athiei, &#224; Juba, en 2023.&#034; title=&#034;Animu Athiei, &#224; Juba, en 2023.&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;2400&#034; data-photo-h=&#034;1800&#034; &gt;
&lt;picture style='padding:0;padding-bottom:75%' class='conteneur_image_responsive_h'&gt;&lt;img src='https://afriquexxi.info/local/cache-vignettes/L160xH120/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122-5aa66.jpg?1778644862' alt='Animu Athiei, &#224; Juba, en 2023.' data-src='IMG/jpg/en_marge_de_son_combat_pour_le_droit_a_la_nationalite_animu_athiei_milite_aussi_pour_les_droits_de_l_homme_et_l_instauration_d_une_paix_durable_au_soudan_du_sud.jpg' data-l='2400' data-h='1800' data-tailles='[\&#034;160\&#034;,\&#034;320\&#034;,\&#034;640\&#034;,\&#034;1280\&#034;,\&#034;1920\&#034;]' data-autorisees='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057797&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057797&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057797&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057798&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057798&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057798&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057798&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057799&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057800&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg?1778057799&#034;}}' data-autorisees_webp='{&#034;160&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-160\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057797&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;},&#034;320&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-320\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;},&#034;640&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-640\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;},&#034;1280&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1280\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057798&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057800&#034;},&#034;1920&#034;:{&#034;1&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-1920\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057801&#034;,&#034;2&#034;:&#034;local\/cache-responsive\/cache-2400\/aac043b8860392d343a9f2e8bffe7122.jpg.webp?1778057800&#034;}}' class='image_responsive' width='160' height='120' /&gt;&lt;/picture&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_intitules spip_doc_intitules_top'&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3351 '&gt;&lt;strong&gt;Animu Athiei, &#224; Juba, en&#160;2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-3351 '&gt;&#169; Augustine Passilly
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Selon les statistiques officielles du gouvernement, plus de 90&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de Sud-Soudanais ne figurent pas encore dans la base de donn&#233;es des ressortissants enregistr&#233;s, alors que le Bureau national des statistiques du Soudan du Sud pr&#233;voit que le pays atteindra cette ann&#233;e les 16,3&#160;millions de citoyens&lt;/i&gt;, r&#233;sume Kumi Lobung, responsable adjoint de la protection au sein du bureau sud-soudanais du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Nous nous concentrons principalement sur la pr&#233;vention, car si rien n'est fait des millions de personnes pourraient se retrouver apatrides.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, le Soudan d&#233;nationalise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce casse-t&#234;te administratif est le r&#233;sultat d'une s&#233;cession mal pr&#233;par&#233;e. Lors du r&#233;f&#233;rendum de janvier&#160;2011, les Soudanais n&#233;s dans le sud du pays se prononcent &#224; 99&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en faveur de l'ind&#233;pendance. Six mois plus tard, la s&#233;paration des deux pays est act&#233;e. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au moment de la s&#233;cession, le Soudan et le Soudan du Sud ont chacun adopt&#233; de nouvelles lois sur la nationalit&#233;. Le gouvernement soudanais a retir&#233; la nationalit&#233; &#224; toute personne dont il estimait qu'elle avait acquis la nationalit&#233; sud-soudanaise. Malheureusement, les personnes d&#233;nationalis&#233;es par le Soudan sur cette base ont eu du mal &#224; faire valoir leur droit &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, ce qui les a laiss&#233;es apatrides&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Tiana Xavier, charg&#233;e du plaidoyer au sein de l'Institute on Statelessness and Inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt; n&#233;erlandaise s'est associ&#233;e &#224; six autres organisations internationales via un communiqu&#233; publi&#233; le 18&#160;f&#233;vrier intimant au gouvernement sud-soudanais de &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;revenir sur sa d&#233;cision et de r&#233;tablir la nationalit&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Animu, conform&#233;ment aux obligations qui lui incombent en vertu du droit national, africain et international&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/i&gt; La d&#233;claration commune rappelle qu'en ao&#251;t&#160;2024 la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (un organe interne &#224; l'Union africaine) a conclu&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir African Commission on Human and Peoples' Rights, &#171;&#160;Communication 801/22 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; que les autorit&#233;s nationales avaient arbitrairement priv&#233; Animu Athiei de sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le d&#233;lai initial de 180&#160;jours accord&#233; pour se conformer &#224; cette d&#233;cision a expir&#233; il y a trois mois, or le gouvernement du Soudan du Sud n'a encore pris aucune mesure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce Tiana Xavier. De retour dans le caf&#233; branch&#233; de Juba, Animu Athiei regrette l'inertie qui s'est ensuivie &#224; la fois du c&#244;t&#233; du gouvernement et de celui du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HCR&lt;/span&gt;. Interrog&#233;e, l'instance onusienne n'a pas souhait&#233; commenter ce dossier. De son c&#244;t&#233;, l'&#201;tat est emp&#234;tr&#233; dans une triple crise, &#233;conomique, politique et s&#233;curitaire, notamment &#224; cause de la guerre qui &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total&#034;&gt;ravage le Soudan depuis trois ans&lt;/a&gt; et qui perturbe les exportations de p&#233;trole, dont le budget du Soudan du Sud d&#233;pend &#224; 90&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des exil&#233;s qui comptaient sur la nationalit&#233; sud-soudanaise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, le fragile accord de paix qui a fait taire les armes en&#160;2018, apr&#232;s cinq ann&#233;es de guerre&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une guerre civile a &#233;clat&#233; en&#160;2013, deux ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Elle a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, est plus menac&#233; que jamais. Les combats ont en effet repris d&#233;but&#160;2025 entre l'arm&#233;e fid&#232;le au pr&#233;sident Salva Kiir et les forces soutenant le premier vice-pr&#233;sident Riek Machar. Ce dernier a finalement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 26&#160;mars de la m&#234;me ann&#233;e. Plus de 600&#160;000 d&#233;plac&#233;s ont &#233;t&#233; jet&#233;s sur les routes, s'ajoutant aux 2&#160;millions de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du territoire. Mais aussi aux plus de 2,3&#160;millions de Sud-Soudanais r&#233;fugi&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Ces d&#233;placements &#224; r&#233;p&#233;tition compliquent la r&#233;gularisation des cas d'apatridie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Beaucoup de personnes d&#233;plac&#233;es par la guerre avant la s&#233;cession vivaient dans d'autres pays, notamment en Ouganda et au Kenya. Elles ont fini par acqu&#233;rir une nationalit&#233; de substitution, &#224; laquelle elles ont renonc&#233; au moment de l'ind&#233;pendance, dans l'espoir d'obtenir la nationalit&#233; sud-soudanaise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Michael Gyan Nyarko, le directeur ex&#233;cutif adjoint de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, une autre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt; signataire du communiqu&#233; du 18&#160;f&#233;vrier. C'est le cas d'Animu Athiei&#160;: r&#233;fugi&#233;e en Ouganda, elle abandonne ses papiers d'identit&#233; ougandais apr&#232;s la s&#233;cession et rejoint Juba, o&#249; elle obtient sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout pr&#233;tendant &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, elle a d&#251; prouver qu'elle descendait d'au moins un parent n&#233; sur le territoire fra&#238;chement ind&#233;pendant. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mon p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233; avant l'ind&#233;pendance, mais j'ai pu prouver qu'il &#233;tait d'origine sud-soudanaise. Ma m&#232;re vit en Tanzanie mais elle est en possession de documents attestant qu'elle est &#233;galement d'origine sud-soudanaise. Mon oncle, avec qui je vis &#224; Juba, &#233;tait t&#233;moin lorsque j'ai finalement obtenu ma nationalit&#233;, en&#160;2014, &#224; l'issue d'un processus d&#233;j&#224; anormalement long&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, raconte celle qui est amen&#233;e &#224; beaucoup voyager en raison de ses engagements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;fiance envers les groupes minoritaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En&#160;2017, elle renouvelle son passeport, l'ancien ayant &#233;t&#233; rapidement rempli par les visas de ses voyages. Mais sur les r&#233;seaux sociaux, des posts mettent en doute sa nationalit&#233;. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce type d'accusations revient &#224; chaque fois que je me vois attribuer une fonction &#224; hautes responsabilit&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, constate la militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En&#160;2018, Animu Athiei travaille depuis deux ans en tant que consultante au sein du bureau du premier vice-pr&#233;sident de l'&#233;poque, Taban Deng, lorsqu'elle est de nouveau l'objet d'accusations d'usurpation de nationalit&#233;. Son passeport lui est alors confisqu&#233;. Trois ans plus tard, elle est toutefois nomm&#233;e d&#233;put&#233;e par d&#233;cret pr&#233;sidentiel, comme il est d'usage dans la plus jeune nation du monde en attendant le tout premier scrutin&lt;sup class='ref_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'&#233;lections &#224; sept niveaux&#160;: pr&#233;sidentielle, l&#233;gislatives, des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, pr&#233;vu en d&#233;cembre. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dix jours plus tard, j'ai &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore la politicienne au destin sans cesse contrari&#233;. Les bruits qui courent sur la Toile finissent par convaincre les services d'immigration. Ces derniers entreprennent de la renvoyer en Ouganda. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les autorit&#233;s ougandaises ont refus&#233; de m'accepter sur leur territoire car je ne dispose plus de titre de s&#233;jour ougandais&#8230;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce calvaire, Michael Gyan Nyarko, de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, d&#233;c&#232;le &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un certain degr&#233; de m&#233;fiance envers les groupes minoritaires ou les personnes qui ont &#233;t&#233; l&#233;galement li&#233;es &#224; un autre &#201;tat. Le gouvernement tente de les tenir &#224; l'&#233;cart car il doute de leur loyaut&#233;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Concernant Animu, Michael Gyan Nyarko estime que &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les citoyens se sont sentis trahis quand elle a &#233;t&#233; nomm&#233;e au Parlement puisqu'ils pensent qu'elle est de nationalit&#233; ougandaise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est une souffrance invisible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans documents d'identit&#233;, les portes se ferment automatiquement pour b&#233;n&#233;ficier des services les plus basiques, comme obtenir un acte de naissance, inscrire son enfant &#224; l'&#233;cole, obtenir un contrat de travail ou m&#234;me se faire soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est assez triste, car c'est une souffrance invisible. J'ai l'air normale jusqu'&#224; ce que j'ai envie de faire quelque chose de concret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;, synth&#233;tise l'ancienne d&#233;put&#233;e. Avant d'ajouter&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'ai eu la chance que mon dossier aboutisse &#224; l'Union africaine gr&#226;ce &#224; mon r&#233;seau professionnel. Beaucoup se sont retrouv&#233;s exclus des processus politiques comme les &#233;lections ou de certains espaces publics.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Cette situation compromet la tenue du scrutin de d&#233;cembre, pourtant confirm&#233; par le gouvernement pas plus tard que le 21&#160;avril, en d&#233;pit de l'absence de recensement &#224; jour de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace civique est en outre plus brid&#233; que jamais. Les opposants politiques s'exilent massivement dans les pays voisins depuis l'arrestation de Riek Machar. Et Tiana Xavier de conclure&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cette instrumentalisation de la nationalit&#233; est devenue l'un des moyens les plus efficaces dont disposent les &#201;tats pour cibler les minorit&#233;s ind&#233;sirables, les dissidents politiques et d'autres groupes.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Animu attend une nouvelle session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, pr&#233;vue du 11 au 20&#160;mai, qui pourrait, ose-t-elle croire, contraindre le gouvernement sud-soudanais &#224; lui rendre son passeport.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir le &lt;a href=&#034;https://animuathiei.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site la fondation ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Voir African Commission on Human and Peoples' Rights, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Communication 801/22 - Afekuru Animu Rasasi Amiati (Represented by Institute for Human Rights and Development in Africa) v. South Sudan (merits)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, publi&#233;e sur le site internet le 18&#160;novembre&#160;2025, &lt;a href=&#034;https://achpr.au.int/en/decisions-communications/communication-80122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Une guerre civile a &#233;clat&#233; en&#160;2013, deux ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Elle a oppos&#233; le pr&#233;sident Salva Kiir, issu du peuple dinka, et le vice-pr&#233;sident Riek Machar, repr&#233;sentant des Nuers. Le bilan d&#233;passe les 400&#160;000&#160;morts. En&#160;2018, les deux bellig&#233;rants ont sign&#233; l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Accord revitalis&#233; sur la r&#233;solution du conflit au Soudan du Sud&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dont la mise en &#339;uvre est sans cesse repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Il s'agit d'&#233;lections &#224; sept niveaux&#160;: pr&#233;sidentielle, l&#233;gislatives, des gouverneurs des &#201;tats, des Parlements des &#201;tats, des commissaires &#224; la t&#234;te des comt&#233;s, des conseils des comt&#233;s et des conseils municipaux. Leur tenue reste n&#233;anmoins tr&#232;s compromise, comme l'a rappel&#233; le repr&#233;sentant des &#201;tats-Unis aupr&#232;s de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Mike Waltz, le 30&#160;avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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